La Madeleine
Conscient des enjeux de coutures urbaines et paysagères mais aussi des dynamiques d’aménagement en cours (restructuration de la rocade, réalisation du TGI), le projet propose de définir une structuration urbaine et architecturale s’appuyant sur l’intégration et la réinterprétation des existants.
Le site du Tir à l'Arc, à La Madeleine, incarne cette catégorie d'espaces interstitiels qui portent en eux la mémoire fragmentée d'une ville en perpétuelle recomposition. Bordé par la rue du Chaufour et les axes structurants que sont l'avenue Paul Doumer et l'avenue du Général de Gaulle, ce terrain de 24 500 m² se situe au cœur de multiples dynamiques urbaines : la restructuration imminente de la rocade, la réalisation du TGI, et plus largement, la redéfinition des rapports entre centre et périphérie dans la métropole lilloise. Nous avons abordé ce projet de concours en 2017 avec la conviction que toute intervention devait d'abord révéler ce qui existe déjà, cette **épaisseur temporelle** et ces **strates paysagères** qui font la spécificité du lieu. Il ne s'agissait pas d'imposer un geste spectaculaire, mais d'opérer une **couture urbaine** capable de relier des tissus hétérogènes tout en anticipant les transformations à venir.
La question première était celle de la préservation. Le site conserve une façade paysagère marquée par la présence historique du tir à l'arc, une respiration végétale rare dans un contexte urbain densifié. Plutôt que de la sacrifier au profit d'une densification aveugle, nous avons choisi de la **recomposer**, de l'intégrer comme élément fondateur d'une **trame verte métropolitaine** qui traverse l'ensemble du projet. Cette séquence paysagère n'est pas un simple décor, elle constitue l'armature structurante du programme mixte (logements, commerces, bureaux), un filtre végétal qui organise les transitions et préserve une dimension récréative et sportive. Dans une époque où la question de la ville habitée se confond avec celle de la ville respirable, cette strate verte devient un espace commun, un bien partagé qui dépasse la simple fonction ornementale pour devenir **infrastructure du quotidien**.
Sur la rue du Chaufour, le tissu existant se caractérise par une typologie singulière : des maisons en lanières, étroites et profondes, qui témoignent d'un mode d'urbanisation hérité du XIXe siècle. Nous avons pris le parti de **réinterpréter** cette morphologie plutôt que de la nier. Le projet propose ainsi une relecture contemporaine de ces lanières, jouant sur l'alternance des pleins et des vides, sur la verticalité des volumes et sur l'articulation entre espace domestique et espace collectif. Cette stratégie permet de **coudre** le nouveau projet au tissu ancien sans pastiche, en affirmant une filiation typologique tout en introduisant des matérialités et des modes constructifs contemporains. Les façades dialoguent avec le gabarit existant, mais s'émancipent par leur traitement, leur porosité, leur capacité à laisser pénétrer la lumière et le végétal.
Le programme mixte (logements, commerces, bureaux) répond à une logique de **densité vertueuse**, celle qui produit de l'urbanité sans congestion, qui permet la cohabitation des usages sans les confondre. Les commerces en pied d'immeuble animent les axes d'entrée de ville, créent une continuité avec les centralités existantes. Les bureaux s'insèrent dans une logique de proximité, permettant de limiter les déplacements métropolitains et de renforcer la mixité fonctionnelle du quartier. Les logements, enfin, occupent les étages supérieurs, bénéficiant de la tranquillité relative offerte par la trame verte et des vues dégagées sur le grand paysage urbain. Cette stratification programmatique n'est pas une simple superposition, elle organise une **gradation spatiale** qui va du plus public au plus intime, du plus urbain au plus paysager.
L'espace de transition que nous avons cherché à définir entre les différents tissus cadrant les axes Paul Doumer et Général de Gaulle n'est pas un vide résiduel, mais un **espace actif**, un seuil habité. Ce projet anticipe des projets en cours, s'inscrit dans différentes échelles de temps. Nous refusons l'idée d'une architecture figée, achevée une fois livrée. Au contraire, nous avons conçu un dispositif spatial capable d'**absorber les transformations futures**, de s'ajuster aux nouvelles infrastructures, de dialoguer avec des édifices qui n'existent pas encore. Cette philosophie projectuelle pose le site comme un **lieu de passage et de destination**, un entre-deux connecté et connectant, partie prenante d'un parcours métropolitain qui ne se limite pas aux limites cadastrales du projet.
La matérialité du projet reflète cette ambition de sobriété et de réversibilité. Nous avons privilégié des systèmes constructifs rationnels, des matériaux durables (béton apparent, bois, métal), capables de vieillir dignement et d'être réemployés. Les façades jouent sur la **profondeur**, sur l'articulation entre structure et enveloppe, offrant des espaces intermédiaires (balcons, coursives, terrasses) qui prolongent l'espace domestique et participent à la régulation thermique des bâtiments. La question environnementale n'est pas traitée comme un supplément technique, mais comme une **dimension constitutive** du parti architectural. La trame verte participe à la gestion des eaux pluviales, à la régulation des îlots de chaleur, à la biodiversité urbaine. Les orientations, les percées visuelles, les masques solaires sont autant de paramètres qui ont informé la forme même des volumes.
