City Sand
Dans cette étendue plate, il est d’abord malaisé d’appréhender son échelle. A cette distance, elle semble n’être qu’un piton rocheux. En s’approchant, le paysage se creuse, le climat s’adoucit grâce aux ombres projetées sur le sol. On pénètre dans un dédale de rues qui rappellent les souks orientaux. Les hommes semblent avoir profité d’une heureuse prédisposition du relief pour s’y installer.
# City Sand
Dans le Sahara marocain, le désert s'étend sans repère apparent, horizon où le regard se perd dans l'uniformité minérale. C'est dans cette vastitude que nous avons imaginé **City Sand**, non pas comme une irruption brutale dans le paysage, mais comme une *excroissance tellurique*, un fragment de géographie qui aurait émergé naturellement du sol. À distance, la silhouette se confond avec un accident rocheux, un piton que l'érosion aurait sculpté. Cette ambiguïté initiale n'est pas fortuite : elle traduit notre volonté de dialoguer avec le désert plutôt que de le nier, de proposer une architecture qui s'inscrit dans la **continuité géologique** du site avant de révéler sa nature construite.
En s'approchant, le paysage se métamorphose. Le sol se creuse, les ombres s'allongent et dessinent des alvéoles de fraîcheur. On pénètre alors dans un **dédale de ruelles** qui évoque l'organisation vernaculaire des médinas, ces tracés sinueux où chaque tournant offre une respiration climatique, où chaque recoin devient un lieu de vie collective. Ce socle bâti, véritable ville horizontale, accueille commerces, équipements publics et espaces de rencontre. Il n'est pas un simple piédestal pour la tour : il constitue la **matrice urbaine** du projet, une topographie artificielle qui recrée les conditions d'habitabilité du désert en jouant sur l'ombre, la ventilation naturelle et la porosité des espaces.
Au détour d'une allée, la tour se révèle dans toute son ampleur. Elle ne domine pas, elle *accueille*. Son échelle, qui pourrait intimider, se fait rassurante par la présence immédiate d'un grand bassin d'eau au seuil. Cette étendue liquide, miroir du ciel et de l'atrium qui s'élève au-dessus, inverse les codes du désert : ici, l'eau n'est pas rare, elle est *manifestée*, offerte au regard et aux sens. Elle refroidit l'air par évaporation, elle reflète la lumière, elle signale la **générosité programmatique** du lieu. En levant les yeux, on découvre qu'une seconde tour végétale semble avoir germé au cœur de la première, un jardin vertical qui monte sur toute la hauteur, créant un **microclimat intérieur** où l'humidité, la température et la qualité de l'air sont régulées par la photosynthèse et l'évapotranspiration des plantes.
Ce dispositif spatial, cette tour *dans* la tour, n'est pas un geste formel gratuit. Il structure toute l'organisation programmatique : hôtel, logements, bureaux, commerces, restaurant panoramique, observatoire météorologique se déploient sur les pourtours, bénéficiant simultanément de vues sur l'immensité désertique à l'extérieur et sur le jardin vertical à l'intérieur. Cette **double orientation** crée des espaces tempérés, protégés des excès thermiques, où les habitants peuvent vivre, travailler, se détendre. On peut y nager dans une piscine suspendue, y prier face à la pureté du ciel, y pratiquer le sport dans des conditions climatiques maîtrisées. La mixité programmatique devient ici une nécessité absolue : pour qu'une ville verticale soit viable en plein Sahara, elle doit offrir une **autosuffisance fonctionnelle**, réduire les déplacements, favoriser la vie collective.
Les façades extérieures, d'un ocre profond, entrent en **résonance chromatique** avec le site. Elles ne cherchent pas à se distinguer du désert, mais à en prolonger la matérialité. Cette peau architecturale est composée de brise-soleil orientables et de capteurs solaires qui produisent l'énergie nécessaire à la vie de la tour et à son rafraîchissement. Dans un environnement où le rayonnement solaire est extrême, nous avons choisi de transformer cette contrainte en ressource. L'enveloppe devient une **interface énergétique** : elle protège, elle régule, elle produit. Elle filtre la lumière, réduit les apports thermiques, génère l'électricité. Cette stratégie d'autonomie n'est pas idéologique, elle est pragmatique : dans le désert, l'indépendance énergétique n'est pas un luxe, c'est une condition de survie.
