Jardins Flottants
L’ambition principale de notre projet est de redonner sa place première à la nature. Le cadre exceptionnel du site nous livre tous les éléments nécessaires à cette quête. La proximité de lieux emblématiques niçois tels la plaine du Var, le massif du Mercantour, la Baie des Anges, la vallée du Var et le Mont Boron et à une échelle plus proche le parc situé en contrebas de notre bâtiment nous ont donc conduit à réaliser un projet en connexion totale avec la nature.
# Jardins Flottants
Nous avons conçu ce projet pour Nice comme une **réconciliation entre le bâti dense et le végétal omniprésent**, entre l'artificiel et le vivant. Le site se trouve à la croisée de plusieurs échelles de paysage : la plaine du Var à l'ouest, le massif du Mercantour qui se dessine en arrière-plan, la Baie des Anges au sud, la vallée fertile qui irrigue la métropole niçoise, et le Mont Boron qui domine l'horizon. À une échelle plus intime, un parc s'étend en contrebas de la parcelle, offrant une respiration verte dans un tissu urbain en mutation. Notre ambition principale était donc de redonner sa place première à la nature, non pas comme un décor appliqué, mais comme une **structure spatiale et climatique** du projet lui-même.
Le cadre exceptionnel du site nous a livré tous les éléments nécessaires à cette quête. Plutôt que d'imposer une forme autonome, nous avons élaboré un principe de **cadrage sélectif** sur la ville et le paysage. Il s'agissait de construire des ouvertures orientées, des percées visuelles qui captent la vallée au nord, le parc en contrebas, les lointains montagneux, tout en ménageant des respirations intérieures pour les habitants. Le bâtiment devient ainsi un dispositif optique, un filtre entre la densité urbaine et la générosité du territoire niçois.
Le programme est **mixte et hybride**, une condition que nous recherchons souvent pour créer de la vitalité urbaine. Le rez-de-chaussée accueille un ensemble de commerces qui activent la rue et établissent une porosité avec l'espace public. Les étages supérieurs abritent des logements, sociaux et libres, ainsi qu'une résidence de tourisme d'affaires. Un parking en sous-sol dessert les habitants sans encombrer la surface. Cette stratification programmatique permet d'articuler des échelles de vie différentes, du passage rapide du passant à la lenteur du quotidien résidentiel.
Les façades du bâtiment répondent à une dualité assumée. Sur l'espace public, elles sont **lisses et tramées**, s'inscrivant dans une continuité avec les autres bâtiments de la pièce urbaine. Cette régularité apparente masque une sophistication progressive : la trame s'agrandit en montant, créant des cadres de vue de plus en plus généreux vers le ciel et la vallée. C'est une manière de négocier l'échelle urbaine au sol tout en offrant de la liberté visuelle en hauteur, là où le regard peut embrasser le grand paysage sans obstacle. Sur l'autre face, en cœur d'îlot, les façades **se projettent vers la nature**, se fragmentent, se creusent, créant un univers particulier fait d'ombre, de calme et de végétation débordante. Cette dualité n'est pas seulement formelle, elle engage des modes d'habiter distincts : l'appartenance à la rue d'un côté, le repli contemplatif de l'autre.
La matérialité des façades a été envisagée au regard des **situations urbaines rencontrées**. Sur la rue, nous avons privilégié une sobriété constructive qui ne cherche pas l'effet immédiat. En revanche, sur les terrasses côté sud, nous avons déployé un système de **« jardins flottants »** encadrés par de la tôle perforée. Ce matériau, à la fois technique et léger, entre en résonance avec le paysage urbain niçois, avec ses balustrades industrielles, ses clôtures métalliques, son héritage portuaire et ferroviaire. La tôle perforée n'est pas un geste décoratif : elle agit comme un filtre climatique, atténue l'ensoleillement violent de l'été, tamise la lumière, protège l'intimité tout en préservant la vue.
Nous avons travaillé attentivement la couleur et le traitement de ces encadrements. L'extérieur des terrasses est blanc, discret, presque neutre, s'effaçant dans la luminosité azuréenne. L'intérieur, en revanche, est **doré**, une teinte chaude qui rappelle le reflet des rayons du soleil méditerranéen sur les façades ocre de la vieille ville, sur la mer en fin d'après-midi, sur les tuiles vernies des toits. Ce choix chromatique crée un **paysage onirique** pour celui qui habite : en levant les yeux depuis sa terrasse, le résident voit la végétation se détacher sur un fond doré, presque irréel, qui change selon l'heure et la saison. La tôle perforée, par ses jeux d'ombre portée et de lumière filtrée, amplifie cette sensation d'être dans un espace intermédiaire, ni tout à fait dedans ni tout à fait dehors.
