FLOWING PARK
Le site du projet Flowing Park se situe à côté du Troisième anneau routier de Moscou, près de la gare Savyoloskaya. Le terrain, d’une surface d’environ 50.000m², est un pôle d’échange intermodal et fragmenté sur plusieurs parcelles. Le programme du projet est constitué de bureaux, un hôtel, des commerces et une gare routière.
# FLOWING PARK
Moscou, 2018. Nous sommes sollicités par la Compagnie de Phalsbourg et Imagim Real Estate pour imaginer un projet de programme mixte sur un site fragmenté, coincé entre le Troisième anneau routier et la gare Savyoloskaya. Le terrain, environ 50 000 m², se présente comme un nœud d'infrastructures : gare ferroviaire, station de métro, gare routière, flux automobiles incessants. C'est un pôle d'échange intermodal, mais aussi un **lieu de rupture**, où les piétons peinent à circuler, où l'espace public manque, où la ville semble avoir renoncé à offrir autre chose que des trottoirs étroits et des passages souterrains.
Le défi est double. D'abord, **tisser ensemble** ces parcelles morcelées, relier les différents modes de transport, fluidifier les parcours piétonniers. Ensuite, redonner à ce territoire une dimension urbaine, un **espace de respiration** dans une capitale où la densité et la circulation automobile saturent souvent l'expérience quotidienne. Nous collaborons avec Sou Fujimoto Architects, dont la sensibilité pour les **structures organiques** et les transitions entre intérieur et extérieur nourrit notre réflexion commune. Ensemble, nous cherchons une réponse architecturale qui ne soit pas seulement fonctionnelle, mais qui invente une **nouvelle topographie urbaine**.
Le programme est ambitieux : bureaux, hôtel, commerces, restaurant, gare routière, le tout sur environ 80 000 m². Plutôt que de juxtaposer des volumes séparés, nous proposons une **nappe bâtie continue**, un édifice qui se plie, se soulève, se creuse pour accueillir simultanément les flux et les usages. L'idée centrale est celle d'un **parc en hauteur**, une promenade végétale qui enjambe Butyrskaya Street, grande artère de circulation, et relie physiquement la gare ferroviaire au métro et à la gare routière. Ce geste simple, un pont habité, transforme radicalement la perception du site. Il ne s'agit plus de traverser un carrefour hostile, mais de cheminer dans un jardin surélevé, protégé du bruit, ouvert sur le ciel.
La morphologie du projet découle directement de cette ambition. Le socle accueille les commerces et la gare routière, constituant un **rez-de-chaussée actif**, animé en permanence par les voyageurs et les habitants du quartier. Au-dessus, le parc se déploie comme une **couverture naturelle**, offrant ombre et végétation à la gare routière en contrebas. Les bureaux et l'hôtel émergent en volumes distincts, mais reliés par cette strate verte commune. Nous avons travaillé la géométrie pour que le parc soit **accessible depuis tous les niveaux**, par des rampes douces, des escaliers intégrés, des percées visuelles. L'accès depuis la gare ferroviaire se fait naturellement, sans rupture de continuité, comme si le quai prolongeait le parc.
Les patios jouent un rôle structurant. Ils ne sont pas simplement des cours intérieures, mais des **respirations verticales** qui apportent lumière naturelle et ventilation aux espaces de travail, aux circulations, à la gare routière, et même aux voies automobiles situées en sous-sol. Ces vides traversants créent une porosité, une **perméabilité entre le dessus et le dessous**, entre l'artificiel et le végétal. Ils permettent aussi de fragmenter visuellement la masse bâtie, d'éviter l'effet monolithique. Depuis la rue, on aperçoit le ciel à travers le bâtiment, on devine la végétation qui descend en cascades le long des parois.
La matérialité répond à cette double exigence de robustesse et de légèreté. Le socle, soumis aux contraintes d'un programme d'infrastructure, s'exprime en **béton structurel**, traité avec soin pour éviter la brutalité. Les façades des bureaux et de l'hôtel alternent entre verre et **panneaux métalliques clairs**, réfléchissant la lumière changeante du ciel moscovite. Nous avons cherché une **texture douce**, presque textile, évoquant les plis d'un tissu tendu entre les points d'appui. Le parc, lui, affirme sa nature végétale : arbres de haute tige, arbustes, graminées, surfaces perméables. L'irrigation et l'entretien sont pensés dès l'origine, avec des systèmes de récupération d'eau pluviale et un choix d'essences adaptées au climat continental rigoureux de Moscou.
