Tour A10, Tours
Tour habitée à la croisée de l'autoroute A10, de la Loire et du rond-point, un repère végétal à l'entrée de Tours, pensé avec le botaniste Claude Figureau.
Au croisement de l'autoroute A10, de la Loire et du grand rond-point qui marque l'entrée nord de Tours, nous avons imaginé un édifice capable de transformer un signal routier en repère habité. La Tour A10 naît d'une contradiction féconde : celle d'un site spectaculaire par son échelle et son exposition, mais aussi profondément marqué par l'infrastructure autoroutière, le bruit, la vitesse. Plutôt que de nier cette condition contemporaine, nous avons cherché à la sublimer en proposant une **architecture-paysage**, un fragment vertical de nature qui se détache du minéral environnant pour constituer un point d'ancrage végétal à l'échelle du territoire.
Le programme associe logements étudiants et logements familiaux, une mixité inhabituelle qui nous a conduits à repenser la cohabitation des typologies et des modes d'habiter. Nous avons organisé les unités autour d'un **cœur planté central**, une respiration commune qui traverse la tour de part en part et permet à chaque logement de bénéficier d'une double orientation. Cette colonne vertébrale végétale n'est pas un simple puits de lumière, mais un véritable biotope cultivé en altitude, un espace collectif appropriable qui réinvente la notion de jardin partagé dans la verticalité.
La collaboration avec **Claude Figureau**, botaniste et paysagiste, a été essentielle dès les premières esquisses. Nous ne voulions pas d'un placage décoratif de végétation, mais d'une association intime entre structure bâtie et systèmes vivants. Ensemble, nous avons sélectionné des **plantes pionnières**, des essences résilientes capables de s'adapter aux conditions spécifiques du site (exposition aux vents, pollution atmosphérique, amplitude thermique) et au microclimat de la tour elle-même. Des graminées, des vivaces à faible besoin hydrique, des arbustes adaptés au climat ligérien composent une palette végétale évolutive, pensée pour croître avec l'édifice et pour nécessiter un entretien minimal.
Les **façades deviennent habitat pour la biodiversité**. Nous avons dessiné des balcons filants qui s'apparentent à des terrasses suspendues, des strates horizontales où le végétal prend place dans des bacs intégrés à la structure. Ces coursives plantées créent des microclimats, atténuent les écarts thermiques, offrent des zones d'ombre naturelle en été. Elles constituent aussi des corridors écologiques en hauteur, des niches pour l'avifaune et les insectes pollinisateurs. La tour ne se contente pas d'accueillir ses habitants humains, elle devient un **écosystème hybride** où cohabitent diverses formes de vie.
Structurellement, nous avons opté pour un **noyau central en béton** qui concentre les circulations verticales et les réseaux, libérant ainsi les plateaux périphériques pour les logements. Cette organisation permet de minimiser l'empreinte au sol et d'optimiser la performance structurelle tout en facilitant l'irrigation du cœur végétal par gravité. Les planchers sont conçus comme des plateaux légers, en partie ajourés pour laisser filtrer la lumière jusqu'aux niveaux inférieurs du jardin central. Les garde-corps des balcons intègrent des systèmes de fixation pour les bacs plantés, évitant tout ajout postérieur et garantissant une cohérence formelle d'ensemble.
La question de la **gestion de l'eau** a été centrale dans notre démarche environnementale. Nous avons imaginé un système de collecte et de redistribution des eaux pluviales qui alimente en priorité le cœur planté et les bacs de façade. Les eaux grises issues des logements sont également traitées et réutilisées pour l'arrosage, réduisant drastiquement la consommation d'eau potable. Ce cycle fermé fait de la tour un organisme quasi autonome sur le plan hydrique, une nécessité dans un contexte de raréfaction de la ressource. Les toitures végétalisées complètent ce dispositif en retenant une partie des précipitations et en limitant le ruissellement.
Le rapport au **grand paysage ligérien** nous a guidés tout au long du projet. Depuis les logements, les vues sur la Loire se déploient largement, et nous avons travaillé l'orientation des balcons pour maximiser ces perspectives tout en créant des protections visuelles et acoustiques vis-à-vis de l'autoroute. La tour ne domine pas le paysage, elle le **continue en verticalité**, comme un accident géologique naturel où le végétal aurait pris le dessus. Ce geste architectural revendique une présence forte sans agressivité, un signal écologique qui préfigure peut-être ce que pourraient devenir d'autres entrées de ville, des lieux de transition où l'infrastructure routière cohabite avec une nature cultivée.
Nous avons également porté attention aux **espaces de transition** entre le dedans et le dehors. Chaque logement dispose d'un balcon généreux, conçu comme une extension de l'espace de vie, un lieu où cultiver, observer, respirer. Ces seuils deviennent des lieux d'appropriation individuelle au sein d'une composition collective. Les étudiants comme les familles peuvent ainsi développer leur propre jardin suspendu, participer à l'évolution du visage végétal de la tour. Cette dimension participative nous semblait essentielle pour garantir l'acceptation et la pérennité du projet.