Au nord, les logements **traversants** bénéficient de grandes ouvertures qui donnent directement sur la vallée. Ces vues ne sont pas anecdotiques : elles inscrivent chaque appartement dans le grand territoire, offrent une profondeur de champ qui élargit mentalement l'espace domestique. Le matin, la lumière du levant pénètre jusqu'au cœur des pièces. Le soir, le regard peut se perdre vers les montagnes qui bleuissent dans la pénombre. Cette **porosité visuelle** est pour nous une condition essentielle du confort résidentiel.
La façade sud, quant à elle, est habillée avec ces « terrasses encadrées » qui évoquent les **alvéoles d'une ruche**, une métaphore autant formelle qu'écologique. Chaque terrasse accueille une végétation généreuse, arbustes, grimpantes, plantes aromatiques, qui débordent des jardinières et créent une masse verte mouvante, vivante. Durant l'été, ces masses végétales opèrent comme un **écran de fraîcheur** : elles ombrent les baies vitrées, elles évapotranspirent, elles abaissent la température ressentie de plusieurs degrés. En hiver, les feuillages caducs laissent passer le soleil, réchauffant naturellement les intérieurs. Ce dispositif est un exemple de **régulation climatique passive**, qui réduit les besoins en climatisation et en chauffage, tout en offrant aux habitants un contact quotidien avec le végétal.
La présence d'une végétation abondante et diversifiée à l'extérieur et à l'intérieur du bâtiment permet de **prolonger le parc sur le bâtiment**, de créer une continuité écologique entre le sol et l'altitude. Ce n'est pas un jardin suspendu symbolique, mais une vraie infrastructure verte qui participe à la biodiversité urbaine, offre des refuges pour les oiseaux, les insectes pollinisateurs, contribue à la captation du carbone et à la gestion des eaux pluviales. Les terrasses sont conçues avec des substrats de plantation suffisamment profonds pour permettre l'enracinement d'essences pérennes, et un système d'arrosage intégré limite le gaspillage d'eau.
Ce projet de concours, bien que non réalisé, reste pour nous une **exploration fertile** de ce que peut être un habitat urbain dense qui ne renonce pas à la nature, qui en fait même une composante structurelle, spatiale, sensorielle et climatique. Les Jardins Flottants portent une conviction : celle qu'on peut, même sur une parcelle contrainte, dans un contexte urbain saturé, inventer des modes d'habiter où le végétal n'est ni accessoire ni cosmétique, mais constitutif de l'architecture elle-même.
Nous avons conçu ce projet pour Nice comme une **réconciliation entre le bâti dense et le végétal omniprésent**, entre l'artificiel et le vivant. Le site se trouve à la croisée de plusieurs échelles de paysage : la plaine du Var à l'ouest, le massif du Mercantour qui se dessine en arrière-plan, la Baie des Anges au sud, la vallée fertile qui irrigue la métropole niçoise, et le Mont Boron qui domine l'horizon. À une échelle plus intime, un parc s'étend en contrebas de la parcelle, offrant une respiration verte dans un tissu urbain en mutation. Notre ambition principale était donc de redonner sa place première à la nature, non pas comme un décor appliqué, mais comme une **structure spatiale et climatique** du projet lui-même.
Le cadre exceptionnel du site nous a livré tous les éléments nécessaires à cette quête. Plutôt que d'imposer une forme autonome, nous avons élaboré un principe de **cadrage sélectif** sur la ville et le paysage. Il s'agissait de construire des ouvertures orientées, des percées visuelles qui captent la vallée au nord, le parc en contrebas, les lointains montagneux, tout en ménageant des respirations intérieures pour les habitants. Le bâtiment devient ainsi un dispositif optique, un filtre entre la densité urbaine et la générosité du territoire niçois.
Le programme est **mixte et hybride**, une condition que nous recherchons souvent pour créer de la vitalité urbaine. Le rez-de-chaussée accueille un ensemble de commerces qui activent la rue et établissent une porosité avec l'espace public. Les étages supérieurs abritent des logements, sociaux et libres, ainsi qu'une résidence de tourisme d'affaires. Un parking en sous-sol dessert les habitants sans encombrer la surface. Cette stratification programmatique permet d'articuler des échelles de vie différentes, du passage rapide du passant à la lenteur du quotidien résidentiel.
