Cité de l’innovation Sorbonne Université
Comment pouvons-nous créer un lien significatif entre le campus et la vie en ville dans un contexte hyperdense? Étant une forme d’expérimentation urbaine, la Cité de l’innovation Sorbonne Université est l’empreinte de la pression de son contexte urbain. La Cité de l’innovation Sorbonne Université est conçue comme une chaîne de réactions répondant aux diverses forces internes et externes agissant sur elle.
Nous avons toujours pensé que l'architecture universitaire ne devait pas s'isoler dans une tour d'ivoire, mais dialoguer avec la ville qui l'accueille. Lorsque Sorbonne Université et BIG nous ont associés pour concevoir la Cité de l'innovation, la question centrale n'était pas simplement de dessiner un bâtiment supplémentaire sur le campus de Jussieu, mais de comprendre comment **un équipement dédié à la recherche et à l'innovation pouvait devenir un véritable point de connexion** entre la vie académique et le tissu urbain parisien.
Le site lui-même portait cette ambition. Situé à la charnière entre l'esplanade de l'Institut du Monde Arabe et le parc qui longe la Seine, ce morceau de ville hyperdense nous imposait une réflexion sur la porosité. Comment, dans un environnement saturé, où chaque mètre carré est compté, créer de l'espace plutôt que d'en soustraire ? Comment respecter les vues et la lumière des bâtiments voisins, les résidences étudiantes, les salles de classe, tout en affirmant la présence d'un programme aussi dense que quinze mille sept cents mètres carrés de laboratoires, bureaux et espaces publics ?
Nous avons conçu **la Cité de l'innovation comme une forme en réaction**, littéralement sculptée par les forces qui l'entourent. Ce n'est pas une métaphore : le volume du bâtiment est le résultat d'une série de pressions et de décompressions, comme si le contexte urbain avait physiquement modelé sa silhouette. Le bâtiment se gonfle à certains endroits pour permettre à la lumière naturelle et à l'air de pénétrer au cœur de sa masse, se comprime ailleurs pour préserver les vues et l'ensoleillement des édifices adjacents. Cette approche nous a permis de dépasser l'opposition stérile entre objet architectural singulier et fond urbain continu.
Le geste le plus radical réside sans doute dans **la gorge centrale**, cette faille qui traverse le bâtiment de part en part. En creusant le volume, nous avons créé un axe vert reliant l'esplanade de l'IMA au parc, dans la continuité de l'intention initiale du plan directeur du campus. Cet espace n'est pas un simple vide résiduel : c'est un passage public, une respiration urbaine, un lieu où le parc et la place fusionnent. Le bâtiment ne se pose pas sur le sol comme une barrière, il s'ouvre et invite le mouvement, la déambulation, la rencontre.
La question de l'empreinte au sol était cruciale. Dans un contexte aussi contraint, chaque mètre carré prélevé à l'espace public doit être compensé, rendu d'une autre manière. Nous avons donc **redonné sur le toit la surface occupée au sol**, en aménageant une vaste terrasse accessible. Cette cinquième façade n'est pas un simple toit technique : c'est un nouveau sol, une extension du domaine public en altitude. La pente douce et végétalisée permet aux usagers de s'élever progressivement, offrant des vues qui se fondent dans le panorama parisien. Deux espaces extérieurs couverts accueillent le restaurant, transformant la pause déjeuner en une expérience spatiale et paysagère.
L'inclinaison de la façade orientée vers la place de l'IMA participe de cette stratégie de **dialogue visuel avec le patrimoine**. En penchant légèrement le volume, nous avons créé une surface réfléchissante qui capte et renvoie l'image de Notre-Dame de Paris. Ce n'est pas un effet gratuit : il s'agit de rendre visible, depuis la place, un monument emblématique qui se trouve pourtant hors du champ de vision direct. L'architecture devient alors un miroir urbain, un dispositif optique qui enrichit la perception du site. Les grandes fenêtres panoramiques au rez-de-chaussée amplifient cette relation, offrant depuis l'intérieur des cadrages spectaculaires sur la cathédrale.
Le rez-de-chaussée a été pensé comme **une interface véritable**, un espace de transition où les frontières entre campus et ville s'estompent. Nous y avons rassemblé les fonctions publiques : les salles de conférence, le café, la librairie. Ces programmes accessibles à tous, qu'on soit étudiant, chercheur ou simple passant, tissent une continuité avec la place de l'IMA. L'idée était de créer un socle actif, où la vie urbaine entre naturellement, sans barrière ni contrôle excessif.
La matérialité du projet répond à cette double exigence de **transparence et de densité**. Les grandes façades vitrées ouvrent généreusement les espaces de travail et de recherche sur l'extérieur, affirmant que l'innovation ne se fait pas en vase clos mais en lien avec le monde. Simultanément, la compacité du volume et le traitement des surfaces permettent de maîtriser les apports solaires et thermiques, essentiel pour un programme aussi énergivore qu'un ensemble de laboratoires. Nous avons travaillé la ventilation naturelle là où le programme le permettait, créant des circulations d'air traversantes qui réduisent la dépendance aux systèmes mécaniques.
La végétalisation de la toiture et de certaines terrasses participe de cette démarche environnementale. Elle ne se limite pas à un geste cosmétique : elle contribue à la gestion des eaux pluviales, à la régulation thermique du bâtiment, à la création de microclimats favorables aux usagers. Dans un quartier minéral, chaque îlot de verdure compte.
