Le Potager de Villiers
A l’ouest du Jardin Métropolitain, au cœur du quartier Marne Europe, le bâtiment se compose de 3 volumes de logements, reliés par un socle continu et transparent, qui héberge une surface commerciale de proximité et une nappe de stationnements souterrains.
**Ecotone** naît d'une ambition rare : réconcilier l'infrastructure urbaine avec le paysage naturel du coteau d'Arcueil. Face à la pression foncière francilienne et à l'urgence écologique, nous avons refusé l'opposition binaire entre densité bâtie et préservation du vivant. Le site, bordé par l'autoroute A6 et adossé au parc du coteau, imposait une double contrainte : absorber les nuisances d'un axe autoroutier majeur tout en prolongant la logique paysagère de cette colline boisée qui domine le sud parisien. Avec Duncan Lewis - Scape Architecture, Parc Architectes et Triptyque Architecture, nous avons construit une réponse architecturale qui refuse la juxtaposition pour privilégier l'**interpénétration** : celle du minéral et du végétal, du programme tertiaire et de l'écosystème vivant.
Le programme de 81 870 m² conjugue bureaux, hôtel et commerces, typologies habituellement traitées comme des volumes autonomes. Nous avons choisi de les tisser dans une **trame paysagère continue**, où chaque fonction bénéficie d'un rapport direct au végétal et à la lumière naturelle. Cette mixité programmatique répond aux mutations du travail contemporain : l'hôtel accueille salariés nomades et collaborateurs internationaux, les commerces irriguent le rez-de-chaussée pour créer un socle urbain actif, les bureaux se déploient en plateaux flexibles ouverts sur des terrasses plantées. Plutôt qu'un empilement fonctionnel, nous avons conçu un **écosystème tertiaire** où la porosité entre usages favorise les échanges, les rencontres fortuites, la sérendipité propice à l'innovation.
Le parti architectural repose sur une **topographie construite** qui prolonge naturellement la pente du coteau. Le bâtiment s'étage en larges terrasses végétalisées, descendant progressivement vers la ville, comme une continuation minérale et habitée du relief naturel. Cette coupe en gradins permet à chaque niveau de bénéficier d'un accès extérieur généreux, transformant ce qui aurait pu être un volume compact en une succession d'**horizons habitables**. Les patios creusés au cœur du bâtiment fonctionnent comme des respirations verticales, irriguant les espaces intérieurs de lumière zénithale et créant des micro-climats protégés. Ces vides stratégiques ne sont pas de simples puits de lumière : ils constituent de véritables **chambres écologiques**, abritées des nuisances autoroutières, où se déploient des programmes partagés, salles de réunion informelles, espaces de détente, jardins potagers collectifs.
La matérialité d'Ecotone repose sur un **système d'épiderme vivant** qui enveloppe l'intégralité des façades. Une double peau de verre et de végétal protège le bâtiment des nuisances acoustiques et thermiques de l'autoroute tout en maintenant une transparence visuelle sur le paysage. Cette façade filtrante, inspirée des moucharabiehs contemporains, n'est pas un ornement mais une **infrastructure climatique active** : elle tamporise les variations thermiques, capte les eaux pluviales pour l'irrigation, abrite une biodiversité aviaire et entomologique. Les structures porteuses en béton bas-carbone sont minimisées au profit de poteaux ponctuels libérant de vastes plateaux flexibles. Les terrasses, traitées comme des dalles jardinières de forte épaisseur, reçoivent des substrats différenciés selon l'exposition et les essences plantées, graminées résistantes côté autoroute, arbustes fruitiers dans les patios protégés, plantes grimpantes sur les façades verticales. Cette **stratification végétale** crée une profondeur visuelle et sensorielle qui évolue au rythme des saisons : floraisons printanières, feuillages d'été, couleurs automnales, structures hivernales.
