Flying Garden
Un écosystème urbain de 13 000 m² reliant les deux rives de la Seine, bureaux, commerces, jardins partagés et agriculture urbaine sous une nappe végétale autoproduisant 80 % de son énergie.
# Flying Garden
Nous avons imaginé Flying Garden comme une réponse radicale à la fracture physique et symbolique qu'impose la Seine au tissu urbain parisien. Au-delà de relier les quais de Javel-Bas à la rive droite, ce projet questionne la notion même d'infrastructure urbaine et propose un **dispositif habité** où le franchissement devient prétexte à créer un véritable écosystème productif et social. Le programme de 13 000 m² se déploie dans une nappe continue, à la fois pont et parc, bâtiment et jardin, infrastructure et paysage.
Le site nous a immédiatement confrontés à une double responsabilité : dialoguer avec le parc André-Citroën, grande figure du paysage parisien contemporain, et s'inscrire dans un fleuve chargé d'une histoire architecturale dense. Nous avons refusé la posture du pont traditionnel, cette ligne droite qui traverse sans s'engager. Avec **SLA A/S** et **Lagneau Architectes**, nous avons conçu une forme qui *enlace* la Seine, une structure ondulante dont les courbes accompagnent l'écoulement de l'eau, créant une topographie artificielle en lévitation. Ce geste formel n'est pas gratuit : il génère des micro-espaces différenciés, des variations d'altitude et d'orientation qui permettent de diversifier les usages et les ambiances.
La **nappe végétale** qui recouvre l'ensemble constitue le véritable parti du projet. Cette toison continue, composée d'une pluralité d'espèces végétales adaptées aux conditions d'exposition, d'hygrométrie et de substrat, transforme l'infrastructure en *prolongement naturel* du parc André-Citroën. Mais là où le parc est une enclave verte dans la ville, Flying Garden devient une strate productive superposée au fleuve. Nous y avons intégré des parcelles d'agriculture urbaine, des jardins partagés, des espaces de compostage, créant une économie circulaire à l'échelle du quartier. Les jardins d'enfants et les espaces de loisirs se glissent sous cette canopée, protégés du soleil en été, ouverts sur le fleuve en hiver.
La dimension **productive** du projet dépasse largement le végétal. L'énergie est pensée comme une ressource locale, captée et transformée sur place. Les panneaux solaires intégrés aux toitures et aux garde-corps, l'**énergie hydrolienne fluviale** prélevée dans le courant de la Seine, et la thalassothermie (exploitation de la différence de température de l'eau du fleuve) couvrent près de 80 % des besoins énergétiques du site. Ce choix radical d'**autoproduction énergétique** n'est pas un gadget technologique mais une stratégie territoriale : Flying Garden devient un nœud actif dans un réseau énergétique décentralisé, résilient, moins dépendant des grandes infrastructures centralisées.
Nous avons porté une attention particulière à la **matérialité** du projet. Le bois constitue l'ossature principale de la structure, un choix dicté par sa légèreté, sa capacité à franchir de grandes portées, et son faible impact carbone. Les isolants en laine de chanvre, les peintures végétales, les matériaux recyclés ou biosourcés composent une part essentielle de la palette constructive. Cette exigence matérielle ne relève pas d'un discours écologique de surface : elle engage une **pensée du cycle de vie**, de la provenance des ressources à leur fin de vie, en passant par leur mise en œuvre. Chaque matériau a été choisi pour sa capacité à se dégrader, se recycler, ou se réemployer.
Le programme mixte, bureaux, commerces, équipements, espaces publics, redistribue les hiérarchies habituelles. Les bureaux ne sont plus confinés dans des tours hermétiques mais **s'ouvrent sur le jardin**, bénéficient de la lumière naturelle filtrée par la canopée, et partagent les espaces extérieurs avec les habitants du quartier. Les commerces ne sont pas relégués en rez-de-chaussée mais s'égrènent le long des parcours piétons et cyclables qui traversent la nappe de part en part. Ce projet refuse la ségrégation fonctionnelle au profit d'un **métabolisme partagé**, où les usages se contaminent mutuellement.
Les voies piétonnes et cyclables ne sont pas de simples cheminements techniques. Elles structurent l'expérience spatiale, créent des belvédères sur le fleuve, des points de vue changeants au fil de la promenade. En lévitation au-dessus de l'eau, ces parcours révèlent des **perspectives multiples**, des cadrages inédits sur le paysage urbain. La silhouette ondulante de Flying Garden se reflète dans la Seine, crée des jeux de miroitements et de reflets qui amplifient la présence du projet dans son contexte. Nous avons cherché à produire une architecture qui ne se donne jamais totalement, qui se découvre progressivement, selon les saisons, les heures du jour, les variations de lumière.
Ce projet reste une **étude** commandée par la **Compagnie de Phalsbourg** en 2018. Il n'a pas été réalisé, mais il continue de nourrir notre réflexion sur la place de la nature en ville, sur la capacité des infrastructures à générer de nouveaux usages, sur l'**architecture comme écosystème**. Flying Garden interroge la possibilité d'un urbanisme productif, résilient, capable de répondre aux enjeux climatiques sans renoncer à la densité ni à la mixité des usages. Il affirme qu'un pont peut être un parc, qu'un parc peut être productif, qu'une infrastructure peut être habitée, partagée, vivante. Ce projet esquisse un autre rapport à la Seine, non plus comme une limite à franchir mais comme un milieu à habiter, à cultiver, à ménager.
