Pavillon augmenté de l'Arsenal
« Il faut que tout change pour que rien ne change ». Le Pavillon de l’Arsenal est un lieu iconique s’il en est et ce par son architecture, sa position et surtout par son activité d’espace de représentation, d’exposition et de communication de la diversité et de la qualité de la pensée Architecturale, par sa production contemporaine autant que son histoire.
Nous nous sommes confrontés à un édifice d'exception : la Tour la Villette, connue sous de multiples noms, Tour Daewoo, Tour Périphérique, Tour Pariferic, Tour Olympe, qui témoigne à elle seule de plusieurs vies urbaines successives. Cette structure de 96 mètres, deuxième plus haut gratte-ciel de Seine-Saint-Denis, occupe une position géographique remarquable à l'entrée d'Aubervilliers, exactement à la frontière entre le 19e arrondissement parisien et le boulevard Périphérique. Sa verticalité imposante en fait un repère visible depuis de nombreux points de la métropole. Cette situation stratégique, à la fois contrainte et opportunité, nous a conduits à envisager non pas une démolition, geste destructeur trop souvent privilégié, mais une **transformation radicale** qui honore l'histoire du bâtiment tout en l'inscrivant pleinement dans les enjeux contemporains.
Le contexte urbain d'Aubervilliers mute profondément. La commune se trouve au cœur de dynamiques métropolitaines intenses, portées par l'arrivée du Grand Paris Express et par une volonté politique de réinventer les franges entre Paris et sa banlieue. Le boulevard Périphérique, longtemps perçu comme une coupure, devient progressivement un territoire de couture. Notre projet pour la Tour Grand Angle s'inscrit dans cette logique de **réparation urbaine**. Plutôt que d'effacer un passé architectural, nous avons choisi de le réactiver, de lui donner une nouvelle pertinence. La tour existante, construite dans les années 1970 selon une logique monofonctionnelle de bureaux, portait en elle un potentiel d'évolution considérable. Sa structure poteaux-dalles offrait une liberté programmatique que nous avons exploitée pleinement.
Le programme mixte que nous proposons constitue le cœur de notre démarche. Nous avons conçu un **empilement programmatique intelligent** qui crée des synergies entre usages : logements, bureaux, résidence étudiante, hôtel et restaurant composent un écosystème vertical où chaque fonction dialogue avec les autres. Cette mixité n'est pas simplement fonctionnelle, elle est sociale et temporelle. Les étudiants, les travailleurs, les résidents permanents, les visiteurs de passage se croisent dans des espaces partagés qui deviennent les véritables lieux de vie du projet. Le restaurant en partie haute, notamment, offre un point de vue panoramique sur la métropole et constitue un équipement d'agrément accessible à tous les occupants de la tour. Cette **diversité programmatique** transforme radicalement l'image et l'usage d'un bâtiment autrefois monofonctionnel et fermé sur lui-même.
Notre intervention architecturale s'articule autour de trois gestes majeurs. D'abord, une **enveloppe nouvelle** qui vient habiller la structure existante sans la dénaturer. Nous avons dessiné une peau contemporaine, composée de modules préfabriqués intégrant isolation, menuiseries et protections solaires. Cette enveloppe performante répond aux exigences environnementales actuelles tout en créant une nouvelle identité visuelle pour le bâtiment. Ensuite, nous avons réorganisé les plateaux intérieurs pour créer des typologies d'espaces adaptées à chaque usage, avec une attention particulière portée aux circulations verticales et aux espaces de transition. Enfin, nous avons travaillé le socle de la tour, ce moment critique où le bâtiment rencontre le sol et la ville. En créant des transparences, des commerces en rez-de-chaussée et des accès multiples selon les fonctions, nous avons ouvert la tour sur son environnement urbain immédiat.
La question de la **matérialité** a été centrale dans notre réflexion. Transformer une tour des années 1970 impose de composer avec l'existant tout en affirmant une contemporanéité claire. Nous avons opté pour une architecture de la couche, où la nouvelle peau vient dialoguer avec la structure béton conservée. Les modules de façade, fabriqués en atelier puis assemblés sur site, permettent une mise en œuvre rapide et une qualité de finition maîtrisée. Leur dessin intègre des variations selon les orientations et les programmes, créant une texture architecturale riche qui révèle la complexité fonctionnelle du projet. Les protections solaires, véritables éléments de confort thermique, participent également à la composition d'ensemble et créent des jeux d'ombre et de lumière qui animent les façades.
Notre démarche environnementale repose sur un principe fondamental : **réhabiliter plutôt que démolir**. Conserver la structure existante évite l'émission de quantités considérables de CO2 liées à la démolition et à la reconstruction. C'est un geste de sobriété radical qui s'impose face à l'urgence climatique. Au-delà de ce choix structurel, nous avons travaillé la performance énergétique globale du bâtiment par une isolation renforcée, des systèmes de ventilation naturelle, et une gestion fine des apports solaires selon les orientations. La toiture a été transformée en surface productive, accueillant panneaux photovoltaïques et espaces végétalisés. Cette approche environnementale ne se limite pas à des dispositifs techniques : elle informe l'ensemble du projet, depuis le choix des matériaux jusqu'à la conception des espaces extérieurs au pied de la tour.
