Wellcome
Notre projet propose une balade dans un univers caché, un jardin intérieur, une émotion de l’instant fugace. La nature, au centre du projet, est le contrepoint positif dans la densification de l’îlot où l’émotion des saisons et la conscience du temps qui passe sont exprimées.
Lorsque l'association La Plateforme, en partenariat avec l'École Nationale Supérieure d'Architecture de Bretagne, nous a invités à Rennes en 2019 pour concevoir une exposition rétrospective, nous avons d'emblée refusé la chronologie. Quinze ans de pratique ne se racontent pas linéairement, projet après projet, comme une succession de victoires ou d'évolutions stylistiques. Nous avons préféré emprunter au surréalisme son *cadavre exquis*, ce jeu d'assemblage où plusieurs mains dessinent sans voir ce que les autres ont tracé, produisant des créatures hybrides, étranges, cohérentes malgré leur impossibilité. L'architecture, au fond, procède souvent de cette même logique : elle naît de contraintes disparates, de désirs contradictoires, de sites qui ne se ressemblent pas mais qui, mis côte à côte, révèlent une pensée commune.
Nous avons donc construit une **maquette unique**, un territoire composite qui n'existe nulle part ailleurs que dans cette salle d'exposition. Sur cette surface, des fragments de nos projets, réalisés ou non, se sont retrouvés voisins. Un bout de montagne alpine côtoie une parcelle urbaine parisienne, un littoral méditerranéen jouxte une banlieue périphérique. Les échelles varient, les matériaux aussi, mais l'ensemble tient par une logique interne, celle de notre **démarche conceptuelle** : chaque site, chaque programme appelle une réponse singulière, mais tous partagent une même attention à la lumière, à la matière, au rapport entre intérieur et extérieur, entre habiter et contempler.
Cette scénographie n'est pas un catalogue. Elle est plutôt un **manifeste involontaire**, une cartographie subjective de nos obsessions. En rapprochant des projets que rien ne destinait à se rencontrer, nous avons cherché à mettre en évidence les fils conducteurs qui traversent notre travail sans que nous en ayons toujours conscience. La **fibre sensible et poétique** que nous revendiquons n'est pas une posture, elle est une méthode : elle consiste à écouter les lieux, à observer la lumière qui change, à sentir la texture d'un mur avant de le dessiner, à imaginer les gestes quotidiens avant de fixer les volumes.
Dans cette exposition, nous avons voulu que le visiteur éprouve physiquement cette démarche. La maquette est à hauteur d'œil, elle invite à se pencher, à tourner autour, à découvrir des perspectives inattendues. Un immeuble de logements se reflète dans un lac de montagne, une tour émerge d'un tissu pavillonnaire, un équipement public dialogue avec une friche industrielle. Ces **juxtapositions improbables** ne sont pas arbitraires : elles révèlent que, pour nous, chaque projet pose la question de son ancrage dans un territoire, qu'il soit dense ou vide, horizontal ou vertical, minéral ou végétal. Le contexte n'est jamais un prétexte, il est la matière première du projet.
La **matérialité** occupe une place centrale dans cette scénographie. Nous avons utilisé des matériaux bruts, sobres, pour construire la maquette elle-même : du bois clair, du plâtre, du papier translucide. Chaque fragment de projet est représenté avec une attention particulière aux textures, aux jeux d'ombre et de lumière, aux épaisseurs. Nous ne cherchons pas à produire des images séduisantes, mais à rendre tangible la manière dont un bâtiment se construit, se pose, respire. L'architecture n'est pas seulement une question de forme, elle est aussi une question de poids, de grain, de température. Un bardage bois ne vieillit pas comme un enduit de chaux, une façade vitrée n'offre pas la même intimité qu'un mur percé de petites ouvertures. Ces choix matériels sont des choix de vie, ils déterminent la manière dont on habite, dont on se relie au dehors, dont on traverse les saisons.
