Mille Arbres
Mille Arbres est un pari urbain : construire au-dessus du périphérique parisien, transformer une frontière en pont habité. Le bâtiment enjambe l'autoroute A1 entre Paris et Levallois-Perret et accueille logements, bureaux, commerces et une forêt suspendue d'un hectare. Lauréat de concours international, conçu en collaboration avec Sou Fujimoto, Mille Arbres redéfinit la relation entre la ville et ses marges. Un projet qui prouve qu'une cicatrice urbaine peut devenir un espace de vie, de nature et de continuité.
Nous avons conçu **Mille Arbres** comme une réponse directe à l'une des fractures les plus violentes de Paris : le périphérique. Cette autoroune creuse, bruyante et polluée sépare la capitale de ses communes limitrophes depuis des décennies. Entre la Porte Maillot et Levallois-Perret, le site du concours était un vide urbain, une cicatrice technique où seules circulent les voitures. Nous voulions transformer cette coupure en trait d'union, ce non-lieu en destination. Avec Sou Fujimoto Architects, nous avons imaginé un édifice qui enjambe physiquement l'infrastructure routière pour créer une continuité piétonne et végétale entre deux territoires urbains longtemps déconnectés. Le geste n'est pas spectaculaire pour l'être : il est nécessaire.
Le programme est volontairement **hybride**, mêlant 56 000 m² de logements, bureaux, commerces, hôtel, crèche et gare routière. Cette mixité n'est pas seulement fonctionnelle, elle est structurante. Nous refusons l'idée du mono-programme, du bâtiment monofonctionnel qui meurt dès que l'usage change. Mille Arbres doit vivre à toutes les heures, accueillir habitants, travailleurs, visiteurs, familles. La gare routière, souvent reléguée en sous-sol ou en périphérie lointaine, devient ici le socle du projet, assumée comme infrastructure urbaine nécessaire. Au-dessus, les fonctions se superposent et dialoguent. Nous avons conçu chaque plateau pour qu'il puisse muter : les bureaux en logements, l'hôtel en résidences, les commerces en équipements. Cette **réversibilité** est une réponse aux mutations économiques imprévisibles de la métropole. Un immeuble qui ne peut pas évoluer est un immeuble condamné.
La forme du bâtiment découle directement de cette ambition programmatique et urbaine. Sa silhouette en **pyramide inversée** libère le sol au maximum. Plutôt que d'occuper toute l'emprise disponible et d'écraser le site sous une dalle opaque, nous avons choisi de concentrer la masse en hauteur, créant ainsi un vaste espace public au rez-de-chaussée. Ce geste permet de restituer près d'un hectare de parc accessible à tous, un sol continu qui traverse le projet d'est en ouest, franchit le périphérique et relie Paris à Levallois sans interruption. Ce parc n'est pas un agrément paysager, c'est le **dispositif urbain central** qui fait fonctionner l'ensemble du quartier. En déployant la construction vers le haut, nous avons gagné de la place pour les habitants, pour les arbres, pour les flux piétons et cyclistes. Cette pyramide renversée devient une figure lisible dans le paysage, reconnaissable, capable de signaler la couture en cours entre deux morceaux de ville.
La **matérialité** du projet repose sur une structure hybride bois-béton et sur une enveloppe qui assume sa complexité. Nous avons travaillé avec Sou Fujimoto sur l'idée d'un bâtiment-forêt, où la végétation ne serait pas simplement posée en façade mais structurellement intégrée. Des bacs plantés de grande profondeur accueillent arbres, arbustes et vivaces sur toutes les terrasses accessibles. Ces plantations ne sont pas cosmétiques : elles participent à la gestion thermique du bâtiment, à la rétention des eaux pluviales, à la biodiversité locale et au confort des usagers. Nous avons étudié l'orientation solaire de chaque terrasse pour choisir les essences adaptées. Le bâtiment devient un **support vivant**, une infrastructure pour le végétal autant que pour l'humain. Les façades sont rythmées par des cadres métalliques qui structurent les plantations et unifient visuellement les programmes hétérogènes. Ces cadres créent une profondeur, une épaisseur habitée qui protège les logements de la lumière directe et du bruit du périphérique. Ils forment aussi un filtre végétal continu, une membrane poreuse entre l'intérieur et l'extérieur.