La démarche environnementale ne se limite pas au parc. Les patios favorisent la ventilation naturelle, réduisant la dépendance aux systèmes mécaniques. La végétalisation en toiture et sur les coursives contribue à **l'effet d'îlot de fraîcheur urbain**, atténuant les surchauffes estivales. La **compacité relative du volume bâti** limite les déperditions thermiques en hiver, période critique sous ces latitudes. Nous avons également étudié l'orientation des façades vitrées pour optimiser les apports solaires passifs, tout en intégrant des protections mobiles contre l'éblouissement. L'objectif est de réduire les consommations énergétiques tout en offrant un **confort d'usage maximal**, tant pour les employés de bureaux que pour les voyageurs de passage.
Ce projet repose sur une conviction : **l'infrastructure peut devenir un lieu de vie**. Trop souvent, les gares routières, les échangeurs, les nœuds de transport sont traités comme des espaces résiduels, fonctionnels mais inhospitaliers. Nous pensons au contraire qu'ils offrent une occasion unique de **réinventer la ville sur elle-même**, de créer des espaces publics généreux là où on ne les attend pas. Flowing Park est un manifeste pour cette architecture du mouvement, qui ne sépare plus circulation et séjour, infrastructure et paysage, mais les **entrelace dans une même continuité spatiale**. En collaborant avec Sou Fujimoto, nous avons cherché à dépasser la simple juxtaposition programmatique pour proposer une **expérience urbaine inédite**, où traverser devient flâner, où attendre devient contempler.
Ce projet n'a pas été construit, mais il continue d'alimenter notre réflexion sur les **grands projets mixtes**, sur la manière dont l'architecture peut réconcilier densité et qualité de vie, efficacité fonctionnelle et générosité spatiale. Flowing Park reste pour nous un modèle de ce que pourrait être une gare du XXIe siècle : non plus un simple point de transit, mais un fragment de ville à part entière, habité, arpenté, aimé.
Moscou, 2018. Nous sommes sollicités par la Compagnie de Phalsbourg et Imagim Real Estate pour imaginer un projet de programme mixte sur un site fragmenté, coincé entre le Troisième anneau routier et la gare Savyoloskaya. Le terrain, environ 50 000 m², se présente comme un nœud d'infrastructures : gare ferroviaire, station de métro, gare routière, flux automobiles incessants. C'est un pôle d'échange intermodal, mais aussi un **lieu de rupture**, où les piétons peinent à circuler, où l'espace public manque, où la ville semble avoir renoncé à offrir autre chose que des trottoirs étroits et des passages souterrains.
Le défi est double. D'abord, **tisser ensemble** ces parcelles morcelées, relier les différents modes de transport, fluidifier les parcours piétonniers. Ensuite, redonner à ce territoire une dimension urbaine, un **espace de respiration** dans une capitale où la densité et la circulation automobile saturent souvent l'expérience quotidienne. Nous collaborons avec Sou Fujimoto Architects, dont la sensibilité pour les **structures organiques** et les transitions entre intérieur et extérieur nourrit notre réflexion commune. Ensemble, nous cherchons une réponse architecturale qui ne soit pas seulement fonctionnelle, mais qui invente une **nouvelle topographie urbaine**.
Le programme est ambitieux : bureaux, hôtel, commerces, restaurant, gare routière, le tout sur environ 80 000 m². Plutôt que de juxtaposer des volumes séparés, nous proposons une **nappe bâtie continue**, un édifice qui se plie, se soulève, se creuse pour accueillir simultanément les flux et les usages. L'idée centrale est celle d'un **parc en hauteur**, une promenade végétale qui enjambe Butyrskaya Street, grande artère de circulation, et relie physiquement la gare ferroviaire au métro et à la gare routière. Ce geste simple, un pont habité, transforme radicalement la perception du site. Il ne s'agit plus de traverser un carrefour hostile, mais de cheminer dans un jardin surélevé, protégé du bruit, ouvert sur le ciel.