La Tour A10 demeure un concept, un manifeste architectural et paysager qui interroge notre manière d'habiter les infrastructures et leurs abords. Elle propose un **modèle d'urbanité végétale** à l'échelle du territoire, un repère qui ne cherche pas à effacer la modernité autoroutière mais à la transcender par le vivant. Dans un contexte de transition écologique, de densification urbaine et de recherche de nouvelles formes d'habiter, ce projet esquisse une voie possible, celle d'une architecture qui se fait jardin vertical, qui accueille et protège, qui habite autant qu'elle est habitée.
Le programme associe logements étudiants et logements familiaux, une mixité inhabituelle qui nous a conduits à repenser la cohabitation des typologies et des modes d'habiter. Nous avons organisé les unités autour d'un **cœur planté central**, une respiration commune qui traverse la tour de part en part et permet à chaque logement de bénéficier d'une double orientation. Cette colonne vertébrale végétale n'est pas un simple puits de lumière, mais un véritable biotope cultivé en altitude, un espace collectif appropriable qui réinvente la notion de jardin partagé dans la verticalité.
La collaboration avec **Claude Figureau**, botaniste et paysagiste, a été essentielle dès les premières esquisses. Nous ne voulions pas d'un placage décoratif de végétation, mais d'une association intime entre structure bâtie et systèmes vivants. Ensemble, nous avons sélectionné des **plantes pionnières**, des essences résilientes capables de s'adapter aux conditions spécifiques du site (exposition aux vents, pollution atmosphérique, amplitude thermique) et au microclimat de la tour elle-même. Des graminées, des vivaces à faible besoin hydrique, des arbustes adaptés au climat ligérien composent une palette végétale évolutive, pensée pour croître avec l'édifice et pour nécessiter un entretien minimal.
Les **façades deviennent habitat pour la biodiversité**. Nous avons dessiné des balcons filants qui s'apparentent à des terrasses suspendues, des strates horizontales où le végétal prend place dans des bacs intégrés à la structure. Ces coursives plantées créent des microclimats, atténuent les écarts thermiques, offrent des zones d'ombre naturelle en été. Elles constituent aussi des corridors écologiques en hauteur, des niches pour l'avifaune et les insectes pollinisateurs. La tour ne se contente pas d'accueillir ses habitants humains, elle devient un **écosystème hybride** où cohabitent diverses formes de vie.
Structurellement, nous avons opté pour un **noyau central en béton** qui concentre les circulations verticales et les réseaux, libérant ainsi les plateaux périphériques pour les logements. Cette organisation permet de minimiser l'empreinte au sol et d'optimiser la performance structurelle tout en facilitant l'irrigation du cœur végétal par gravité. Les planchers sont conçus comme des plateaux légers, en partie ajourés pour laisser filtrer la lumière jusqu'aux niveaux inférieurs du jardin central. Les garde-corps des balcons intègrent des systèmes de fixation pour les bacs plantés, évitant tout ajout postérieur et garantissant une cohérence formelle d'ensemble.
La question de la **gestion de l'eau** a été centrale dans notre démarche environnementale. Nous avons imaginé un système de collecte et de redistribution des eaux pluviales qui alimente en priorité le cœur planté et les bacs de façade. Les eaux grises issues des logements sont également traitées et réutilisées pour l'arrosage, réduisant drastiquement la consommation d'eau potable. Ce cycle fermé fait de la tour un organisme quasi autonome sur le plan hydrique, une nécessité dans un contexte de raréfaction de la ressource. Les toitures végétalisées complètent ce dispositif en retenant une partie des précipitations et en limitant le ruissellement.
Le rapport au **grand paysage ligérien** nous a guidés tout au long du projet. Depuis les logements, les vues sur la Loire se déploient largement, et nous avons travaillé l'orientation des balcons pour maximiser ces perspectives tout en créant des protections visuelles et acoustiques vis-à-vis de l'autoroute. La tour ne domine pas le paysage, elle le **continue en verticalité**, comme un accident géologique naturel où le végétal aurait pris le dessus. Ce geste architectural revendique une présence forte sans agressivité, un signal écologique qui préfigure peut-être ce que pourraient devenir d'autres entrées de ville, des lieux de transition où l'infrastructure routière cohabite avec une nature cultivée.
Nous avons également porté attention aux **espaces de transition** entre le dedans et le dehors. Chaque logement dispose d'un balcon généreux, conçu comme une extension de l'espace de vie, un lieu où cultiver, observer, respirer. Ces seuils deviennent des lieux d'appropriation individuelle au sein d'une composition collective. Les étudiants comme les familles peuvent ainsi développer leur propre jardin suspendu, participer à l'évolution du visage végétal de la tour. Cette dimension participative nous semblait essentielle pour garantir l'acceptation et la pérennité du projet.
La Tour A10 demeure un concept, un manifeste architectural et paysager qui interroge notre manière d'habiter les infrastructures et leurs abords. Elle propose un **modèle d'urbanité végétale** à l'échelle du territoire, un repère qui ne cherche pas à effacer la modernité autoroutière mais à la transcender par le vivant. Dans un contexte de transition écologique, de densification urbaine et de recherche de nouvelles formes d'habiter, ce projet esquisse une voie possible, celle d'une architecture qui se fait jardin vertical, qui accueille et protège, qui habite autant qu'elle est habitée.
- Lieu
- Tours, France
- Nature
- Mixte
- Surface
- Confidentiel
- Budget
- Confidentiel
- Concours
- 2019
- MOA
- Confidentiel
- Co-architectes
- Claude Figureau (paysagiste)