Marcel Paul
Centre commercial de Saint-Herblain pour la Compagnie de Phalsbourg. Une approche urbaine qui recoud le quartier et invite la nature au cœur du commerce , une structure principalement en bois qui mêle retail, bureaux et activités sous un même toit-paysage.
À Saint-Herblain, dans la périphérie nantaise, la zone commerciale Marcel Paul a été pendant des décennies l'archétype de ce que la France a fait de pire en matière de centre commercial : une boîte fermée sur elle-même, posée au milieu d'un parking, indifférente au quartier qui l'entoure. C'est précisément cette grammaire-là que ce projet propose de défaire.
L'enjeu n'est pas simplement de construire un nouveau centre commercial. Il est de transformer un objet urbain hostile en un fragment de ville cohérent, qui se relie au tissu environnant au lieu de l'ignorer. Cela commence par les liaisons : le projet rouvre les passages, multiplie les seuils, redonne au piéton et au vélo les itinéraires qui leur étaient confisqués depuis des années. Le commerce ne se cache plus derrière une façade aveugle, il devient un espace traversant.
La nature entre dans le centre, littéralement. Cours plantées, patios végétalisés, jardins suspendus en toiture, alignements arborés sur les linéaires : la végétation n'est pas un décor pour rendre la chose plus avenante, elle est un élément structurant du dispositif. Elle climatise, elle apaise, elle absorbe les eaux pluviales, elle accueille des temps d'arrêt qui n'ont rien à voir avec l'achat. L'idée n'est plus d'aller faire ses courses, c'est d'aller passer un moment dans un lieu mixte qui contient aussi du commerce.
La structure principale est en bois. Ce choix est à la fois écologique, un mètre cube de bois stocke environ une tonne de CO₂, là où le béton en émet et architectural. Le bois donne au projet une chaleur, une matérialité, un grain qui rompent avec l'esthétique métallique habituelle des zones commerciales. Les portiques, les voiles, les plafonds, les charpentes sont laissés apparents et lisibles. La construction se montre, elle ne se cache pas derrière des plafonds suspendus.
Au-dessus du commerce, des bureaux et des activités. C'est l'idée de programme mixte poussée jusqu'au bout : ne pas faire d'une parcelle commerciale un objet monofonctionnel mort dès la fermeture des magasins, mais un lieu habité par plusieurs temporalités. Les bureaux travaillent le jour, les commerces ouvrent jusqu'au soir, les activités sportives et de loisirs prolongent la fréquentation au-delà. Le bâtiment n'est plus un appendice de la ville, il en est un morceau.
Le maître d'ouvrage, la Compagnie de Phalsbourg, est l'un des rares promoteurs commerciaux à porter cette ambition de transformer le secteur. Marcel Paul est, à cet égard, un projet manifeste : il démontre qu'un centre commercial peut être un fragment de ville utile, beau, durable. Il donne une preuve par l'exemple que les zones commerciales obsolètes des années 1970-80 peuvent être réinventées plutôt que perpétuées.
C'est cela, finalement, la vraie ambition du projet : poser un précédent. Si Marcel Paul fonctionne, alors d'autres centres commerciaux périphériques en France pourront suivre la même mue. Et le visage de la périphérie urbaine, qui concentre une part énorme de notre artificialisation des sols et de notre rapport quotidien à l'achat , pourra commencer à changer. Une architecture qui ne se contente pas d'être bonne pour elle-même, mais qui prépare le terrain à d'autres.
L'enjeu n'est pas simplement de construire un nouveau centre commercial. Il est de transformer un objet urbain hostile en un fragment de ville cohérent, qui se relie au tissu environnant au lieu de l'ignorer. Cela commence par les liaisons : le projet rouvre les passages, multiplie les seuils, redonne au piéton et au vélo les itinéraires qui leur étaient confisqués depuis des années. Le commerce ne se cache plus derrière une façade aveugle, il devient un espace traversant.
La nature entre dans le centre, littéralement. Cours plantées, patios végétalisés, jardins suspendus en toiture, alignements arborés sur les linéaires : la végétation n'est pas un décor pour rendre la chose plus avenante, elle est un élément structurant du dispositif. Elle climatise, elle apaise, elle absorbe les eaux pluviales, elle accueille des temps d'arrêt qui n'ont rien à voir avec l'achat. L'idée n'est plus d'aller faire ses courses, c'est d'aller passer un moment dans un lieu mixte qui contient aussi du commerce.
La structure principale est en bois. Ce choix est à la fois écologique, un mètre cube de bois stocke environ une tonne de CO₂, là où le béton en émet et architectural. Le bois donne au projet une chaleur, une matérialité, un grain qui rompent avec l'esthétique métallique habituelle des zones commerciales. Les portiques, les voiles, les plafonds, les charpentes sont laissés apparents et lisibles. La construction se montre, elle ne se cache pas derrière des plafonds suspendus.
Au-dessus du commerce, des bureaux et des activités. C'est l'idée de programme mixte poussée jusqu'au bout : ne pas faire d'une parcelle commerciale un objet monofonctionnel mort dès la fermeture des magasins, mais un lieu habité par plusieurs temporalités. Les bureaux travaillent le jour, les commerces ouvrent jusqu'au soir, les activités sportives et de loisirs prolongent la fréquentation au-delà. Le bâtiment n'est plus un appendice de la ville, il en est un morceau.
Le maître d'ouvrage, la Compagnie de Phalsbourg, est l'un des rares promoteurs commerciaux à porter cette ambition de transformer le secteur. Marcel Paul est, à cet égard, un projet manifeste : il démontre qu'un centre commercial peut être un fragment de ville utile, beau, durable. Il donne une preuve par l'exemple que les zones commerciales obsolètes des années 1970-80 peuvent être réinventées plutôt que perpétuées.
C'est cela, finalement, la vraie ambition du projet : poser un précédent. Si Marcel Paul fonctionne, alors d'autres centres commerciaux périphériques en France pourront suivre la même mue. Et le visage de la périphérie urbaine, qui concentre une part énorme de notre artificialisation des sols et de notre rapport quotidien à l'achat , pourra commencer à changer. Une architecture qui ne se contente pas d'être bonne pour elle-même, mais qui prépare le terrain à d'autres.
- Lieu
- Saint-Herblain, France
- Nature
- Mixte / Commerce
- MOA
- Compagnie de Phalsbourg