Notre démarche environnementale dépasse la simple performance énergétique pour embrasser une **écologie intégrale**. L'orientation des terrasses et la profondeur des débords sont calculées pour optimiser les apports solaires passifs en hiver tout en protégeant du rayonnement estival. Les patios fonctionnent comme des cheminées thermiques naturelles, évacuant l'air chaud par tirage et créant des courants de ventilation traversante. La gestion des eaux pluviales est intégralement internalisée : collecte en toiture, stockage en citernes enterrées, redistribution pour l'arrosage des 15 000 m² de surfaces végétalisées. Les matériaux biosourcés, bois pour les brise-soleil, terre crue pour certains cloisonnements intérieurs, réduisent l'énergie grise du projet. Mais l'ambition dépasse la technique : en créant une **continuité écologique** entre le parc du coteau et les terrasses habitées, Ecotone devient un corridor biologique qui compense la fragmentation urbaine. Nichoirs intégrés, essences mellifères, absence de pesticides : nous concevons le bâtiment comme un **écotone** au sens écologique du terme, cette zone de transition où se rencontrent et se mêlent deux écosystèmes distincts, créant une biodiversité supérieure à la somme des parties.
Les passerelles aériennes qui relient certains plateaux aux niveaux R+4 et R+5 ne sont pas de simples circulations : elles matérialisent l'**horizontalité collaborative** que nous privilégions face à la verticalité hiérarchique des tours traditionnelles. Suspendues au-dessus des patios, elles offrent des points de vue plongeants sur les jardins intérieurs, rappelant constamment la présence du vivant. Ces espaces de déambulation deviennent des lieux de rencontre informelle, de pause, de décompression visuelle, essentiels au bien-être et à la créativité des travailleurs tertiaires.
En phase de permis de construire depuis 2017 pour une livraison programmée en 2025, Ecotone incarne notre conviction que l'architecture tertiaire peut et doit devenir un **agent de régénération écologique** plutôt qu'un consommateur de ressources. Dans un contexte métropolitain dense et contraint, nous démontrons qu'il est possible de construire massivement tout en augmentant la présence du vivant, en améliorant le confort des usagers et en réduisant l'empreinte environnementale. Le bâtiment ne s'oppose plus au paysage : il en devient une extension habitée, un fragment de nature cultivée où travail, hospitalité et commerce coexistent dans un équilibre dynamique. Ce projet constitue pour nous un manifeste : l'architecture biophilique n'est pas un luxe décoratif mais une nécessité existentielle, la condition d'une urbanité future capable d'accueillir simultanément l'intensité métropolitaine et la résilience écologique.
Le programme de 81 870 m² conjugue bureaux, hôtel et commerces, typologies habituellement traitées comme des volumes autonomes. Nous avons choisi de les tisser dans une **trame paysagère continue**, où chaque fonction bénéficie d'un rapport direct au végétal et à la lumière naturelle. Cette mixité programmatique répond aux mutations du travail contemporain : l'hôtel accueille salariés nomades et collaborateurs internationaux, les commerces irriguent le rez-de-chaussée pour créer un socle urbain actif, les bureaux se déploient en plateaux flexibles ouverts sur des terrasses plantées. Plutôt qu'un empilement fonctionnel, nous avons conçu un **écosystème tertiaire** où la porosité entre usages favorise les échanges, les rencontres fortuites, la sérendipité propice à l'innovation.
Le parti architectural repose sur une **topographie construite** qui prolonge naturellement la pente du coteau. Le bâtiment s'étage en larges terrasses végétalisées, descendant progressivement vers la ville, comme une continuation minérale et habitée du relief naturel. Cette coupe en gradins permet à chaque niveau de bénéficier d'un accès extérieur généreux, transformant ce qui aurait pu être un volume compact en une succession d'**horizons habitables**. Les patios creusés au cœur du bâtiment fonctionnent comme des respirations verticales, irriguant les espaces intérieurs de lumière zénithale et créant des micro-climats protégés. Ces vides stratégiques ne sont pas de simples puits de lumière : ils constituent de véritables **chambres écologiques**, abritées des nuisances autoroutières, où se déploient des programmes partagés, salles de réunion informelles, espaces de détente, jardins potagers collectifs.
