Le Rocher
Une lueur matinale éclaire de son teint jaune ce grand rocher blanc, soulignant ses cassures, caressant sa matière. La nature a pris d’assaut son sommet et le lichen s’est glissé dans les interstices de ses failles ; créant un univers végétal au cœur de cette masse minérale dont la présence donne aux habitants la sensation de vivre dans un véritable rocher. Ce programme de logements s’articule autour de deux cœurs d’îlots plantés, espaces de nature intériorisés, détachant trois volumes séparés et adossés à la voie ferrée.
# Le Rocher
À Nanterre, au contact immédiat de la voie ferrée et du boulevard des Provinces Françaises, nous avons conçu Le Rocher comme un projet d'architecture qui interroge la **matière minérale** et la **sculpture du volume**, tout en répondant aux contraintes acoustiques et urbaines d'un site complexe. Ce programme de 10 870 m², comprenant 157 logements et des commerces en rez-de-chaussée, s'inscrit dans une réflexion sur la transformation d'un quartier en mutation, où l'université Paris Nanterre et les infrastructures ferroviaires dessinent un paysage hybride, à la fois urbain et technique.
Le projet tire son nom de sa **forme monolithique**, qui évoque les blocs de gypse extraits des carrières de Cormeilles-en-Parisis, situées à quelques kilomètres seulement. Cette référence géologique n'est pas anecdotique : elle ancre le bâtiment dans l'histoire industrielle et naturelle du territoire, tout en proposant une lecture contemporaine de la masse bâtie. Nous avons voulu créer un grand volume blanc, compact, dont les failles et les cassures révèlent une **architecture sculptée**, comme si le bâtiment avait été creusé, arraché, taillé dans un bloc unitaire.
La situation en limite de voie ferrée imposait une réponse claire aux nuisances sonores. Plutôt que de concevoir un simple écran protecteur, nous avons choisi de **faire de cette contrainte un parti architectural**. Les trois volumes qui composent le projet s'adossent au nord contre les rails, formant une barrière physique qui protège deux **cœurs d'îlots plantés**, véritables poumons verts intériorisés au sein de la masse bâtie. Cette disposition libère des espaces de nature généreuse, accessibles aux habitants, et crée une profondeur qui rompt avec la monotonie des barres parallèles aux infrastructures.
Pour maintenir une relation visuelle avec le paysage environnant, notamment vers l'université de Nanterre, nous avons percé le monolithe de **deux grandes failles vitrées**. Ces brèches traversent le volume de part en part, permettant des vues filtrées, des percées lumineuses, et révélant l'épaisseur du bâtiment. Elles jouent aussi un rôle structurant dans la composition : elles fragmentent le monolithe, créent des seuils, et introduisent une temporalité dans la perception du projet. Selon l'heure du jour, la lumière glisse dans ces failles, révèle les reliefs de la façade, fait vibrer les surfaces blanches.
Le socle commercial ancre l'ensemble au sol et constitue le **soubassement de l'îlot**. Il unifie les trois volumes résidentiels qui semblent flotter au-dessus, en équilibre instable, comme des blocs en suspension. Ce jeu de porte-à-faux et de décrochements donne au projet sa force plastique. Les logements s'organisent en plans libres, desservis depuis les cœurs d'îlots, ce qui permet de diversifier les typologies et d'offrir des espaces extérieurs généreux, balcons et terrasses qui prolongent l'habitat vers le végétal.
La **matérialité** du projet repose sur l'utilisation d'un béton blanc, traité en larges panneaux préfabriqués qui soulignent la dimension monolithique du volume. Ce choix technique permet d'obtenir une surface lisse, homogène, dont les nuances de blanc varient selon la lumière. Les failles sont marquées par des vitrages continus, sans menuiseries apparentes, qui accentuent le contraste entre opacité et transparence. Le végétal, lui, vient adoucir cette minéralité : plantes grimpantes, arbustes, graminées colonisent progressivement les terrasses, les cœurs d'îlots, créant un **univers hybride** où nature et architecture se conjuguent comme dans une carrière abandonnée.
Nous avons cherché à articuler deux échelles de nature. D'un côté, une nature **publique et fastueuse**, celle des grands sujets plantés dans les cœurs d'îlots, qui rappelle la générosité de la forêt de Fontainebleau. De l'autre, une nature **intime et domestique**, celle des jardins privés, des terrasses plantées, des balcons où chaque habitant peut cultiver son propre rapport au végétal. Les cœurs d'îlots fonctionnent ainsi comme des **filtres verts**, des espaces de respiration qui structurent la vie collective sans imposer une publicité totale.
Sur le plan environnemental, le projet intègre une réflexion sur la **gestion bioclimatique** et la réduction des consommations énergétiques. L'orientation des logements privilégie les apports solaires au sud et à l'ouest, tandis que les failles vitrées assurent une ventilation naturelle traversante dans les cœurs d'îlots. La végétalisation intensive des espaces communs contribue à réguler les températures et à améliorer la qualité de l'air. Le choix de la préfabrication pour les façades a permis de limiter les déchets de chantier et de réduire les délais de construction, livrée en 2020 après un concours remporté en 2015.
Le Rocher n'est pas seulement un immeuble de logements : c'est une **masse habitée**, un volume sculpté où la vie domestique trouve sa place dans les interstices, les creux, les retraits. Nous avons voulu offrir aux habitants la sensation de vivre dans un véritable rocher, un abri minéral ouvert sur le ciel et sur la ville, où la nature reprend ses droits progressivement, comme elle le ferait dans une carrière délaissée. C'est cette tension entre la durée géologique et le temps court de l'habitat qui donne au projet sa singularité et sa présence urbaine forte.
