PARIS XIII
Fond de scène d’une perspective urbaine de plus de 600m de long, le projet de l’îlot T10 combine deux idées fortes : un skyline architectural accentué par le végétal, une façade vibrante et habitée. Liant l’un et l’autre, la nature joue un rôle prédominant. Les trois bâtiments s’unissent au fur et à mesure que se construisent des séquences paysagères. Le jardin en coeur d’îlot, espace de déambulation et de flâneries fait la jonction avec la minéralité du parvis. Il se présente comme une invitation à l’usage actuel en même temps qu’à une évocation du passé.
Nous avons conçu l'îlot T10 dans le 13ᵉ arrondissement comme une réponse sensible à un site chargé d'histoire et traversé par une géographie urbaine singulière. Le projet s'inscrit dans le cadre d'un vaste programme de requalification mené par Paris Habitat, aux côtés de Sou Fujimoto Architects et Nicolas Laisné Architectes. Ensemble, nous avons travaillé à composer un front bâti qui dialogue avec une perspective urbaine de plus de 600 mètres de long, héritée des infrastructures ferroviaires qui ont marqué ce quartier. Ce contexte nous a conduits à penser le projet non pas comme un objet isolé, mais comme un **fond de scène architectural**, capable d'articuler mémoire du lieu et vie contemporaine.
Le site porte les traces de la halle Freyssinet et des anciens circuits ferroviaires. Plutôt que de les effacer, nous avons choisi d'en faire le support conceptuel du projet. Les lignes de composition des trois bâtiments qui constituent notre intervention reprennent les tracés de ces flux disparus, créant une **continuité historique par le dessin**. Ce jeu de tracés n'est pas une simple citation nostalgique, il structure l'îlot, oriente les parcours, ordonne les espaces publics et privés. Le jardin en cœur d'îlot devient ainsi un espace de déambulation et de flâneries qui fait la jonction entre la minéralité du parvis et la profondeur végétale que nous avons voulu installer au cœur du projet. C'est une invitation à l'usage actuel, mais aussi une évocation sensible du passé ferroviaire du quartier.
Nous avons pensé la façade comme un **dispositif habité**, bien au-delà d'une simple enveloppe. Elle multiplie les espaces extérieurs, les jardinières, les terrasses plantées qui s'échelonnent au gré de l'ascension des bâtiments. Ces lieux généreux et confortables sont de véritables interstices entre le logement et la ville, des espaces intermédiaires où l'habitant peut s'installer, lire, contempler. Ils créent une épaisseur, une respiration, une manière d'habiter qui échappe à la stricte séparation intérieur-extérieur. La façade vibrante que nous avons dessinée n'est pas un décor, elle organise ces usages, elle les rend possibles.
Cette vibration formelle repose sur une **résille en béton léger haute densité**, qui vient habiller chacun des trois bâtiments. Ce choix de matériau nous a permis d'allier performance structurelle, légèreté et expressivité. La résille fait directement référence à la halle Freyssinet, elle en reprend l'esprit constructif, la puissance plastique. Mais nous l'avons détournée pour en faire un élément actif de la façade, créant des ambiances de sous-bois, des ombrages, des protections pour les espaces de vie extérieurs. Elle fonctionne comme une **peau véritable**, une écorce dans laquelle les habitants peuvent venir s'asseoir, se reposer, admirer la vue. La végétation vient s'accrocher à cette structure, la coloniser progressivement, transformant le bâtiment en un support vivant, évolutif, flamboyant selon les saisons.
La nature joue ici un rôle prédominant, et ce dès la conception. Nous avons refusé l'idée d'un végétal comme simple décor ajouté. Au contraire, la végétation est pensée comme un élément structurant, un matériau architectural à part entière. Les trois bâtiments s'unissent au fur et à mesure que se construisent des **séquences paysagères**, depuis le jardin de cœur d'îlot jusqu'aux terrasses habitées, en passant par les jardinières intégrées à la résille. Le végétal vient lier verticalement et horizontalement l'ensemble, il crée des continuités visuelles, il adoucit les transitions, il instaure une temporalité lente, celle de la croissance, du cycle des saisons, de la transformation progressive du bâti.
Cette démarche environnementale va au-delà de l'esthétique. La présence massive de végétal contribue à la régulation thermique des logements, à la gestion des eaux pluviales, à la biodiversité urbaine. La résille en béton léger haute densité permet de réduire les charges structurelles tout en offrant une protection solaire efficace. Les espaces extérieurs généreux favorisent une ventilation naturelle et offrent des refuges climatiques en période de forte chaleur. Nous avons pensé ces dispositifs ensemble, de manière **intégrée**, pour que chaque élément du projet contribue à améliorer les conditions de vie des habitants et à réduire l'empreinte écologique de l'ensemble.
En couronnement, les **toitures végétalisées** ne sont pas de simples cinquièmes façades. Elles sont conçues comme de véritables espaces de socialisation, des belvédères arborés qui offrent des vues imprenables sur Paris. Ces espaces collectifs prolongent la logique des interstices habités que nous avons développée en façade, ils créent des lieux de rencontre, de contemplation, de respiration urbaine. Le skyline architectural que forme l'ensemble de l'îlot T10 est ainsi accentué par le végétal, créant une silhouette reconnaissable, généreuse, vivante.
