La Perverie, Nantes
Ensemble résidentiel La Perverie à Nantes, architecture ancrée dans son contexte, schémas urbains et perspectives végétalisées.
À Nantes, le projet La Perverie s'inscrit dans un tissu urbain en mutation, où l'équilibre entre densification et préservation du paysage existant constitue l'enjeu principal. Nous avons abordé ce site comme un fragment de ville à composer, en tenant compte de la trame parcellaire historique, des continuités végétales et des points de vue depuis l'espace public. L'architecture que nous proposons n'affirme pas une présence monumentale, elle se construit plutôt par sédimentation, par une série de décisions qui dialoguent avec le contexte plutôt qu'elles ne le dominent.
Le programme résidentiel appelle une réflexion sur la densité contemporaine, cette notion souvent mal comprise qui oscille entre concentration excessive et dilution stérile. Nous avons cherché une forme de **densité mesurée**, capable de générer des usages variés sans sacrifier l'intimité des habitants ni la qualité des espaces communs. Le schéma d'implantation découle directement de cette ambition : il organise les volumes bâtis selon une logique de respiration, ménageant des percées visuelles depuis la rue et préservant les trames végétales qui structurent le quartier.
La composition urbaine repose sur un principe de **gradation spatiale**. Les bâtiments ne forment pas un front continu mais une série de séquences articulées, créant des seuils entre l'espace public et l'espace privé. Cette articulation permet de contrôler les vues, d'éviter les vis-à-vis directs et de constituer des poches de verdure intermédiaires. Nous ne cherchons pas à isoler les logements du reste de la ville, au contraire, nous multiplions les points de contact tout en protégeant l'intimité nécessaire à l'habiter. Ce double mouvement, apparemment contradictoire, définit selon nous une architecture résidentielle pertinente pour la ville contemporaine.
La matérialité du projet participe de cette recherche d'équilibre. Nous avons privilégié des matériaux sobres, capables de vieillir dignement, qui ne cherchent pas à séduire par l'effet mais qui construisent une présence pérenne. Les façades travaillent la modulation de la lumière naturelle, alternant surfaces lisses et textures plus marquées, créant une vibration subtile selon les heures du jour. Cette attention portée à la **variabilité de l'apparence** dans le temps long contraste avec une certaine tendance à figer l'architecture dans une image fixe, immuable.
Les logements eux-mêmes ont été pensés pour offrir des qualités d'usage réelles, au-delà des normes minimales. Les plans privilégient la fluidité des espaces de vie, la générosité des ouvertures et la multiplicité des orientations. Chaque unité bénéficie d'un prolongement extérieur, balcon, loggia ou terrasse, qui n'est pas un simple appendice réglementaire mais un véritable espace habitable, protégé des vues et du vent, orienté selon les meilleures expositions. Cette conception des espaces extérieurs privatifs participe d'une réflexion plus large sur l'habitabilité en milieu dense, où l'accès à l'air libre et à la lumière naturelle constitue un enjeu de santé publique autant que de confort.
Le projet intègre une **démarche environnementale** qui ne se limite pas à l'application de labels ou de certifications. Nous avons travaillé sur la compacité des volumes pour limiter les déperditions thermiques, sur l'orientation des bâtiments pour maximiser les apports solaires passifs en hiver et les protections naturelles en été. Les espaces extérieurs sont traités comme des dispositifs bioclimatiques à part entière : la végétation n'est pas décorative, elle participe activement à la régulation thermique, à la gestion des eaux pluviales et à la biodiversité urbaine. Les essences plantées ont été choisies pour leur résilience face au changement climatique et leur capacité à créer des microclimats favorables aux usagers.
La question de l'eau traverse également le projet. Nous avons conçu les sols extérieurs pour favoriser l'infiltration naturelle, limiter le ruissellement et alimenter les nappes phréatiques. Les toitures végétalisées complètent ce dispositif en retenant une partie des précipitations et en créant des îlots de fraîcheur en période estivale. Cette approche systémique de la gestion de l'eau s'inscrit dans une vision élargie de l'architecture, où le bâtiment n'est plus un objet autonome mais un élément intégré à un cycle écologique plus vaste.
Les espaces communs, souvent négligés dans les opérations de logement, ont fait l'objet d'une attention particulière. Halls d'entrée, circulations verticales et horizontales, locaux partagés sont conçus comme des lieux de vie à part entière, pas simplement comme des espaces résiduels. Leur traitement matériel et lumineux cherche à créer une atmosphère accueillante, à favoriser les rencontres fortuites entre habitants sans forcer l'échange. Cette **architecture de la discrétion** nous semble essentielle pour constituer une communauté d'usagers sans imposer un modèle de sociabilité.