La matérialité d'Ecotone repose sur un **système d'épiderme vivant** qui enveloppe l'intégralité des façades. Une double peau de verre et de végétal protège le bâtiment des nuisances acoustiques et thermiques de l'autoroute tout en maintenant une transparence visuelle sur le paysage. Cette façade filtrante, inspirée des moucharabiehs contemporains, n'est pas un ornement mais une **infrastructure climatique active** : elle tamporise les variations thermiques, capte les eaux pluviales pour l'irrigation, abrite une biodiversité aviaire et entomologique. Les structures porteuses en béton bas-carbone sont minimisées au profit de poteaux ponctuels libérant de vastes plateaux flexibles. Les terrasses, traitées comme des dalles jardinières de forte épaisseur, reçoivent des substrats différenciés selon l'exposition et les essences plantées, graminées résistantes côté autoroute, arbustes fruitiers dans les patios protégés, plantes grimpantes sur les façades verticales. Cette **stratification végétale** crée une profondeur visuelle et sensorielle qui évolue au rythme des saisons : floraisons printanières, feuillages d'été, couleurs automnales, structures hivernales.
Notre démarche environnementale dépasse la simple performance énergétique pour embrasser une **écologie intégrale**. L'orientation des terrasses et la profondeur des débords sont calculées pour optimiser les apports solaires passifs en hiver tout en protégeant du rayonnement estival. Les patios fonctionnent comme des cheminées thermiques naturelles, évacuant l'air chaud par tirage et créant des courants de ventilation traversante. La gestion des eaux pluviales est intégralement internalisée : collecte en toiture, stockage en citernes enterrées, redistribution pour l'arrosage des 15 000 m² de surfaces végétalisées. Les matériaux biosourcés, bois pour les brise-soleil, terre crue pour certains cloisonnements intérieurs, réduisent l'énergie grise du projet. Mais l'ambition dépasse la technique : en créant une **continuité écologique** entre le parc du coteau et les terrasses habitées, Ecotone devient un corridor biologique qui compense la fragmentation urbaine. Nichoirs intégrés, essences mellifères, absence de pesticides : nous concevons le bâtiment comme un **écotone** au sens écologique du terme, cette zone de transition où se rencontrent et se mêlent deux écosystèmes distincts, créant une biodiversité supérieure à la somme des parties.
Les passerelles aériennes qui relient certains plateaux aux niveaux R+4 et R+5 ne sont pas de simples circulations : elles matérialisent l'**horizontalité collaborative** que nous privilégions face à la verticalité hiérarchique des tours traditionnelles. Suspendues au-dessus des patios, elles offrent des points de vue plongeants sur les jardins intérieurs, rappelant constamment la présence du vivant. Ces espaces de déambulation deviennent des lieux de rencontre informelle, de pause, de décompression visuelle, essentiels au bien-être et à la créativité des travailleurs tertiaires.
En phase de permis de construire depuis 2017 pour une livraison programmée en 2025, Ecotone incarne notre conviction que l'architecture tertiaire peut et doit devenir un **agent de régénération écologique** plutôt qu'un consommateur de ressources. Dans un contexte métropolitain dense et contraint, nous démontrons qu'il est possible de construire massivement tout en augmentant la présence du vivant, en améliorant le confort des usagers et en réduisant l'empreinte environnementale. Le bâtiment ne s'oppose plus au paysage : il en devient une extension habitée, un fragment de nature cultivée où travail, hospitalité et commerce coexistent dans un équilibre dynamique. Ce projet constitue pour nous un manifeste : l'architecture biophilique n'est pas un luxe décoratif mais une nécessité existentielle, la condition d'une urbanité future capable d'accueillir simultanément l'intensité métropolitaine et la résilience écologique.
- Lieu
- Villiers-sur-Marne, France
- Nature
- Logements
- Surface
- 16 549 m²
- Budget
- 28 M€ HT
- Concours
- 2017
- MOA
- Compagnie de Phalsbourg, Codeur & Compagnie, Emerige