Sainte-Adresse
Le site de l’ancienne ENSM, dans son échelle urbaine, est un réel point d’ancrage, un lieu qui aspire à devenir une escale entre les falaises, la promenade du cap et le tissu urbain environnant. C’est dans ce contexte si particulier, entre nature et urbanité, que nous avons vocation d’offrir une nouvelle vie de quartier au plateau de la Hève, par la création d’une «place de village» flexible et dynamique, associée à un parc propice au calme et à la contemplation, véritable refuge de la biodiversité locale.
À Sainte-Adresse, l'ancien site de l'École nationale supérieure maritime marchande (ENSM) occupe une position géographique d'une rare intensité. Perché sur le plateau de la Hève, il domine à la fois les plages dionysiennes au sud, la côte sauvage à l'ouest et le tissu pavillonnaire alentour. De la Batterie de Dollemard jusqu'à l'Église Saint-Joseph, les horizons s'enchaînent sans discontinuer. Lorsque l'école quitte ses locaux en 2014, elle laisse derrière elle l'ensemble conçu par Roger Hummel, notamment l'internat, bâtiment phare qui a accompagné le quotidien de nombreux habitants. Ce départ ouvre une page blanche, mais elle doit s'écrire avec la conscience d'un **héritage collectif**, d'une mémoire locale forte. Nous avons voulu transformer cette vacance en opportunité, en imagenant un nouveau quartier capable de dialoguer avec ce passé tout en répondant aux enjeux contemporains de sobriété, de mixité programmatique et de respect du vivant.
Notre démarche repose sur un principe fondamental : **trouver le juste équilibre entre mémoire et invention**. Nous ne cherchons pas à effacer l'histoire du lieu, ni à la figer dans une nostalgie stérile. Au contraire, nous voulons faire résonner cette histoire à travers des formes nouvelles, des usages actuels, une relation renouvelée au site. L'internat existant dispose de qualités contextuelles et constructives indéniables. Plutôt que de faire table rase, nous envisageons sa réhabilitation comme un point d'ancrage du projet, un socle narratif à partir duquel s'articule une composition urbaine plus large. Autour de lui, nous proposons de créer une **place de village flexible et dynamique**, lieu de vie partagé, ainsi qu'un **parc propice au calme et à la contemplation**, véritable refuge pour la biodiversité locale. Cette dualité entre animation urbaine et retrait contemplatif structure tout le projet.
Le site se trouve à la charnière entre deux mondes : l'urbanité dense du Havre d'un côté, la nature protégée du cap de la Hève de l'autre. Ce contexte si particulier, entre **nature et urbanité**, demande une attention fine aux transitions. Nous avons imaginé le projet comme une **escale**, un lieu de respiration où l'on peut s'arrêter, lever les yeux, saisir la puissance du paysage. Les nouveaux logements, les commerces en rez-de-chaussée et les espaces publics s'organisent pour offrir des vues à différents niveaux, accessibles à tous, habitants permanents comme promeneurs occasionnels. Chaque bâtiment est positionné de manière à ne pas obstruer les perspectives, à ménager des percées visuelles vers la mer, les falaises, le large. Cette volonté de **partager le paysage** guide toute la composition.
Sur le plan architectural, nous avons privilégié une écriture contemporaine qui ne cherche ni l'imitation ni la rupture brutale. Les volumes sont simples, assurés, construits avec des matériaux locaux ou biosourcés dans la mesure du possible. Les façades jouent sur des variations de texture, de profondeur, d'ouvertures. Nous avons travaillé la **matérialité** pour qu'elle résonne avec le patrimoine bâti du Havre (la brique, le béton clair, le bois), tout en affirmant une modernité sobre. Les logements sont conçus pour offrir des espaces généreux, traversants quand c'est possible, avec des prolongements extérieurs (balcons, loggias, terrasses) qui invitent à habiter dehors, à sentir le vent marin, à observer les saisons. Cette attention portée aux usages domestiques, à la manière dont on vit chez soi et dont on entre en relation avec l'extérieur, nous semble essentielle dans un contexte où la question du bien-être et de la qualité d'habiter est devenue centrale.