Notre **démarche environnementale** ne se limite pas au verdissement des toitures. Elle commence par l'économie de moyens et la sobriété structurelle. Construire au-dessus d'une autoroute impose des contraintes techniques majeures : portées importantes, vibrations, nuisances sonores, pollution atmosphérique. Nous avons conçu une structure légère en bois pour les étages supérieurs afin de limiter les charges sur les appuis principaux. Le bois permet aussi de réduire significativement l'empreinte carbone de la construction par rapport à un système tout béton. Les toitures végétalisées retiennent l'eau de pluie et réduisent les îlots de chaleur urbains. Les logements traversants bénéficient de ventilation naturelle. Les espaces tampons plantés créent des micro-climats favorables en été. Nous avons aussi pensé la réversibilité des plateaux comme un outil de **durabilité** : un bâtiment qui peut changer d'usage sans démolition est un bâtiment qui durera. La ville change, les besoins évoluent, l'architecture doit pouvoir suivre.
Mille Arbres n'est pas un objet isolé, c'est un **fragment de ville verticale**. Nous avons imaginé les circulations intérieures comme des rues en coupe, des coursives extérieures qui prolongent l'espace public jusque dans les étages. Les habitants ne se contentent pas d'habiter un appartement : ils habitent aussi un parc suspendu, partagent des terrasses communes, croisent des travailleurs, des clients de l'hôtel, des enfants de la crèche. Cette cohabitation programmatique est une richesse, elle produit de la complexité sociale et de la vitalité urbaine. Le bâtiment ne ferme jamais complètement, il reste animé, habité, traversé.
Ce projet pose aussi la question du **statut des infrastructures** dans la ville contemporaine. Peut-on construire au-dessus des autoroutes, des voies ferrées, des parkings ? Peut-on recycler les espaces techniques pour en faire des lieux de vie ? Mille Arbres répond oui. La métropole dense n'a plus le luxe de gaspiller ses emprises. Chaque mètre carré compte. Plutôt que d'étaler la ville toujours plus loin, nous proposons de l'épaissir, de superposer les usages, de faire cohabiter ce qui était séparé. Ce n'est pas une utopie high-tech, c'est une stratégie pragmatique pour une ville plus compacte, plus intense, plus durable. Mille Arbres prouve qu'une infrastructure hostile peut devenir un support de nature et de sociabilité, qu'une frontière peut devenir un lieu.
Le programme est volontairement **hybride**, mêlant 56 000 m² de logements, bureaux, commerces, hôtel, crèche et gare routière. Cette mixité n'est pas seulement fonctionnelle, elle est structurante. Nous refusons l'idée du mono-programme, du bâtiment monofonctionnel qui meurt dès que l'usage change. Mille Arbres doit vivre à toutes les heures, accueillir habitants, travailleurs, visiteurs, familles. La gare routière, souvent reléguée en sous-sol ou en périphérie lointaine, devient ici le socle du projet, assumée comme infrastructure urbaine nécessaire. Au-dessus, les fonctions se superposent et dialoguent. Nous avons conçu chaque plateau pour qu'il puisse muter : les bureaux en logements, l'hôtel en résidences, les commerces en équipements. Cette **réversibilité** est une réponse aux mutations économiques imprévisibles de la métropole. Un immeuble qui ne peut pas évoluer est un immeuble condamné.
La forme du bâtiment découle directement de cette ambition programmatique et urbaine. Sa silhouette en **pyramide inversée** libère le sol au maximum. Plutôt que d'occuper toute l'emprise disponible et d'écraser le site sous une dalle opaque, nous avons choisi de concentrer la masse en hauteur, créant ainsi un vaste espace public au rez-de-chaussée. Ce geste permet de restituer près d'un hectare de parc accessible à tous, un sol continu qui traverse le projet d'est en ouest, franchit le périphérique et relie Paris à Levallois sans interruption. Ce parc n'est pas un agrément paysager, c'est le **dispositif urbain central** qui fait fonctionner l'ensemble du quartier. En déployant la construction vers le haut, nous avons gagné de la place pour les habitants, pour les arbres, pour les flux piétons et cyclistes. Cette pyramide renversée devient une figure lisible dans le paysage, reconnaissable, capable de signaler la couture en cours entre deux morceaux de ville.