Les façades du bâtiment répondent à une dualité assumée. Sur l'espace public, elles sont **lisses et tramées**, s'inscrivant dans une continuité avec les autres bâtiments de la pièce urbaine. Cette régularité apparente masque une sophistication progressive : la trame s'agrandit en montant, créant des cadres de vue de plus en plus généreux vers le ciel et la vallée. C'est une manière de négocier l'échelle urbaine au sol tout en offrant de la liberté visuelle en hauteur, là où le regard peut embrasser le grand paysage sans obstacle. Sur l'autre face, en cœur d'îlot, les façades **se projettent vers la nature**, se fragmentent, se creusent, créant un univers particulier fait d'ombre, de calme et de végétation débordante. Cette dualité n'est pas seulement formelle, elle engage des modes d'habiter distincts : l'appartenance à la rue d'un côté, le repli contemplatif de l'autre.
La matérialité des façades a été envisagée au regard des **situations urbaines rencontrées**. Sur la rue, nous avons privilégié une sobriété constructive qui ne cherche pas l'effet immédiat. En revanche, sur les terrasses côté sud, nous avons déployé un système de **« jardins flottants »** encadrés par de la tôle perforée. Ce matériau, à la fois technique et léger, entre en résonance avec le paysage urbain niçois, avec ses balustrades industrielles, ses clôtures métalliques, son héritage portuaire et ferroviaire. La tôle perforée n'est pas un geste décoratif : elle agit comme un filtre climatique, atténue l'ensoleillement violent de l'été, tamise la lumière, protège l'intimité tout en préservant la vue.
Nous avons travaillé attentivement la couleur et le traitement de ces encadrements. L'extérieur des terrasses est blanc, discret, presque neutre, s'effaçant dans la luminosité azuréenne. L'intérieur, en revanche, est **doré**, une teinte chaude qui rappelle le reflet des rayons du soleil méditerranéen sur les façades ocre de la vieille ville, sur la mer en fin d'après-midi, sur les tuiles vernies des toits. Ce choix chromatique crée un **paysage onirique** pour celui qui habite : en levant les yeux depuis sa terrasse, le résident voit la végétation se détacher sur un fond doré, presque irréel, qui change selon l'heure et la saison. La tôle perforée, par ses jeux d'ombre portée et de lumière filtrée, amplifie cette sensation d'être dans un espace intermédiaire, ni tout à fait dedans ni tout à fait dehors.
Au nord, les logements **traversants** bénéficient de grandes ouvertures qui donnent directement sur la vallée. Ces vues ne sont pas anecdotiques : elles inscrivent chaque appartement dans le grand territoire, offrent une profondeur de champ qui élargit mentalement l'espace domestique. Le matin, la lumière du levant pénètre jusqu'au cœur des pièces. Le soir, le regard peut se perdre vers les montagnes qui bleuissent dans la pénombre. Cette **porosité visuelle** est pour nous une condition essentielle du confort résidentiel.
La façade sud, quant à elle, est habillée avec ces « terrasses encadrées » qui évoquent les **alvéoles d'une ruche**, une métaphore autant formelle qu'écologique. Chaque terrasse accueille une végétation généreuse, arbustes, grimpantes, plantes aromatiques, qui débordent des jardinières et créent une masse verte mouvante, vivante. Durant l'été, ces masses végétales opèrent comme un **écran de fraîcheur** : elles ombrent les baies vitrées, elles évapotranspirent, elles abaissent la température ressentie de plusieurs degrés. En hiver, les feuillages caducs laissent passer le soleil, réchauffant naturellement les intérieurs. Ce dispositif est un exemple de **régulation climatique passive**, qui réduit les besoins en climatisation et en chauffage, tout en offrant aux habitants un contact quotidien avec le végétal.
La présence d'une végétation abondante et diversifiée à l'extérieur et à l'intérieur du bâtiment permet de **prolonger le parc sur le bâtiment**, de créer une continuité écologique entre le sol et l'altitude. Ce n'est pas un jardin suspendu symbolique, mais une vraie infrastructure verte qui participe à la biodiversité urbaine, offre des refuges pour les oiseaux, les insectes pollinisateurs, contribue à la captation du carbone et à la gestion des eaux pluviales. Les terrasses sont conçues avec des substrats de plantation suffisamment profonds pour permettre l'enracinement d'essences pérennes, et un système d'arrosage intégré limite le gaspillage d'eau.
Ce projet de concours, bien que non réalisé, reste pour nous une **exploration fertile** de ce que peut être un habitat urbain dense qui ne renonce pas à la nature, qui en fait même une composante structurelle, spatiale, sensorielle et climatique. Les Jardins Flottants portent une conviction : celle qu'on peut, même sur une parcelle contrainte, dans un contexte urbain saturé, inventer des modes d'habiter où le végétal n'est ni accessoire ni cosmétique, mais constitutif de l'architecture elle-même.
- Lieu
- Nice, France
- Nature
- Logements
- Surface
- 11 122 m²
- Budget
- Confidentiel
- Concours
- 2017
- MOA
- Nexity