Le **parc** que nous proposons n'est pas un simple espace vert décoratif. Il est pensé comme un outil écologique actif, un lieu où la faune et la flore locales peuvent se développer, circuler, se régénérer. Nous avons travaillé avec une palette végétale endémique, résistante au vent et aux embruns, favorisant les espèces mellifères et les strates arborées qui permettent d'accueillir les oiseaux et les insectes. Ce parc devient un corridor écologique, reliant les espaces naturels du cap aux jardins et espaces publics du tissu urbain environnant. En cela, il incarne notre **démarche environnementale globale** : ne pas seulement réduire l'impact, mais contribuer activement à la préservation et à l'enrichissement de la biodiversité locale. La gestion des eaux pluviales, le choix de matériaux à faible empreinte carbone, la limitation de l'imperméabilisation des sols, tout cela participe d'une ambition écologique lisible, tangible.
La place de village, quant à elle, est conçue pour accueillir une diversité d'usages au fil des saisons et des heures. Marché, animations culturelles, rencontres informelles, jeux d'enfants : sa **flexibilité** est sa force. Elle n'est pas figée dans un dessin trop déterminé, mais offre une structure ouverte, capable d'évoluer avec les besoins des habitants. Les commerces en rez-de-chaussée animent cette place, créent une vie quotidienne, une échelle de proximité qui manque parfois dans les opérations de logements neufs. Nous croyons profondément à cette **mixité fonctionnelle**, à cette cohabitation entre habitat, services, espaces publics et nature, qui fait la richesse et la résilience des quartiers vivants.
En choisissant de réhabiliter l'internat plutôt que de le démolir, nous affirmons aussi une position éthique et écologique. Réutiliser l'existant, transformer plutôt que raser, c'est économiser des ressources, réduire les déchets, préserver l'énergie grise accumulée dans la structure. C'est aussi reconnaître que l'architecture a une mémoire, qu'elle porte en elle les traces d'une vie collective, d'une époque, d'une fonction passée qui peut nourrir l'avenir. Cette continuité nous paraît précieuse dans un monde où tout semble toujours recommencer de zéro.
Ce projet pour Sainte-Adresse n'a pas vu le jour, mais il continue de nourrir notre réflexion sur la manière de concevoir des quartiers généreux, enracinés dans leur géographie, attentifs aux équilibres fragiles entre l'homme et la nature. Il témoigne de notre volonté de faire de chaque projet une occasion de **renouer avec le territoire**, de proposer une architecture qui ne se contente pas d'occuper l'espace, mais qui cherche à l'habiter avec soin, intelligence et respect.
Notre démarche repose sur un principe fondamental : **trouver le juste équilibre entre mémoire et invention**. Nous ne cherchons pas à effacer l'histoire du lieu, ni à la figer dans une nostalgie stérile. Au contraire, nous voulons faire résonner cette histoire à travers des formes nouvelles, des usages actuels, une relation renouvelée au site. L'internat existant dispose de qualités contextuelles et constructives indéniables. Plutôt que de faire table rase, nous envisageons sa réhabilitation comme un point d'ancrage du projet, un socle narratif à partir duquel s'articule une composition urbaine plus large. Autour de lui, nous proposons de créer une **place de village flexible et dynamique**, lieu de vie partagé, ainsi qu'un **parc propice au calme et à la contemplation**, véritable refuge pour la biodiversité locale. Cette dualité entre animation urbaine et retrait contemplatif structure tout le projet.
Le site se trouve à la charnière entre deux mondes : l'urbanité dense du Havre d'un côté, la nature protégée du cap de la Hève de l'autre. Ce contexte si particulier, entre **nature et urbanité**, demande une attention fine aux transitions. Nous avons imaginé le projet comme une **escale**, un lieu de respiration où l'on peut s'arrêter, lever les yeux, saisir la puissance du paysage. Les nouveaux logements, les commerces en rez-de-chaussée et les espaces publics s'organisent pour offrir des vues à différents niveaux, accessibles à tous, habitants permanents comme promeneurs occasionnels. Chaque bâtiment est positionné de manière à ne pas obstruer les perspectives, à ménager des percées visuelles vers la mer, les falaises, le large. Cette volonté de **partager le paysage** guide toute la composition.