À l'intérieur, une ferme verticale complète ce dispositif d'autosuffisance. Intégrée au jardin central, elle produit une part de l'alimentation des résidents, réduit les besoins en approvisionnement extérieur, participe à la régulation climatique. Cette **agriculture en hauteur** n'est pas un gadget écologique : elle répond à une logique de résilience, elle inscrit le projet dans une économie circulaire où déchets organiques, eau de pluie (rare, mais précieuse), et énergie solaire sont recyclés, valorisés. En collaboration avec l'agence Laisné Roussel, nous avons développé une approche technique rigoureuse, où chaque système (structurel, climatique, énergétique, hydraulique) s'articule pour maximiser l'efficience globale.
City Sand n'est pas une tour au sens conventionnel. C'est une **ville verticale** qui condense en 780 000 m² toutes les fonctions urbaines, toutes les ressources vitales. Elle forme un repère dans le désert, un lieu où l'on peut vivre, travailler, se rencontrer sans dépendre d'infrastructures lointaines. Elle transforme les caractéristiques extrêmes du Sahara (chaleur, aridité, ensoleillement) en sources d'énergie et de fraîcheur. Elle prouve qu'une architecture contemporaine peut s'implanter dans un milieu hostile sans le consumer, sans épuiser ses ressources, en créant au contraire de nouvelles conditions d'habitabilité.
Ce projet, resté au stade du concept, pose une question essentielle : comment habiter les territoires extrêmes sans reproduire les modèles urbains énergivores des métropoles tempérées ? En inventant des formes nouvelles, des **typologies hybrides** où nature et technique, tradition et innovation se conjuguent. City Sand demeure pour nous une exploration fertile, un manifeste architectural où le désert n'est plus un vide à conquérir, mais un partenaire avec lequel composer.
Dans le Sahara marocain, le désert s'étend sans repère apparent, horizon où le regard se perd dans l'uniformité minérale. C'est dans cette vastitude que nous avons imaginé **City Sand**, non pas comme une irruption brutale dans le paysage, mais comme une *excroissance tellurique*, un fragment de géographie qui aurait émergé naturellement du sol. À distance, la silhouette se confond avec un accident rocheux, un piton que l'érosion aurait sculpté. Cette ambiguïté initiale n'est pas fortuite : elle traduit notre volonté de dialoguer avec le désert plutôt que de le nier, de proposer une architecture qui s'inscrit dans la **continuité géologique** du site avant de révéler sa nature construite.
En s'approchant, le paysage se métamorphose. Le sol se creuse, les ombres s'allongent et dessinent des alvéoles de fraîcheur. On pénètre alors dans un **dédale de ruelles** qui évoque l'organisation vernaculaire des médinas, ces tracés sinueux où chaque tournant offre une respiration climatique, où chaque recoin devient un lieu de vie collective. Ce socle bâti, véritable ville horizontale, accueille commerces, équipements publics et espaces de rencontre. Il n'est pas un simple piédestal pour la tour : il constitue la **matrice urbaine** du projet, une topographie artificielle qui recrée les conditions d'habitabilité du désert en jouant sur l'ombre, la ventilation naturelle et la porosité des espaces.
Au détour d'une allée, la tour se révèle dans toute son ampleur. Elle ne domine pas, elle *accueille*. Son échelle, qui pourrait intimider, se fait rassurante par la présence immédiate d'un grand bassin d'eau au seuil. Cette étendue liquide, miroir du ciel et de l'atrium qui s'élève au-dessus, inverse les codes du désert : ici, l'eau n'est pas rare, elle est *manifestée*, offerte au regard et aux sens. Elle refroidit l'air par évaporation, elle reflète la lumière, elle signale la **générosité programmatique** du lieu. En levant les yeux, on découvre qu'une seconde tour végétale semble avoir germé au cœur de la première, un jardin vertical qui monte sur toute la hauteur, créant un **microclimat intérieur** où l'humidité, la température et la qualité de l'air sont régulées par la photosynthèse et l'évapotranspiration des plantes.