Aujourd'hui, alors que le chantier touche à sa fin, nous mesurons la pertinence d'avoir conçu ce projet comme une **expérimentation urbaine** autant qu'architecturale. La Cité de l'innovation n'est pas seulement un lieu où l'on fait de la recherche, c'est un morceau de ville réinventé, un espace qui prouve qu'il est possible, même dans la densité extrême parisienne, de créer de la générosité, de l'ouverture, du lien. Nous avons voulu un bâtiment qui ne se contente pas d'occuper son site, mais qui l'active, le révèle, le transforme en lieu de rencontre entre savoirs et société.
Le site lui-même portait cette ambition. Situé à la charnière entre l'esplanade de l'Institut du Monde Arabe et le parc qui longe la Seine, ce morceau de ville hyperdense nous imposait une réflexion sur la porosité. Comment, dans un environnement saturé, où chaque mètre carré est compté, créer de l'espace plutôt que d'en soustraire ? Comment respecter les vues et la lumière des bâtiments voisins, les résidences étudiantes, les salles de classe, tout en affirmant la présence d'un programme aussi dense que quinze mille sept cents mètres carrés de laboratoires, bureaux et espaces publics ?
Nous avons conçu **la Cité de l'innovation comme une forme en réaction**, littéralement sculptée par les forces qui l'entourent. Ce n'est pas une métaphore : le volume du bâtiment est le résultat d'une série de pressions et de décompressions, comme si le contexte urbain avait physiquement modelé sa silhouette. Le bâtiment se gonfle à certains endroits pour permettre à la lumière naturelle et à l'air de pénétrer au cœur de sa masse, se comprime ailleurs pour préserver les vues et l'ensoleillement des édifices adjacents. Cette approche nous a permis de dépasser l'opposition stérile entre objet architectural singulier et fond urbain continu.
Le geste le plus radical réside sans doute dans **la gorge centrale**, cette faille qui traverse le bâtiment de part en part. En creusant le volume, nous avons créé un axe vert reliant l'esplanade de l'IMA au parc, dans la continuité de l'intention initiale du plan directeur du campus. Cet espace n'est pas un simple vide résiduel : c'est un passage public, une respiration urbaine, un lieu où le parc et la place fusionnent. Le bâtiment ne se pose pas sur le sol comme une barrière, il s'ouvre et invite le mouvement, la déambulation, la rencontre.
La question de l'empreinte au sol était cruciale. Dans un contexte aussi contraint, chaque mètre carré prélevé à l'espace public doit être compensé, rendu d'une autre manière. Nous avons donc **redonné sur le toit la surface occupée au sol**, en aménageant une vaste terrasse accessible. Cette cinquième façade n'est pas un simple toit technique : c'est un nouveau sol, une extension du domaine public en altitude. La pente douce et végétalisée permet aux usagers de s'élever progressivement, offrant des vues qui se fondent dans le panorama parisien. Deux espaces extérieurs couverts accueillent le restaurant, transformant la pause déjeuner en une expérience spatiale et paysagère.
L'inclinaison de la façade orientée vers la place de l'IMA participe de cette stratégie de **dialogue visuel avec le patrimoine**. En penchant légèrement le volume, nous avons créé une surface réfléchissante qui capte et renvoie l'image de Notre-Dame de Paris. Ce n'est pas un effet gratuit : il s'agit de rendre visible, depuis la place, un monument emblématique qui se trouve pourtant hors du champ de vision direct. L'architecture devient alors un miroir urbain, un dispositif optique qui enrichit la perception du site. Les grandes fenêtres panoramiques au rez-de-chaussée amplifient cette relation, offrant depuis l'intérieur des cadrages spectaculaires sur la cathédrale.
Le rez-de-chaussée a été pensé comme **une interface véritable**, un espace de transition où les frontières entre campus et ville s'estompent. Nous y avons rassemblé les fonctions publiques : les salles de conférence, le café, la librairie. Ces programmes accessibles à tous, qu'on soit étudiant, chercheur ou simple passant, tissent une continuité avec la place de l'IMA. L'idée était de créer un socle actif, où la vie urbaine entre naturellement, sans barrière ni contrôle excessif.
La matérialité du projet répond à cette double exigence de **transparence et de densité**. Les grandes façades vitrées ouvrent généreusement les espaces de travail et de recherche sur l'extérieur, affirmant que l'innovation ne se fait pas en vase clos mais en lien avec le monde. Simultanément, la compacité du volume et le traitement des surfaces permettent de maîtriser les apports solaires et thermiques, essentiel pour un programme aussi énergivore qu'un ensemble de laboratoires. Nous avons travaillé la ventilation naturelle là où le programme le permettait, créant des circulations d'air traversantes qui réduisent la dépendance aux systèmes mécaniques.
La végétalisation de la toiture et de certaines terrasses participe de cette démarche environnementale. Elle ne se limite pas à un geste cosmétique : elle contribue à la gestion des eaux pluviales, à la régulation thermique du bâtiment, à la création de microclimats favorables aux usagers. Dans un quartier minéral, chaque îlot de verdure compte.
Aujourd'hui, alors que le chantier touche à sa fin, nous mesurons la pertinence d'avoir conçu ce projet comme une **expérimentation urbaine** autant qu'architecturale. La Cité de l'innovation n'est pas seulement un lieu où l'on fait de la recherche, c'est un morceau de ville réinventé, un espace qui prouve qu'il est possible, même dans la densité extrême parisienne, de créer de la générosité, de l'ouverture, du lien. Nous avons voulu un bâtiment qui ne se contente pas d'occuper son site, mais qui l'active, le révèle, le transforme en lieu de rencontre entre savoirs et société.
- Lieu
- Paris
- Nature
- ERP
- Surface
- 15 700 m²
- Budget
- 58 M€ HT
- Concours
- 2011
- Livraison
- 2025
- MOA
- Sorbonne Université
- Co-architectes
- BIG
- Photographe
- Pierre Chatel-innocenti/ oxo