Travailler aux côtés de Sou Fujimoto Architects et Nicolas Laisné Architectes nous a permis de penser l'îlot dans sa globalité, tout en affirmant la singularité de notre intervention. Chaque équipe a apporté sa sensibilité, sa manière de questionner le rapport entre architecture, nature et mémoire du lieu. Pour notre part, nous avons cherché à créer des bâtiments qui soient des **supports de vie**, au sens plein du terme, des structures capables d'accueillir l'imprévu, l'appropriation, la transformation. Des architectures qui vieillissent bien, qui se bonifient avec le temps, à mesure que la végétation s'installe et que les habitants investissent les espaces que nous avons dessinés pour eux.
Le site porte les traces de la halle Freyssinet et des anciens circuits ferroviaires. Plutôt que de les effacer, nous avons choisi d'en faire le support conceptuel du projet. Les lignes de composition des trois bâtiments qui constituent notre intervention reprennent les tracés de ces flux disparus, créant une **continuité historique par le dessin**. Ce jeu de tracés n'est pas une simple citation nostalgique, il structure l'îlot, oriente les parcours, ordonne les espaces publics et privés. Le jardin en cœur d'îlot devient ainsi un espace de déambulation et de flâneries qui fait la jonction entre la minéralité du parvis et la profondeur végétale que nous avons voulu installer au cœur du projet. C'est une invitation à l'usage actuel, mais aussi une évocation sensible du passé ferroviaire du quartier.
Nous avons pensé la façade comme un **dispositif habité**, bien au-delà d'une simple enveloppe. Elle multiplie les espaces extérieurs, les jardinières, les terrasses plantées qui s'échelonnent au gré de l'ascension des bâtiments. Ces lieux généreux et confortables sont de véritables interstices entre le logement et la ville, des espaces intermédiaires où l'habitant peut s'installer, lire, contempler. Ils créent une épaisseur, une respiration, une manière d'habiter qui échappe à la stricte séparation intérieur-extérieur. La façade vibrante que nous avons dessinée n'est pas un décor, elle organise ces usages, elle les rend possibles.
Cette vibration formelle repose sur une **résille en béton léger haute densité**, qui vient habiller chacun des trois bâtiments. Ce choix de matériau nous a permis d'allier performance structurelle, légèreté et expressivité. La résille fait directement référence à la halle Freyssinet, elle en reprend l'esprit constructif, la puissance plastique. Mais nous l'avons détournée pour en faire un élément actif de la façade, créant des ambiances de sous-bois, des ombrages, des protections pour les espaces de vie extérieurs. Elle fonctionne comme une **peau véritable**, une écorce dans laquelle les habitants peuvent venir s'asseoir, se reposer, admirer la vue. La végétation vient s'accrocher à cette structure, la coloniser progressivement, transformant le bâtiment en un support vivant, évolutif, flamboyant selon les saisons.
La nature joue ici un rôle prédominant, et ce dès la conception. Nous avons refusé l'idée d'un végétal comme simple décor ajouté. Au contraire, la végétation est pensée comme un élément structurant, un matériau architectural à part entière. Les trois bâtiments s'unissent au fur et à mesure que se construisent des **séquences paysagères**, depuis le jardin de cœur d'îlot jusqu'aux terrasses habitées, en passant par les jardinières intégrées à la résille. Le végétal vient lier verticalement et horizontalement l'ensemble, il crée des continuités visuelles, il adoucit les transitions, il instaure une temporalité lente, celle de la croissance, du cycle des saisons, de la transformation progressive du bâti.
Cette démarche environnementale va au-delà de l'esthétique. La présence massive de végétal contribue à la régulation thermique des logements, à la gestion des eaux pluviales, à la biodiversité urbaine. La résille en béton léger haute densité permet de réduire les charges structurelles tout en offrant une protection solaire efficace. Les espaces extérieurs généreux favorisent une ventilation naturelle et offrent des refuges climatiques en période de forte chaleur. Nous avons pensé ces dispositifs ensemble, de manière **intégrée**, pour que chaque élément du projet contribue à améliorer les conditions de vie des habitants et à réduire l'empreinte écologique de l'ensemble.
En couronnement, les **toitures végétalisées** ne sont pas de simples cinquièmes façades. Elles sont conçues comme de véritables espaces de socialisation, des belvédères arborés qui offrent des vues imprenables sur Paris. Ces espaces collectifs prolongent la logique des interstices habités que nous avons développée en façade, ils créent des lieux de rencontre, de contemplation, de respiration urbaine. Le skyline architectural que forme l'ensemble de l'îlot T10 est ainsi accentué par le végétal, créant une silhouette reconnaissable, généreuse, vivante.
Travailler aux côtés de Sou Fujimoto Architects et Nicolas Laisné Architectes nous a permis de penser l'îlot dans sa globalité, tout en affirmant la singularité de notre intervention. Chaque équipe a apporté sa sensibilité, sa manière de questionner le rapport entre architecture, nature et mémoire du lieu. Pour notre part, nous avons cherché à créer des bâtiments qui soient des **supports de vie**, au sens plein du terme, des structures capables d'accueillir l'imprévu, l'appropriation, la transformation. Des architectures qui vieillissent bien, qui se bonifient avec le temps, à mesure que la végétation s'installe et que les habitants investissent les espaces que nous avons dessinés pour eux.
- Lieu
- Paris, France
- Nature
- Logements
- Surface
- 14 220 pour l'ensemble
- Budget
- 35 M€
- Concours
- 2016
- MOA
- Paris Habitat
- Co-architectes
- Sou Fujimoto Architects, Nicolas Laisné Architectes (pour l'ensemble de l'îlot)