La Tour Grand Angle devient ainsi un **laboratoire urbain** où se testent de nouvelles formes d'habiter la verticalité en banlieue parisienne. Elle affirme qu'un bâtiment n'est jamais figé, que l'architecture est par nature transformable, adaptable aux évolutions des modes de vie et aux impératifs écologiques. En donnant une nouvelle vie à cette structure iconique, nous proposons un modèle alternatif au cycle démolition-reconstruction qui consume nos ressources. Ce projet témoigne de notre conviction que l'architecture doit savoir composer avec son héritage, le réinterpréter sans nostalgie, et projeter vers l'avenir des solutions pertinentes pour des territoires en mutation profonde.
Le contexte urbain d'Aubervilliers mute profondément. La commune se trouve au cœur de dynamiques métropolitaines intenses, portées par l'arrivée du Grand Paris Express et par une volonté politique de réinventer les franges entre Paris et sa banlieue. Le boulevard Périphérique, longtemps perçu comme une coupure, devient progressivement un territoire de couture. Notre projet pour la Tour Grand Angle s'inscrit dans cette logique de **réparation urbaine**. Plutôt que d'effacer un passé architectural, nous avons choisi de le réactiver, de lui donner une nouvelle pertinence. La tour existante, construite dans les années 1970 selon une logique monofonctionnelle de bureaux, portait en elle un potentiel d'évolution considérable. Sa structure poteaux-dalles offrait une liberté programmatique que nous avons exploitée pleinement.
Le programme mixte que nous proposons constitue le cœur de notre démarche. Nous avons conçu un **empilement programmatique intelligent** qui crée des synergies entre usages : logements, bureaux, résidence étudiante, hôtel et restaurant composent un écosystème vertical où chaque fonction dialogue avec les autres. Cette mixité n'est pas simplement fonctionnelle, elle est sociale et temporelle. Les étudiants, les travailleurs, les résidents permanents, les visiteurs de passage se croisent dans des espaces partagés qui deviennent les véritables lieux de vie du projet. Le restaurant en partie haute, notamment, offre un point de vue panoramique sur la métropole et constitue un équipement d'agrément accessible à tous les occupants de la tour. Cette **diversité programmatique** transforme radicalement l'image et l'usage d'un bâtiment autrefois monofonctionnel et fermé sur lui-même.
Notre intervention architecturale s'articule autour de trois gestes majeurs. D'abord, une **enveloppe nouvelle** qui vient habiller la structure existante sans la dénaturer. Nous avons dessiné une peau contemporaine, composée de modules préfabriqués intégrant isolation, menuiseries et protections solaires. Cette enveloppe performante répond aux exigences environnementales actuelles tout en créant une nouvelle identité visuelle pour le bâtiment. Ensuite, nous avons réorganisé les plateaux intérieurs pour créer des typologies d'espaces adaptées à chaque usage, avec une attention particulière portée aux circulations verticales et aux espaces de transition. Enfin, nous avons travaillé le socle de la tour, ce moment critique où le bâtiment rencontre le sol et la ville. En créant des transparences, des commerces en rez-de-chaussée et des accès multiples selon les fonctions, nous avons ouvert la tour sur son environnement urbain immédiat.
La question de la **matérialité** a été centrale dans notre réflexion. Transformer une tour des années 1970 impose de composer avec l'existant tout en affirmant une contemporanéité claire. Nous avons opté pour une architecture de la couche, où la nouvelle peau vient dialoguer avec la structure béton conservée. Les modules de façade, fabriqués en atelier puis assemblés sur site, permettent une mise en œuvre rapide et une qualité de finition maîtrisée. Leur dessin intègre des variations selon les orientations et les programmes, créant une texture architecturale riche qui révèle la complexité fonctionnelle du projet. Les protections solaires, véritables éléments de confort thermique, participent également à la composition d'ensemble et créent des jeux d'ombre et de lumière qui animent les façades.
Notre démarche environnementale repose sur un principe fondamental : **réhabiliter plutôt que démolir**. Conserver la structure existante évite l'émission de quantités considérables de CO2 liées à la démolition et à la reconstruction. C'est un geste de sobriété radical qui s'impose face à l'urgence climatique. Au-delà de ce choix structurel, nous avons travaillé la performance énergétique globale du bâtiment par une isolation renforcée, des systèmes de ventilation naturelle, et une gestion fine des apports solaires selon les orientations. La toiture a été transformée en surface productive, accueillant panneaux photovoltaïques et espaces végétalisés. Cette approche environnementale ne se limite pas à des dispositifs techniques : elle informe l'ensemble du projet, depuis le choix des matériaux jusqu'à la conception des espaces extérieurs au pied de la tour.
La Tour Grand Angle devient ainsi un **laboratoire urbain** où se testent de nouvelles formes d'habiter la verticalité en banlieue parisienne. Elle affirme qu'un bâtiment n'est jamais figé, que l'architecture est par nature transformable, adaptable aux évolutions des modes de vie et aux impératifs écologiques. En donnant une nouvelle vie à cette structure iconique, nous proposons un modèle alternatif au cycle démolition-reconstruction qui consume nos ressources. Ce projet témoigne de notre conviction que l'architecture doit savoir composer avec son héritage, le réinterpréter sans nostalgie, et projeter vers l'avenir des solutions pertinentes pour des territoires en mutation profonde.
- Lieu
- Paris, France
- Nature
- ERP / Equipement Culturel
- Surface
- 2 030
- Budget
- 3.3 M€
- Concours
- 2019
- MOA
- VILLE DE PARIS - DCPA + SAMO