OXO Architectes, agence d'architecture fondée à Paris en 2016 par Manal Rachdi et installée à Montreuil, a fait de l'approche bio-inspirée sa signature. La nature n'y est ni un supplément ni un ornement : elle est la base même de la conception, de la matière du bâtiment jusqu'à l'écosystème qu'il accueille.
Ce que la nature sait déjà faire
Le biomimétisme nous enseigne que la nature résout depuis 3,8 milliards d'années des problèmes que nous découvrons à peine : comment ventiler, comment structurer, comment économiser, comment durer. Tous les projets de l'agence, du logement à l'équipement, intègrent les principes du vivant : matériaux bas carbone, réversibilité, énergie passive, biophilie.
Pour Manal Rachdi, la nature doit être considérée comme « une technologie très évoluée, perfectionnée par des millions d'années d'adaptation : elle sait répondre aux saisons, absorber les excès, réguler les microclimats et protéger l'architecture mieux que n'importe quel dispositif mécanique ».
Trois échelles : la matière, la forme, l'écosystème
« La matière, la forme et l'écosystème sont mes trois échelles de travail : cellulaire, territoriale et vivante. »
À l'échelle du micro, l'état cellulaire des matières révèle parfois des réponses structurelles inédites, qui ouvrent la voie à des solutions biomimétiques plus efficaces qu'un simple geste technique. À l'échelle du macro, l'observation des vents dominants, des formes urbaines et des continuités paysagères fournit des fonctionnements que l'architecture peut intégrer pour accroître sa performance et sa justesse. Et parfois, c'est la réplication d'écosystèmes existants qui offre les réponses les plus pertinentes, car ils ont déjà démontré leur efficacité dans le temps long du vivant.

La forme comme outil climatique
À Montpellier, L'Arbre Blanc, conçu avec Sou Fujimoto, Nicolas Laisné et Dimitri Roussel, illustre cette démarche. Ses grands balcons-feuilles, jusqu'à 7 mètres de porte-à-faux, captent la lumière et la brise, créent de l'ombre et prolongent l'habitat dehors. Comme de grandes branches protectrices, ils abritent la façade, réduisent le besoin de rafraîchissement mécanique et favorisent des circulations naturelles de l'air. La morphologie devient un outil climatique autant qu'un geste architectural.
À Paris, Mille Arbres pousse la logique plus loin : sa morphologie pyramidale inversée optimise l'ensoleillement des logements, agit comme une barrière naturelle contre la pollution et le bruit, et installe une canopée en toiture qui régule le microclimat. Ici, la performance vient d'abord de la géométrie, avant la technique.

Lire le site comme un milieu vivant : Écotone Antibes
« Lire un site, c'est comprendre ses mémoires pour inventer son futur. »
À Antibes, Écotone a été conçu avec les Ateliers Jean Nouvel et l'agence Foussat Bapt, avec le paysagiste Jean Mus. Initialement pensé comme un simple campus tertiaire, le projet a basculé lorsque l'équipe a lu le site comme une lisière écologique, un écotone au sens biologique : une zone de transition fertile entre ville et nature. Plutôt que de poser un objet figé, elle a conçu une montagne habitée, poreuse et étagée, qui prolonge le paysage existant, capte les vents pour ventiler naturellement et accueille la biodiversité sur ses terrasses et ses façades. L'architecture y devient un écosystème productif, capable de restituer plus de nature qu'elle n'en prélève.

La végétation : structure, usage, identité
La végétation est d'abord un outil de performance climatique. Elle participe aux îlots de fraîcheur, protège et rafraîchit naturellement les façades, filtre la lumière, favorise la ventilation et améliore le confort des habitants.
Elle est aussi un espace d'usage. À Montpellier, les grands balcons de L'Arbre Blanc sont de véritables pièces à vivre extérieures. À Marseille, ART'CHIPEL propose une oasis urbaine où les habitants se retrouvent au milieu des arbres et des jardins suspendus. À Antibes, Écotone organise sa morphologie comme une montagne végétale, dont les terrasses deviennent des lieux partagés et des supports pour la biodiversité.
Elle est enfin une identité : elle donne une silhouette, une ambiance et une mémoire aux projets, et inscrit le bâtiment dans la continuité de son territoire et de son climat. La collaboration avec le botaniste Patrick Blanc a ouvert la voie pour faire de la végétation « non pas un décor mais une véritable matière constructive, structurante et identitaire ».

Une ville bio-compatible plutôt que techno-centrée
« Une ville n'est pas intelligente parce qu'elle est numérique, mais parce qu'elle est vivante. »
L'innovation numérique doit rester discrète et utile : pilotage sobre, confort, maintenance prédictive. La véritable intelligence vient de la lumière, du climat, des matériaux biosourcés et de la présence du vivant. La haute technologie doit s'effacer derrière une low-tech inspirée du vivant, où l'architecture agit comme une interface sensible entre nature et société. À Creil, l'agence imagine ainsi le Campus Intelligent comme une ville biomimétique, un écosystème complexe qui développera des solutions innovantes pour la ville de demain.

Des bâtiments qui évoluent
« Je suis un évolutionniste : pour moi, l'architecture doit apprendre de la nature sa capacité à se transformer en permanence, à changer avec les saisons et les atmosphères, tout en restant un socle stable et vital pour l'humain. »
L'agence conçoit des trames ouvertes et des sols fertiles qui permettent aux bâtiments de s'adapter aux usages futurs. Les toitures et les façades végétalisées évoluent avec le temps, et les habitants s'approprient les espaces à leur manière. Le hasard, la croissance du vivant, les appropriations font partie du projet.

La promesse
« Offrir plus de nature que ce que l'architecture consomme. »
Chaque projet doit restituer en biodiversité, en confort climatique et en qualité de vie plus que ce qu'il a prélevé. Si un bâtiment prend du sol, il doit rendre de l'ombre, de la fraîcheur, des sols fertiles, des continuités écologiques et des espaces partagés. L'architecture ne doit pas seulement limiter ses impacts : elle peut devenir un acteur du vivant.

Ce travail sur le vivant rejoint notre approche de l'architecture bioclimatique et de la construction bois.
Projets inspirés du vivant
Arbre BlancMontpellier
ART'CHIPELMarseille
Intelligence CampusCreil, France
Ecotone ArcueilArcueil, France
Ecotone AntibesAntibes
Lycée Jean MoulinRevin
L'Arbre de VieCréteil
Mille ArbresParis
Tour A10, ToursTours, France
Le RocherNanterre, France
Metropolitan SquareLille, France
Quartier CharentonCharenton, France
Talent Makers LabAngers, France
Flowing ParkMoscou
Galerie NLemuy, France
La Halle CréativeSaint-Denis, France
Les FeuillesPérigny, France
Flying GardenParis, France
Marcel PaulSaint-Herblain, France
The ValleyMonaco
Ils en parlent
- A+E Magazine, entretien, décembre 2025 : « Quand l'architecture respire la nature, l'univers sensible de Manal Rachdi »
- Batiactu, 2018 : « Biomimétisme appliqué à l'architecture ou quand la Nature inspire l'innovation »
- Paris Match, 2018 : « La bio-inspiration affole la création »
Un projet inspiré du vivant ? Parlons-en.
Nous concevons chaque bâtiment à partir de son site, de son climat et du vivant qui l'habite.
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