La **matérialité** du projet repose sur une structure hybride bois-béton et sur une enveloppe qui assume sa complexité. Nous avons travaillé avec Sou Fujimoto sur l'idée d'un bâtiment-forêt, où la végétation ne serait pas simplement posée en façade mais structurellement intégrée. Des bacs plantés de grande profondeur accueillent arbres, arbustes et vivaces sur toutes les terrasses accessibles. Ces plantations ne sont pas cosmétiques : elles participent à la gestion thermique du bâtiment, à la rétention des eaux pluviales, à la biodiversité locale et au confort des usagers. Nous avons étudié l'orientation solaire de chaque terrasse pour choisir les essences adaptées. Le bâtiment devient un **support vivant**, une infrastructure pour le végétal autant que pour l'humain. Les façades sont rythmées par des cadres métalliques qui structurent les plantations et unifient visuellement les programmes hétérogènes. Ces cadres créent une profondeur, une épaisseur habitée qui protège les logements de la lumière directe et du bruit du périphérique. Ils forment aussi un filtre végétal continu, une membrane poreuse entre l'intérieur et l'extérieur.
Notre **démarche environnementale** ne se limite pas au verdissement des toitures. Elle commence par l'économie de moyens et la sobriété structurelle. Construire au-dessus d'une autoroute impose des contraintes techniques majeures : portées importantes, vibrations, nuisances sonores, pollution atmosphérique. Nous avons conçu une structure légère en bois pour les étages supérieurs afin de limiter les charges sur les appuis principaux. Le bois permet aussi de réduire significativement l'empreinte carbone de la construction par rapport à un système tout béton. Les toitures végétalisées retiennent l'eau de pluie et réduisent les îlots de chaleur urbains. Les logements traversants bénéficient de ventilation naturelle. Les espaces tampons plantés créent des micro-climats favorables en été. Nous avons aussi pensé la réversibilité des plateaux comme un outil de **durabilité** : un bâtiment qui peut changer d'usage sans démolition est un bâtiment qui durera. La ville change, les besoins évoluent, l'architecture doit pouvoir suivre.
Mille Arbres n'est pas un objet isolé, c'est un **fragment de ville verticale**. Nous avons imaginé les circulations intérieures comme des rues en coupe, des coursives extérieures qui prolongent l'espace public jusque dans les étages. Les habitants ne se contentent pas d'habiter un appartement : ils habitent aussi un parc suspendu, partagent des terrasses communes, croisent des travailleurs, des clients de l'hôtel, des enfants de la crèche. Cette cohabitation programmatique est une richesse, elle produit de la complexité sociale et de la vitalité urbaine. Le bâtiment ne ferme jamais complètement, il reste animé, habité, traversé.
Ce projet pose aussi la question du **statut des infrastructures** dans la ville contemporaine. Peut-on construire au-dessus des autoroutes, des voies ferrées, des parkings ? Peut-on recycler les espaces techniques pour en faire des lieux de vie ? Mille Arbres répond oui. La métropole dense n'a plus le luxe de gaspiller ses emprises. Chaque mètre carré compte. Plutôt que d'étaler la ville toujours plus loin, nous proposons de l'épaissir, de superposer les usages, de faire cohabiter ce qui était séparé. Ce n'est pas une utopie high-tech, c'est une stratégie pragmatique pour une ville plus compacte, plus intense, plus durable. Mille Arbres prouve qu'une infrastructure hostile peut devenir un support de nature et de sociabilité, qu'une frontière peut devenir un lieu.
- Lieu
- Paris
- Nature
- Mixte
- Surface
- 56 000 m²
- Budget
- 250 M€
- Concours
- 2016
- MOA
- Compagnie de Phalsbourg, OGIC
- Co-architectes
- Sou Fujimoto Architects
Distinctions