Ce projet, resté à l'état de concours, témoigne d'une ambition : celle de faire de l'architecture un **outil de cohérence urbaine**, capable de relier des fragments, de valoriser l'existant, d'anticiper les transformations. La Madeleine, site du Tir à l'Arc, aurait pu devenir ce lieu interstitiel où se nouent les fils d'une métropole en devenir, où la mémoire paysagère dialogue avec les dynamiques contemporaines, où l'architecture assume pleinement son rôle de médiation entre l'individu et le territoire.
La question première était celle de la préservation. Le site conserve une façade paysagère marquée par la présence historique du tir à l'arc, une respiration végétale rare dans un contexte urbain densifié. Plutôt que de la sacrifier au profit d'une densification aveugle, nous avons choisi de la **recomposer**, de l'intégrer comme élément fondateur d'une **trame verte métropolitaine** qui traverse l'ensemble du projet. Cette séquence paysagère n'est pas un simple décor, elle constitue l'armature structurante du programme mixte (logements, commerces, bureaux), un filtre végétal qui organise les transitions et préserve une dimension récréative et sportive. Dans une époque où la question de la ville habitée se confond avec celle de la ville respirable, cette strate verte devient un espace commun, un bien partagé qui dépasse la simple fonction ornementale pour devenir **infrastructure du quotidien**.
Sur la rue du Chaufour, le tissu existant se caractérise par une typologie singulière : des maisons en lanières, étroites et profondes, qui témoignent d'un mode d'urbanisation hérité du XIXe siècle. Nous avons pris le parti de **réinterpréter** cette morphologie plutôt que de la nier. Le projet propose ainsi une relecture contemporaine de ces lanières, jouant sur l'alternance des pleins et des vides, sur la verticalité des volumes et sur l'articulation entre espace domestique et espace collectif. Cette stratégie permet de **coudre** le nouveau projet au tissu ancien sans pastiche, en affirmant une filiation typologique tout en introduisant des matérialités et des modes constructifs contemporains. Les façades dialoguent avec le gabarit existant, mais s'émancipent par leur traitement, leur porosité, leur capacité à laisser pénétrer la lumière et le végétal.
Le programme mixte (logements, commerces, bureaux) répond à une logique de **densité vertueuse**, celle qui produit de l'urbanité sans congestion, qui permet la cohabitation des usages sans les confondre. Les commerces en pied d'immeuble animent les axes d'entrée de ville, créent une continuité avec les centralités existantes. Les bureaux s'insèrent dans une logique de proximité, permettant de limiter les déplacements métropolitains et de renforcer la mixité fonctionnelle du quartier. Les logements, enfin, occupent les étages supérieurs, bénéficiant de la tranquillité relative offerte par la trame verte et des vues dégagées sur le grand paysage urbain. Cette stratification programmatique n'est pas une simple superposition, elle organise une **gradation spatiale** qui va du plus public au plus intime, du plus urbain au plus paysager.
L'espace de transition que nous avons cherché à définir entre les différents tissus cadrant les axes Paul Doumer et Général de Gaulle n'est pas un vide résiduel, mais un **espace actif**, un seuil habité. Ce projet anticipe des projets en cours, s'inscrit dans différentes échelles de temps. Nous refusons l'idée d'une architecture figée, achevée une fois livrée. Au contraire, nous avons conçu un dispositif spatial capable d'**absorber les transformations futures**, de s'ajuster aux nouvelles infrastructures, de dialoguer avec des édifices qui n'existent pas encore. Cette philosophie projectuelle pose le site comme un **lieu de passage et de destination**, un entre-deux connecté et connectant, partie prenante d'un parcours métropolitain qui ne se limite pas aux limites cadastrales du projet.
La matérialité du projet reflète cette ambition de sobriété et de réversibilité. Nous avons privilégié des systèmes constructifs rationnels, des matériaux durables (béton apparent, bois, métal), capables de vieillir dignement et d'être réemployés. Les façades jouent sur la **profondeur**, sur l'articulation entre structure et enveloppe, offrant des espaces intermédiaires (balcons, coursives, terrasses) qui prolongent l'espace domestique et participent à la régulation thermique des bâtiments. La question environnementale n'est pas traitée comme un supplément technique, mais comme une **dimension constitutive** du parti architectural. La trame verte participe à la gestion des eaux pluviales, à la régulation des îlots de chaleur, à la biodiversité urbaine. Les orientations, les percées visuelles, les masques solaires sont autant de paramètres qui ont informé la forme même des volumes.
Ce projet, resté à l'état de concours, témoigne d'une ambition : celle de faire de l'architecture un **outil de cohérence urbaine**, capable de relier des fragments, de valoriser l'existant, d'anticiper les transformations. La Madeleine, site du Tir à l'Arc, aurait pu devenir ce lieu interstitiel où se nouent les fils d'une métropole en devenir, où la mémoire paysagère dialogue avec les dynamiques contemporaines, où l'architecture assume pleinement son rôle de médiation entre l'individu et le territoire.
- Lieu
- La Madeleine, site du Tir à L’Arc
- Nature
- Mixte
- Surface
- 24 500 m²
- Budget
- Confidentiel
- Concours
- 2017
- MOA
- Aténor