Le projet La Perverie représente pour nous une opportunité de démontrer qu'une architecture résidentielle peut être à la fois exigeante et accessible, contemporaine sans être démonstrative, dense sans être oppressante. Elle ne cherche pas à faire événement mais à construire un fragment de ville durable, capable d'accueillir des vies diverses et d'évoluer avec ses habitants dans la durée. C'est cette ambition modeste, presque silencieuse, qui guide notre pratique architecturale quotidienne.
Le programme résidentiel appelle une réflexion sur la densité contemporaine, cette notion souvent mal comprise qui oscille entre concentration excessive et dilution stérile. Nous avons cherché une forme de **densité mesurée**, capable de générer des usages variés sans sacrifier l'intimité des habitants ni la qualité des espaces communs. Le schéma d'implantation découle directement de cette ambition : il organise les volumes bâtis selon une logique de respiration, ménageant des percées visuelles depuis la rue et préservant les trames végétales qui structurent le quartier.
La composition urbaine repose sur un principe de **gradation spatiale**. Les bâtiments ne forment pas un front continu mais une série de séquences articulées, créant des seuils entre l'espace public et l'espace privé. Cette articulation permet de contrôler les vues, d'éviter les vis-à-vis directs et de constituer des poches de verdure intermédiaires. Nous ne cherchons pas à isoler les logements du reste de la ville, au contraire, nous multiplions les points de contact tout en protégeant l'intimité nécessaire à l'habiter. Ce double mouvement, apparemment contradictoire, définit selon nous une architecture résidentielle pertinente pour la ville contemporaine.
La matérialité du projet participe de cette recherche d'équilibre. Nous avons privilégié des matériaux sobres, capables de vieillir dignement, qui ne cherchent pas à séduire par l'effet mais qui construisent une présence pérenne. Les façades travaillent la modulation de la lumière naturelle, alternant surfaces lisses et textures plus marquées, créant une vibration subtile selon les heures du jour. Cette attention portée à la **variabilité de l'apparence** dans le temps long contraste avec une certaine tendance à figer l'architecture dans une image fixe, immuable.
Les logements eux-mêmes ont été pensés pour offrir des qualités d'usage réelles, au-delà des normes minimales. Les plans privilégient la fluidité des espaces de vie, la générosité des ouvertures et la multiplicité des orientations. Chaque unité bénéficie d'un prolongement extérieur, balcon, loggia ou terrasse, qui n'est pas un simple appendice réglementaire mais un véritable espace habitable, protégé des vues et du vent, orienté selon les meilleures expositions. Cette conception des espaces extérieurs privatifs participe d'une réflexion plus large sur l'habitabilité en milieu dense, où l'accès à l'air libre et à la lumière naturelle constitue un enjeu de santé publique autant que de confort.
Le projet intègre une **démarche environnementale** qui ne se limite pas à l'application de labels ou de certifications. Nous avons travaillé sur la compacité des volumes pour limiter les déperditions thermiques, sur l'orientation des bâtiments pour maximiser les apports solaires passifs en hiver et les protections naturelles en été. Les espaces extérieurs sont traités comme des dispositifs bioclimatiques à part entière : la végétation n'est pas décorative, elle participe activement à la régulation thermique, à la gestion des eaux pluviales et à la biodiversité urbaine. Les essences plantées ont été choisies pour leur résilience face au changement climatique et leur capacité à créer des microclimats favorables aux usagers.
La question de l'eau traverse également le projet. Nous avons conçu les sols extérieurs pour favoriser l'infiltration naturelle, limiter le ruissellement et alimenter les nappes phréatiques. Les toitures végétalisées complètent ce dispositif en retenant une partie des précipitations et en créant des îlots de fraîcheur en période estivale. Cette approche systémique de la gestion de l'eau s'inscrit dans une vision élargie de l'architecture, où le bâtiment n'est plus un objet autonome mais un élément intégré à un cycle écologique plus vaste.
Les espaces communs, souvent négligés dans les opérations de logement, ont fait l'objet d'une attention particulière. Halls d'entrée, circulations verticales et horizontales, locaux partagés sont conçus comme des lieux de vie à part entière, pas simplement comme des espaces résiduels. Leur traitement matériel et lumineux cherche à créer une atmosphère accueillante, à favoriser les rencontres fortuites entre habitants sans forcer l'échange. Cette **architecture de la discrétion** nous semble essentielle pour constituer une communauté d'usagers sans imposer un modèle de sociabilité.
Le projet La Perverie représente pour nous une opportunité de démontrer qu'une architecture résidentielle peut être à la fois exigeante et accessible, contemporaine sans être démonstrative, dense sans être oppressante. Elle ne cherche pas à faire événement mais à construire un fragment de ville durable, capable d'accueillir des vies diverses et d'évoluer avec ses habitants dans la durée. C'est cette ambition modeste, presque silencieuse, qui guide notre pratique architecturale quotidienne.
- Lieu
- Nantes, France
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- Concours
- 2021
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