L'exposition porte aussi en creux une **réflexion environnementale**. En montrant côte à côte des projets de natures différentes, logements, bureaux, équipements publics, nous avons voulu souligner que la sobriété n'est pas un label, c'est une discipline. Elle se traduit par des orientations réfléchies, des protections solaires intégrées, des matériaux locaux et durables, des espaces généreux qui peuvent évoluer dans le temps. Nous refusons l'idée que l'architecture durable soit austère ou purement technique. Au contraire, elle peut être sensuelle, élégante, habitée par une vraie générosité spatiale. La contrainte climatique et la recherche d'une empreinte carbone minimale ne sont pas des limites, elles sont des moteurs de créativité. Elles nous obligent à repenser les typologies, à réinventer les systèmes constructifs, à imaginer des espaces intermédiaires qui enrichissent l'usage sans multiplier les mètres carrés.
En traversant cette exposition, le visiteur découvre aussi des projets non réalisés, des concours perdus, des recherches qui n'ont jamais quitté la table à dessin. Nous avons tenu à les montrer, car ils font partie de notre histoire autant que les bâtiments construits. Ils témoignent de prises de risque, d'explorations formelles, de paris sur des programmes émergents. Ils disent que l'architecture est un **exercice de conviction**, qu'il faut parfois défendre des idées contre l'évidence apparente, contre la prudence des décideurs, contre les normes qui figent la pensée. Ces projets fantômes peuplent la maquette comme des présences discrètes, ils rappellent que construire est toujours un acte de résistance.
Nous avons voulu que cette exposition soit aussi un hommage aux **habitants et usagers** de nos projets. Chaque fragment de maquette est habité virtuellement par des gestes, des parcours, des rituels quotidiens. Une fenêtre n'est pas seulement une ouverture dans un mur, c'est un cadre pour regarder le ciel, une source de lumière pour lire, un seuil entre l'intimité et le monde. Un escalier n'est pas seulement une circulation, c'est un lieu de pause, de rencontre, de contemplation. En architecture, les **détails programmatiques** ne sont jamais anodins : c'est là que se joue la qualité de vie, la générosité d'un espace, la dignité d'un logement.
Cette exposition à Rennes a été pour nous l'occasion de prendre du recul, de regarder notre travail avec une distance nécessaire. Le *cadavre exquis* temporel que nous avons construit n'est pas une célébration narcissique, c'est une **cartographie sensible** de notre pratique. Il dit que l'architecture est un art du temps long, qu'elle se nourrit d'expériences accumulées, de projets qui se répondent à distance, de convictions qui se précisent et s'affinent. Il dit aussi que chaque lieu est unique, que chaque programme mérite une attention particulière, que l'architecture ne peut se satisfaire de recettes. En rapprochant des sites improbables, en faisant cohabiter des échelles et des contextes disparates, nous avons voulu rendre visible l'invisible : cette cohérence profonde qui traverse notre travail et qui fait que, projet après projet, nous continuons à chercher la même chose, la **justesse d'un geste architectural**.
Nous avons donc construit une **maquette unique**, un territoire composite qui n'existe nulle part ailleurs que dans cette salle d'exposition. Sur cette surface, des fragments de nos projets, réalisés ou non, se sont retrouvés voisins. Un bout de montagne alpine côtoie une parcelle urbaine parisienne, un littoral méditerranéen jouxte une banlieue périphérique. Les échelles varient, les matériaux aussi, mais l'ensemble tient par une logique interne, celle de notre **démarche conceptuelle** : chaque site, chaque programme appelle une réponse singulière, mais tous partagent une même attention à la lumière, à la matière, au rapport entre intérieur et extérieur, entre habiter et contempler.
Cette scénographie n'est pas un catalogue. Elle est plutôt un **manifeste involontaire**, une cartographie subjective de nos obsessions. En rapprochant des projets que rien ne destinait à se rencontrer, nous avons cherché à mettre en évidence les fils conducteurs qui traversent notre travail sans que nous en ayons toujours conscience. La **fibre sensible et poétique** que nous revendiquons n'est pas une posture, elle est une méthode : elle consiste à écouter les lieux, à observer la lumière qui change, à sentir la texture d'un mur avant de le dessiner, à imaginer les gestes quotidiens avant de fixer les volumes.
Dans cette exposition, nous avons voulu que le visiteur éprouve physiquement cette démarche. La maquette est à hauteur d'œil, elle invite à se pencher, à tourner autour, à découvrir des perspectives inattendues. Un immeuble de logements se reflète dans un lac de montagne, une tour émerge d'un tissu pavillonnaire, un équipement public dialogue avec une friche industrielle. Ces **juxtapositions improbables** ne sont pas arbitraires : elles révèlent que, pour nous, chaque projet pose la question de son ancrage dans un territoire, qu'il soit dense ou vide, horizontal ou vertical, minéral ou végétal. Le contexte n'est jamais un prétexte, il est la matière première du projet.