Sur le plan architectural, nous avons privilégié une écriture contemporaine qui ne cherche ni l'imitation ni la rupture brutale. Les volumes sont simples, assurés, construits avec des matériaux locaux ou biosourcés dans la mesure du possible. Les façades jouent sur des variations de texture, de profondeur, d'ouvertures. Nous avons travaillé la **matérialité** pour qu'elle résonne avec le patrimoine bâti du Havre (la brique, le béton clair, le bois), tout en affirmant une modernité sobre. Les logements sont conçus pour offrir des espaces généreux, traversants quand c'est possible, avec des prolongements extérieurs (balcons, loggias, terrasses) qui invitent à habiter dehors, à sentir le vent marin, à observer les saisons. Cette attention portée aux usages domestiques, à la manière dont on vit chez soi et dont on entre en relation avec l'extérieur, nous semble essentielle dans un contexte où la question du bien-être et de la qualité d'habiter est devenue centrale.
Le **parc** que nous proposons n'est pas un simple espace vert décoratif. Il est pensé comme un outil écologique actif, un lieu où la faune et la flore locales peuvent se développer, circuler, se régénérer. Nous avons travaillé avec une palette végétale endémique, résistante au vent et aux embruns, favorisant les espèces mellifères et les strates arborées qui permettent d'accueillir les oiseaux et les insectes. Ce parc devient un corridor écologique, reliant les espaces naturels du cap aux jardins et espaces publics du tissu urbain environnant. En cela, il incarne notre **démarche environnementale globale** : ne pas seulement réduire l'impact, mais contribuer activement à la préservation et à l'enrichissement de la biodiversité locale. La gestion des eaux pluviales, le choix de matériaux à faible empreinte carbone, la limitation de l'imperméabilisation des sols, tout cela participe d'une ambition écologique lisible, tangible.
La place de village, quant à elle, est conçue pour accueillir une diversité d'usages au fil des saisons et des heures. Marché, animations culturelles, rencontres informelles, jeux d'enfants : sa **flexibilité** est sa force. Elle n'est pas figée dans un dessin trop déterminé, mais offre une structure ouverte, capable d'évoluer avec les besoins des habitants. Les commerces en rez-de-chaussée animent cette place, créent une vie quotidienne, une échelle de proximité qui manque parfois dans les opérations de logements neufs. Nous croyons profondément à cette **mixité fonctionnelle**, à cette cohabitation entre habitat, services, espaces publics et nature, qui fait la richesse et la résilience des quartiers vivants.
En choisissant de réhabiliter l'internat plutôt que de le démolir, nous affirmons aussi une position éthique et écologique. Réutiliser l'existant, transformer plutôt que raser, c'est économiser des ressources, réduire les déchets, préserver l'énergie grise accumulée dans la structure. C'est aussi reconnaître que l'architecture a une mémoire, qu'elle porte en elle les traces d'une vie collective, d'une époque, d'une fonction passée qui peut nourrir l'avenir. Cette continuité nous paraît précieuse dans un monde où tout semble toujours recommencer de zéro.
Ce projet pour Sainte-Adresse n'a pas vu le jour, mais il continue de nourrir notre réflexion sur la manière de concevoir des quartiers généreux, enracinés dans leur géographie, attentifs aux équilibres fragiles entre l'homme et la nature. Il témoigne de notre volonté de faire de chaque projet une occasion de **renouer avec le territoire**, de proposer une architecture qui ne se contente pas d'occuper l'espace, mais qui cherche à l'habiter avec soin, intelligence et respect.
- Lieu
- Sainte-Adresse, France
- Nature
- Logements
- Surface
- 20 046 m²
- Budget
- Confidentiel
- Concours
- 2020
- MOA
- ICADE, SCHEMA