Fragonard, Avenue de Clichy
Transformation d'un îlot avenue de Clichy, logements, cafétéria et mezzanine suspendue courbe, signature architecturale urbaine.
# Fragonard, Avenue de Clichy
L'avenue de Clichy appartient à ces artères parisiennes qui portent encore l'empreinte des transformations haussmanniennes tout en ayant accumulé les strates du XXe siècle. Nous intervenons ici sur un îlot existant, avec la conscience qu'une transformation architecturale en milieu dense ne peut ignorer ni la mémoire du lieu ni les mutations urbaines en cours. Le quartier conserve cette énergie particulière des lisières nord de Paris, où se mêlent activités tertiaires, commerces de proximité et habitat. Notre projet pour cet ensemble mixte s'inscrit dans cette géographie vivante, avec l'ambition de réactiver l'îlot tout en tissant des continuités avec son environnement immédiat.
Le programme associe **logements**, **cafétéria** et **espaces partagés**, une mixité qui nous intéresse particulièrement dans un contexte parisien où les quartiers monofonctionnels montrent leurs limites. Nous cherchons à créer un lieu qui habite différemment le temps urbain, où les usages se croisent sans se confondre, où les habitants côtoient des travailleurs, où une pause-café peut devenir un moment de rencontre imprévu. Cette coexistence programmatique nous oblige à penser des seuils, des transitions spatiales qui permettent à chacun de trouver sa place sans que le lieu ne se fragmente en zones étanches.
La **mezzanine suspendue courbe** devient rapidement l'élément générateur du projet. Nous ne voulions pas d'un simple niveau intermédiaire, mais d'une *sculpture habitée* qui redessine l'espace intérieur et engage le corps dans une expérience spatiale. Cette structure suspendue libère le sol, créant une fluidité visuelle et fonctionnelle tout en proposant un point de vue décalé sur l'ensemble. La courbe n'est pas ici un geste gratuit, elle répond à une volonté de contrer la rigidité des trames existantes, d'introduire une douceur dans un environnement urbain souvent orthogonal. L'escalier qui y mène se transforme en **promenade architecturale**, moment de déambulation où l'on prend conscience de l'espace avant même d'arriver à destination.
Cette mezzanine dialogue avec la cafétéria située en rez-de-chaussée. Depuis le niveau supérieur, le regard plonge vers l'activité du café, créant une porosité entre les différents niveaux de vie du bâtiment. Nous pensons que l'architecture peut produire du collectif non pas en imposant des espaces de rencontre, mais en créant des *relations visuelles*, des perspectives qui rendent sensible la présence de l'autre. La courbe de la mezzanine accompagne cette idée, elle enveloppe sans enfermer, elle cadre sans cloisonner.
Sur le plan de la **matérialité**, nous travaillons avec l'existant plutôt que contre lui. Les façades de l'îlot portent les traces de multiples interventions, une stratigraphie que nous choisissons de ne pas effacer complètement. Notre démarche consiste à **recomposer** plutôt qu'à tabula rasa, à articuler ancien et nouveau dans une écriture qui assume l'hétérogénéité. Les matériaux sont choisis pour leur capacité à vieillir, à s'inscrire dans la durée, loin de l'esthétique de la nouveauté permanente. Les rythmes de fenêtres sont retravaillés, densifiés ou espacés selon les besoins programmatiques, tout en conservant une cohérence d'ensemble qui dialogue avec le tissu urbain alentour.
Cette attention au contexte se prolonge dans notre démarche environnementale. Transformer un bâtiment existant constitue en soi un acte écologique, évitant la démolition et la production massive de déchets. Nous optimisons les apports de lumière naturelle, notamment grâce à la géométrie de la mezzanine qui ne vient jamais obstruer les percées visuelles vers l'extérieur. Les espaces communs sont conçus pour favoriser une ventilation naturelle, limitant le recours à la climatisation. Chaque décision constructive est pesée à l'aune de son impact carbone, de sa réversibilité, de sa capacité à évoluer avec les usages futurs.
Le projet s'inscrit aussi dans une réflexion plus large sur **l'identité contemporaine** de l'architecture parisienne. Nous refusons le pastiche comme la rupture brutale. Il s'agit d'affirmer une présence architecturale qui reconnaît la mémoire du quartier sans s'y dissoudre, qui propose une écriture actuelle sans ostentation. Cette ligne de crête est difficile à tenir, elle demande une attention constante aux détails, aux proportions, aux transitions entre matériaux. La mezzanine courbe, par sa forte présence plastique, devient la *signature* de cette approche, un geste qui revendique sa contemporanéité tout en dialoguant avec la complexité du lieu.
Nous imaginons les futurs habitants et usagers de ce projet dans une relation renouvelée à l'espace collectif. La cafétéria devient un seuil entre rue et bâtiment, un lieu accessible qui ouvre l'îlot vers la ville. La mezzanine, avec son escalier-promenade, invite à ralentir, à prendre le temps d'un parcours qui n'est pas seulement fonctionnel mais aussi sensible. Les logements bénéficient de cette infrastructure commune sans en être prisonniers, ils gardent leur autonomie tout en appartenant à un ensemble partagé.
Avenue de Clichy, ce projet porte notre conviction que l'architecture urbaine contemporaine doit savoir composer avec l'existant, renouveler les typologies sans effacer la mémoire, créer du commun sans imposer, affirmer une identité forte tout en restant généreuse. La mezzanine suspendue, par sa plasticité et son usage, incarne cette ambition : être à la fois objet architectural affirmé et dispositif spatial au service de la vie collective.