La **matérialité** occupe une place centrale dans cette scénographie. Nous avons utilisé des matériaux bruts, sobres, pour construire la maquette elle-même : du bois clair, du plâtre, du papier translucide. Chaque fragment de projet est représenté avec une attention particulière aux textures, aux jeux d'ombre et de lumière, aux épaisseurs. Nous ne cherchons pas à produire des images séduisantes, mais à rendre tangible la manière dont un bâtiment se construit, se pose, respire. L'architecture n'est pas seulement une question de forme, elle est aussi une question de poids, de grain, de température. Un bardage bois ne vieillit pas comme un enduit de chaux, une façade vitrée n'offre pas la même intimité qu'un mur percé de petites ouvertures. Ces choix matériels sont des choix de vie, ils déterminent la manière dont on habite, dont on se relie au dehors, dont on traverse les saisons.
L'exposition porte aussi en creux une **réflexion environnementale**. En montrant côte à côte des projets de natures différentes, logements, bureaux, équipements publics, nous avons voulu souligner que la sobriété n'est pas un label, c'est une discipline. Elle se traduit par des orientations réfléchies, des protections solaires intégrées, des matériaux locaux et durables, des espaces généreux qui peuvent évoluer dans le temps. Nous refusons l'idée que l'architecture durable soit austère ou purement technique. Au contraire, elle peut être sensuelle, élégante, habitée par une vraie générosité spatiale. La contrainte climatique et la recherche d'une empreinte carbone minimale ne sont pas des limites, elles sont des moteurs de créativité. Elles nous obligent à repenser les typologies, à réinventer les systèmes constructifs, à imaginer des espaces intermédiaires qui enrichissent l'usage sans multiplier les mètres carrés.
En traversant cette exposition, le visiteur découvre aussi des projets non réalisés, des concours perdus, des recherches qui n'ont jamais quitté la table à dessin. Nous avons tenu à les montrer, car ils font partie de notre histoire autant que les bâtiments construits. Ils témoignent de prises de risque, d'explorations formelles, de paris sur des programmes émergents. Ils disent que l'architecture est un **exercice de conviction**, qu'il faut parfois défendre des idées contre l'évidence apparente, contre la prudence des décideurs, contre les normes qui figent la pensée. Ces projets fantômes peuplent la maquette comme des présences discrètes, ils rappellent que construire est toujours un acte de résistance.
Nous avons voulu que cette exposition soit aussi un hommage aux **habitants et usagers** de nos projets. Chaque fragment de maquette est habité virtuellement par des gestes, des parcours, des rituels quotidiens. Une fenêtre n'est pas seulement une ouverture dans un mur, c'est un cadre pour regarder le ciel, une source de lumière pour lire, un seuil entre l'intimité et le monde. Un escalier n'est pas seulement une circulation, c'est un lieu de pause, de rencontre, de contemplation. En architecture, les **détails programmatiques** ne sont jamais anodins : c'est là que se joue la qualité de vie, la générosité d'un espace, la dignité d'un logement.
Cette exposition à Rennes a été pour nous l'occasion de prendre du recul, de regarder notre travail avec une distance nécessaire. Le *cadavre exquis* temporel que nous avons construit n'est pas une célébration narcissique, c'est une **cartographie sensible** de notre pratique. Il dit que l'architecture est un art du temps long, qu'elle se nourrit d'expériences accumulées, de projets qui se répondent à distance, de convictions qui se précisent et s'affinent. Il dit aussi que chaque lieu est unique, que chaque programme mérite une attention particulière, que l'architecture ne peut se satisfaire de recettes. En rapprochant des sites improbables, en faisant cohabiter des échelles et des contextes disparates, nous avons voulu rendre visible l'invisible : cette cohérence profonde qui traverse notre travail et qui fait que, projet après projet, nous continuons à chercher la même chose, la **justesse d'un geste architectural**.
- Lieu
- Paris
- Nature
- Bureaux
- Surface
- 8 920 m2
- Budget
- 26M
- Concours
- 2016
- MOA
- Bouygues Immobilier