La morphologie du projet découle directement de cette ambition. Le socle accueille les commerces et la gare routière, constituant un **rez-de-chaussée actif**, animé en permanence par les voyageurs et les habitants du quartier. Au-dessus, le parc se déploie comme une **couverture naturelle**, offrant ombre et végétation à la gare routière en contrebas. Les bureaux et l'hôtel émergent en volumes distincts, mais reliés par cette strate verte commune. Nous avons travaillé la géométrie pour que le parc soit **accessible depuis tous les niveaux**, par des rampes douces, des escaliers intégrés, des percées visuelles. L'accès depuis la gare ferroviaire se fait naturellement, sans rupture de continuité, comme si le quai prolongeait le parc.
Les patios jouent un rôle structurant. Ils ne sont pas simplement des cours intérieures, mais des **respirations verticales** qui apportent lumière naturelle et ventilation aux espaces de travail, aux circulations, à la gare routière, et même aux voies automobiles situées en sous-sol. Ces vides traversants créent une porosité, une **perméabilité entre le dessus et le dessous**, entre l'artificiel et le végétal. Ils permettent aussi de fragmenter visuellement la masse bâtie, d'éviter l'effet monolithique. Depuis la rue, on aperçoit le ciel à travers le bâtiment, on devine la végétation qui descend en cascades le long des parois.
La matérialité répond à cette double exigence de robustesse et de légèreté. Le socle, soumis aux contraintes d'un programme d'infrastructure, s'exprime en **béton structurel**, traité avec soin pour éviter la brutalité. Les façades des bureaux et de l'hôtel alternent entre verre et **panneaux métalliques clairs**, réfléchissant la lumière changeante du ciel moscovite. Nous avons cherché une **texture douce**, presque textile, évoquant les plis d'un tissu tendu entre les points d'appui. Le parc, lui, affirme sa nature végétale : arbres de haute tige, arbustes, graminées, surfaces perméables. L'irrigation et l'entretien sont pensés dès l'origine, avec des systèmes de récupération d'eau pluviale et un choix d'essences adaptées au climat continental rigoureux de Moscou.
La démarche environnementale ne se limite pas au parc. Les patios favorisent la ventilation naturelle, réduisant la dépendance aux systèmes mécaniques. La végétalisation en toiture et sur les coursives contribue à **l'effet d'îlot de fraîcheur urbain**, atténuant les surchauffes estivales. La **compacité relative du volume bâti** limite les déperditions thermiques en hiver, période critique sous ces latitudes. Nous avons également étudié l'orientation des façades vitrées pour optimiser les apports solaires passifs, tout en intégrant des protections mobiles contre l'éblouissement. L'objectif est de réduire les consommations énergétiques tout en offrant un **confort d'usage maximal**, tant pour les employés de bureaux que pour les voyageurs de passage.
Ce projet repose sur une conviction : **l'infrastructure peut devenir un lieu de vie**. Trop souvent, les gares routières, les échangeurs, les nœuds de transport sont traités comme des espaces résiduels, fonctionnels mais inhospitaliers. Nous pensons au contraire qu'ils offrent une occasion unique de **réinventer la ville sur elle-même**, de créer des espaces publics généreux là où on ne les attend pas. Flowing Park est un manifeste pour cette architecture du mouvement, qui ne sépare plus circulation et séjour, infrastructure et paysage, mais les **entrelace dans une même continuité spatiale**. En collaborant avec Sou Fujimoto, nous avons cherché à dépasser la simple juxtaposition programmatique pour proposer une **expérience urbaine inédite**, où traverser devient flâner, où attendre devient contempler.
Ce projet n'a pas été construit, mais il continue d'alimenter notre réflexion sur les **grands projets mixtes**, sur la manière dont l'architecture peut réconcilier densité et qualité de vie, efficacité fonctionnelle et générosité spatiale. Flowing Park reste pour nous un modèle de ce que pourrait être une gare du XXIe siècle : non plus un simple point de transit, mais un fragment de ville à part entière, habité, arpenté, aimé.
- Lieu
- Moscou
- Nature
- Programme mixte
- Surface
- 80 000 m2
- Concours
- 2018
- MOA
- Compagnie de Phalsbourg + Imagim Real Estate
- Co-architectes
- Sou Fujimoto Architects