Nous avons imaginé Flying Garden comme une réponse radicale à la fracture physique et symbolique qu'impose la Seine au tissu urbain parisien. Au-delà de relier les quais de Javel-Bas à la rive droite, ce projet questionne la notion même d'infrastructure urbaine et propose un **dispositif habité** où le franchissement devient prétexte à créer un véritable écosystème productif et social. Le programme de 13 000 m² se déploie dans une nappe continue, à la fois pont et parc, bâtiment et jardin, infrastructure et paysage.
Le site nous a immédiatement confrontés à une double responsabilité : dialoguer avec le parc André-Citroën, grande figure du paysage parisien contemporain, et s'inscrire dans un fleuve chargé d'une histoire architecturale dense. Nous avons refusé la posture du pont traditionnel, cette ligne droite qui traverse sans s'engager. Avec **SLA A/S** et **Lagneau Architectes**, nous avons conçu une forme qui *enlace* la Seine, une structure ondulante dont les courbes accompagnent l'écoulement de l'eau, créant une topographie artificielle en lévitation. Ce geste formel n'est pas gratuit : il génère des micro-espaces différenciés, des variations d'altitude et d'orientation qui permettent de diversifier les usages et les ambiances.
La **nappe végétale** qui recouvre l'ensemble constitue le véritable parti du projet. Cette toison continue, composée d'une pluralité d'espèces végétales adaptées aux conditions d'exposition, d'hygrométrie et de substrat, transforme l'infrastructure en *prolongement naturel* du parc André-Citroën. Mais là où le parc est une enclave verte dans la ville, Flying Garden devient une strate productive superposée au fleuve. Nous y avons intégré des parcelles d'agriculture urbaine, des jardins partagés, des espaces de compostage, créant une économie circulaire à l'échelle du quartier. Les jardins d'enfants et les espaces de loisirs se glissent sous cette canopée, protégés du soleil en été, ouverts sur le fleuve en hiver.
La dimension **productive** du projet dépasse largement le végétal. L'énergie est pensée comme une ressource locale, captée et transformée sur place. Les panneaux solaires intégrés aux toitures et aux garde-corps, l'**énergie hydrolienne fluviale** prélevée dans le courant de la Seine, et la thalassothermie (exploitation de la différence de température de l'eau du fleuve) couvrent près de 80 % des besoins énergétiques du site. Ce choix radical d'**autoproduction énergétique** n'est pas un gadget technologique mais une stratégie territoriale : Flying Garden devient un nœud actif dans un réseau énergétique décentralisé, résilient, moins dépendant des grandes infrastructures centralisées.
Nous avons porté une attention particulière à la **matérialité** du projet. Le bois constitue l'ossature principale de la structure, un choix dicté par sa légèreté, sa capacité à franchir de grandes portées, et son faible impact carbone. Les isolants en laine de chanvre, les peintures végétales, les matériaux recyclés ou biosourcés composent une part essentielle de la palette constructive. Cette exigence matérielle ne relève pas d'un discours écologique de surface : elle engage une **pensée du cycle de vie**, de la provenance des ressources à leur fin de vie, en passant par leur mise en œuvre. Chaque matériau a été choisi pour sa capacité à se dégrader, se recycler, ou se réemployer.
Le programme mixte, bureaux, commerces, équipements, espaces publics, redistribue les hiérarchies habituelles. Les bureaux ne sont plus confinés dans des tours hermétiques mais **s'ouvrent sur le jardin**, bénéficient de la lumière naturelle filtrée par la canopée, et partagent les espaces extérieurs avec les habitants du quartier. Les commerces ne sont pas relégués en rez-de-chaussée mais s'égrènent le long des parcours piétons et cyclables qui traversent la nappe de part en part. Ce projet refuse la ségrégation fonctionnelle au profit d'un **métabolisme partagé**, où les usages se contaminent mutuellement.
Les voies piétonnes et cyclables ne sont pas de simples cheminements techniques. Elles structurent l'expérience spatiale, créent des belvédères sur le fleuve, des points de vue changeants au fil de la promenade. En lévitation au-dessus de l'eau, ces parcours révèlent des **perspectives multiples**, des cadrages inédits sur le paysage urbain. La silhouette ondulante de Flying Garden se reflète dans la Seine, crée des jeux de miroitements et de reflets qui amplifient la présence du projet dans son contexte. Nous avons cherché à produire une architecture qui ne se donne jamais totalement, qui se découvre progressivement, selon les saisons, les heures du jour, les variations de lumière.
Ce projet reste une **étude** commandée par la **Compagnie de Phalsbourg** en 2018. Il n'a pas été réalisé, mais il continue de nourrir notre réflexion sur la place de la nature en ville, sur la capacité des infrastructures à générer de nouveaux usages, sur l'**architecture comme écosystème**. Flying Garden interroge la possibilité d'un urbanisme productif, résilient, capable de répondre aux enjeux climatiques sans renoncer à la densité ni à la mixité des usages. Il affirme qu'un pont peut être un parc, qu'un parc peut être productif, qu'une infrastructure peut être habitée, partagée, vivante. Ce projet esquisse un autre rapport à la Seine, non plus comme une limite à franchir mais comme un milieu à habiter, à cultiver, à ménager.
- Lieu
- Paris, France
- Nature
- Mixte
- Surface
- 13 000 m²
- Concours
- 2018
- MOA
- Compagnie de Phalsbourg
- Co-architectes
- SLA A/S + Lagneau Architectes