L'avenue de Clichy appartient à ces artères parisiennes qui portent encore l'empreinte des transformations haussmanniennes tout en ayant accumulé les strates du XXe siècle. Nous intervenons ici sur un îlot existant, avec la conscience qu'une transformation architecturale en milieu dense ne peut ignorer ni la mémoire du lieu ni les mutations urbaines en cours. Le quartier conserve cette énergie particulière des lisières nord de Paris, où se mêlent activités tertiaires, commerces de proximité et habitat. Notre projet pour cet ensemble mixte s'inscrit dans cette géographie vivante, avec l'ambition de réactiver l'îlot tout en tissant des continuités avec son environnement immédiat.
Le programme associe **logements**, **cafétéria** et **espaces partagés**, une mixité qui nous intéresse particulièrement dans un contexte parisien où les quartiers monofonctionnels montrent leurs limites. Nous cherchons à créer un lieu qui habite différemment le temps urbain, où les usages se croisent sans se confondre, où les habitants côtoient des travailleurs, où une pause-café peut devenir un moment de rencontre imprévu. Cette coexistence programmatique nous oblige à penser des seuils, des transitions spatiales qui permettent à chacun de trouver sa place sans que le lieu ne se fragmente en zones étanches.
La **mezzanine suspendue courbe** devient rapidement l'élément générateur du projet. Nous ne voulions pas d'un simple niveau intermédiaire, mais d'une *sculpture habitée* qui redessine l'espace intérieur et engage le corps dans une expérience spatiale. Cette structure suspendue libère le sol, créant une fluidité visuelle et fonctionnelle tout en proposant un point de vue décalé sur l'ensemble. La courbe n'est pas ici un geste gratuit, elle répond à une volonté de contrer la rigidité des trames existantes, d'introduire une douceur dans un environnement urbain souvent orthogonal. L'escalier qui y mène se transforme en **promenade architecturale**, moment de déambulation où l'on prend conscience de l'espace avant même d'arriver à destination.
Cette mezzanine dialogue avec la cafétéria située en rez-de-chaussée. Depuis le niveau supérieur, le regard plonge vers l'activité du café, créant une porosité entre les différents niveaux de vie du bâtiment. Nous pensons que l'architecture peut produire du collectif non pas en imposant des espaces de rencontre, mais en créant des *relations visuelles*, des perspectives qui rendent sensible la présence de l'autre. La courbe de la mezzanine accompagne cette idée, elle enveloppe sans enfermer, elle cadre sans cloisonner.
Sur le plan de la **matérialité**, nous travaillons avec l'existant plutôt que contre lui. Les façades de l'îlot portent les traces de multiples interventions, une stratigraphie que nous choisissons de ne pas effacer complètement. Notre démarche consiste à **recomposer** plutôt qu'à tabula rasa, à articuler ancien et nouveau dans une écriture qui assume l'hétérogénéité. Les matériaux sont choisis pour leur capacité à vieillir, à s'inscrire dans la durée, loin de l'esthétique de la nouveauté permanente. Les rythmes de fenêtres sont retravaillés, densifiés ou espacés selon les besoins programmatiques, tout en conservant une cohérence d'ensemble qui dialogue avec le tissu urbain alentour.
Cette attention au contexte se prolonge dans notre démarche environnementale. Transformer un bâtiment existant constitue en soi un acte écologique, évitant la démolition et la production massive de déchets. Nous optimisons les apports de lumière naturelle, notamment grâce à la géométrie de la mezzanine qui ne vient jamais obstruer les percées visuelles vers l'extérieur. Les espaces communs sont conçus pour favoriser une ventilation naturelle, limitant le recours à la climatisation. Chaque décision constructive est pesée à l'aune de son impact carbone, de sa réversibilité, de sa capacité à évoluer avec les usages futurs.
Le projet s'inscrit aussi dans une réflexion plus large sur **l'identité contemporaine** de l'architecture parisienne. Nous refusons le pastiche comme la rupture brutale. Il s'agit d'affirmer une présence architecturale qui reconnaît la mémoire du quartier sans s'y dissoudre, qui propose une écriture actuelle sans ostentation. Cette ligne de crête est difficile à tenir, elle demande une attention constante aux détails, aux proportions, aux transitions entre matériaux. La mezzanine courbe, par sa forte présence plastique, devient la *signature* de cette approche, un geste qui revendique sa contemporanéité tout en dialoguant avec la complexité du lieu.
Nous imaginons les futurs habitants et usagers de ce projet dans une relation renouvelée à l'espace collectif. La cafétéria devient un seuil entre rue et bâtiment, un lieu accessible qui ouvre l'îlot vers la ville. La mezzanine, avec son escalier-promenade, invite à ralentir, à prendre le temps d'un parcours qui n'est pas seulement fonctionnel mais aussi sensible. Les logements bénéficient de cette infrastructure commune sans en être prisonniers, ils gardent leur autonomie tout en appartenant à un ensemble partagé.
Avenue de Clichy, ce projet porte notre conviction que l'architecture urbaine contemporaine doit savoir composer avec l'existant, renouveler les typologies sans effacer la mémoire, créer du commun sans imposer, affirmer une identité forte tout en restant généreuse. La mezzanine suspendue, par sa plasticité et son usage, incarne cette ambition : être à la fois objet architectural affirmé et dispositif spatial au service de la vie collective.
- Lieu
- Paris, France
- Nature
- Mixte
- Surface
- Confidentiel
- Budget
- Confidentiel
- Concours
- 2023
- MOA
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