À Nanterre, au contact immédiat de la voie ferrée et du boulevard des Provinces Françaises, nous avons conçu Le Rocher comme un projet d'architecture qui interroge la **matière minérale** et la **sculpture du volume**, tout en répondant aux contraintes acoustiques et urbaines d'un site complexe. Ce programme de 10 870 m², comprenant 157 logements et des commerces en rez-de-chaussée, s'inscrit dans une réflexion sur la transformation d'un quartier en mutation, où l'université Paris Nanterre et les infrastructures ferroviaires dessinent un paysage hybride, à la fois urbain et technique.
Le projet tire son nom de sa **forme monolithique**, qui évoque les blocs de gypse extraits des carrières de Cormeilles-en-Parisis, situées à quelques kilomètres seulement. Cette référence géologique n'est pas anecdotique : elle ancre le bâtiment dans l'histoire industrielle et naturelle du territoire, tout en proposant une lecture contemporaine de la masse bâtie. Nous avons voulu créer un grand volume blanc, compact, dont les failles et les cassures révèlent une **architecture sculptée**, comme si le bâtiment avait été creusé, arraché, taillé dans un bloc unitaire.
La situation en limite de voie ferrée imposait une réponse claire aux nuisances sonores. Plutôt que de concevoir un simple écran protecteur, nous avons choisi de **faire de cette contrainte un parti architectural**. Les trois volumes qui composent le projet s'adossent au nord contre les rails, formant une barrière physique qui protège deux **cœurs d'îlots plantés**, véritables poumons verts intériorisés au sein de la masse bâtie. Cette disposition libère des espaces de nature généreuse, accessibles aux habitants, et crée une profondeur qui rompt avec la monotonie des barres parallèles aux infrastructures.
Pour maintenir une relation visuelle avec le paysage environnant, notamment vers l'université de Nanterre, nous avons percé le monolithe de **deux grandes failles vitrées**. Ces brèches traversent le volume de part en part, permettant des vues filtrées, des percées lumineuses, et révélant l'épaisseur du bâtiment. Elles jouent aussi un rôle structurant dans la composition : elles fragmentent le monolithe, créent des seuils, et introduisent une temporalité dans la perception du projet. Selon l'heure du jour, la lumière glisse dans ces failles, révèle les reliefs de la façade, fait vibrer les surfaces blanches.
Le socle commercial ancre l'ensemble au sol et constitue le **soubassement de l'îlot**. Il unifie les trois volumes résidentiels qui semblent flotter au-dessus, en équilibre instable, comme des blocs en suspension. Ce jeu de porte-à-faux et de décrochements donne au projet sa force plastique. Les logements s'organisent en plans libres, desservis depuis les cœurs d'îlots, ce qui permet de diversifier les typologies et d'offrir des espaces extérieurs généreux, balcons et terrasses qui prolongent l'habitat vers le végétal.
La **matérialité** du projet repose sur l'utilisation d'un béton blanc, traité en larges panneaux préfabriqués qui soulignent la dimension monolithique du volume. Ce choix technique permet d'obtenir une surface lisse, homogène, dont les nuances de blanc varient selon la lumière. Les failles sont marquées par des vitrages continus, sans menuiseries apparentes, qui accentuent le contraste entre opacité et transparence. Le végétal, lui, vient adoucir cette minéralité : plantes grimpantes, arbustes, graminées colonisent progressivement les terrasses, les cœurs d'îlots, créant un **univers hybride** où nature et architecture se conjuguent comme dans une carrière abandonnée.
Nous avons cherché à articuler deux échelles de nature. D'un côté, une nature **publique et fastueuse**, celle des grands sujets plantés dans les cœurs d'îlots, qui rappelle la générosité de la forêt de Fontainebleau. De l'autre, une nature **intime et domestique**, celle des jardins privés, des terrasses plantées, des balcons où chaque habitant peut cultiver son propre rapport au végétal. Les cœurs d'îlots fonctionnent ainsi comme des **filtres verts**, des espaces de respiration qui structurent la vie collective sans imposer une publicité totale.
Sur le plan environnemental, le projet intègre une réflexion sur la **gestion bioclimatique** et la réduction des consommations énergétiques. L'orientation des logements privilégie les apports solaires au sud et à l'ouest, tandis que les failles vitrées assurent une ventilation naturelle traversante dans les cœurs d'îlots. La végétalisation intensive des espaces communs contribue à réguler les températures et à améliorer la qualité de l'air. Le choix de la préfabrication pour les façades a permis de limiter les déchets de chantier et de réduire les délais de construction, livrée en 2020 après un concours remporté en 2015.
Le Rocher n'est pas seulement un immeuble de logements : c'est une **masse habitée**, un volume sculpté où la vie domestique trouve sa place dans les interstices, les creux, les retraits. Nous avons voulu offrir aux habitants la sensation de vivre dans un véritable rocher, un abri minéral ouvert sur le ciel et sur la ville, où la nature reprend ses droits progressivement, comme elle le ferait dans une carrière délaissée. C'est cette tension entre la durée géologique et le temps court de l'habitat qui donne au projet sa singularité et sa présence urbaine forte.
- Lieu
- Nanterre, France
- Nature
- Logements
- Surface
- 10 870 m²
- Budget
- 15,4 M
- Concours
- 2015
- Livraison
- 2020
- MOA
- Bouygues Immobilier
Distinctions