Ce dispositif spatial, cette tour *dans* la tour, n'est pas un geste formel gratuit. Il structure toute l'organisation programmatique : hôtel, logements, bureaux, commerces, restaurant panoramique, observatoire météorologique se déploient sur les pourtours, bénéficiant simultanément de vues sur l'immensité désertique à l'extérieur et sur le jardin vertical à l'intérieur. Cette **double orientation** crée des espaces tempérés, protégés des excès thermiques, où les habitants peuvent vivre, travailler, se détendre. On peut y nager dans une piscine suspendue, y prier face à la pureté du ciel, y pratiquer le sport dans des conditions climatiques maîtrisées. La mixité programmatique devient ici une nécessité absolue : pour qu'une ville verticale soit viable en plein Sahara, elle doit offrir une **autosuffisance fonctionnelle**, réduire les déplacements, favoriser la vie collective.
Les façades extérieures, d'un ocre profond, entrent en **résonance chromatique** avec le site. Elles ne cherchent pas à se distinguer du désert, mais à en prolonger la matérialité. Cette peau architecturale est composée de brise-soleil orientables et de capteurs solaires qui produisent l'énergie nécessaire à la vie de la tour et à son rafraîchissement. Dans un environnement où le rayonnement solaire est extrême, nous avons choisi de transformer cette contrainte en ressource. L'enveloppe devient une **interface énergétique** : elle protège, elle régule, elle produit. Elle filtre la lumière, réduit les apports thermiques, génère l'électricité. Cette stratégie d'autonomie n'est pas idéologique, elle est pragmatique : dans le désert, l'indépendance énergétique n'est pas un luxe, c'est une condition de survie.
À l'intérieur, une ferme verticale complète ce dispositif d'autosuffisance. Intégrée au jardin central, elle produit une part de l'alimentation des résidents, réduit les besoins en approvisionnement extérieur, participe à la régulation climatique. Cette **agriculture en hauteur** n'est pas un gadget écologique : elle répond à une logique de résilience, elle inscrit le projet dans une économie circulaire où déchets organiques, eau de pluie (rare, mais précieuse), et énergie solaire sont recyclés, valorisés. En collaboration avec l'agence Laisné Roussel, nous avons développé une approche technique rigoureuse, où chaque système (structurel, climatique, énergétique, hydraulique) s'articule pour maximiser l'efficience globale.
City Sand n'est pas une tour au sens conventionnel. C'est une **ville verticale** qui condense en 780 000 m² toutes les fonctions urbaines, toutes les ressources vitales. Elle forme un repère dans le désert, un lieu où l'on peut vivre, travailler, se rencontrer sans dépendre d'infrastructures lointaines. Elle transforme les caractéristiques extrêmes du Sahara (chaleur, aridité, ensoleillement) en sources d'énergie et de fraîcheur. Elle prouve qu'une architecture contemporaine peut s'implanter dans un milieu hostile sans le consumer, sans épuiser ses ressources, en créant au contraire de nouvelles conditions d'habitabilité.
Ce projet, resté au stade du concept, pose une question essentielle : comment habiter les territoires extrêmes sans reproduire les modèles urbains énergivores des métropoles tempérées ? En inventant des formes nouvelles, des **typologies hybrides** où nature et technique, tradition et innovation se conjuguent. City Sand demeure pour nous une exploration fertile, un manifeste architectural où le désert n'est plus un vide à conquérir, mais un partenaire avec lequel composer.
- Lieu
- Sahara, Maroc
- Nature
- Mixte
- Surface
- 780 000 m²
- Budget
- Confidentiel
- Concours
- 2014-2015
- MOA
- Confidentiel
- Co-architectes
- Laisné Roussel