CIRRUS
NUAGE ET HORIZON Certaines régions sont bénies des dieux. Certaines sont des lieux magiques qui rendent hommage à l’horizon. Leurs horizons sont marqués par quelques verticales célestes. Leurs rivières apportent une fraîcheur et sont tellement pures qu’elles en deviennent bénies. Le temps y est capricieux mais souvent rayonnant. Sous le regard de la Sainte-Marie, bienveillante patronne de la ville depuis ses origines. Des lieux qui dégagent des vues et valorisent le paysage lointain. Des lieux pour qui les cathédrales se dressent comme des montagnes.
À Lille, face à la densité verticale d'Euralille et à la fragmentation des espaces verts métropolitains, nous avons proposé avec Sou Fujimoto Architects une réponse qui renverse la logique habituelle du sol urbain. Le Metropolitan Square n'ajoute pas un bâtiment de plus à la skyline, il réinvente la condition même du sol en le projetant en altitude. Ce geste simple, déplacer le parc vers le ciel, ouvre des perspectives inédites sur le grand paysage lillois et rétablit des continuités visuelles que la ville contemporaine a morcelées.
Le projet s'inscrit dans un territoire complexe, à la lisière du quartier de la Madeleine et du vaste cimetière de l'Est, non loin du Jardin des Géants et du parc Matisse. Ces espaces verts existent, mais ils demeurent isolés, sans dialogue entre eux. La métropole lilloise souffre d'un ratio d'espaces verts par habitant parmi les plus faibles de France. Plutôt que d'ajouter un énième fragment au sol, nous avons imaginé un **parc suspendu**, un belvédère public qui donne à voir la ceinture verte dans sa globalité. Depuis cette altitude, les limites entre urbain et périurbain s'estompent, le cimetière redevient jardin, les percées historiques se révèlent. Le Metropolitan Square opère ainsi un **déplacement perceptif**, il offre une lecture nouvelle du territoire en permettant à chacun de prendre de la hauteur, littéralement et symboliquement.
Le programme est d'une densité rare : 87 000 m² mêlant logements, bureaux, hôtel, commerces et restaurants. Cette mixité pourrait produire un édifice opaque, fermé sur lui-même. Nous avons fait le choix inverse. Le projet s'organise en îlots distincts, articulés autour de **larges passages traversants** qui ne sont pas de simples circulations, mais de véritables fenêtres urbaines. Ces percées permettent au regard de circuler librement, d'un côté à l'autre du bâti, créant des perspectives surprenantes vers le Parvis des Nuages ou le parc Matisse. Elles instaurent une **porosité visuelle et physique**, refusant toute clôture, toute privatisation de l'espace. Le Metropolitan Square devient un lieu de passage autant qu'un lieu de séjour, un fragment d'urbanité généreuse où les habitants, les travailleurs et les visiteurs se croisent sans contrainte.
Ce qui singularise le projet, c'est la **topographie artificielle** qu'il déploie en toiture. Avec Sou Fujimoto, nous avons travaillé sur l'idée d'un paysage construit, un sol habité qui n'imite pas la nature mais invente une nouvelle géographie. Ce parc suspendu n'est pas un jardin d'agrément posé sur une dalle, c'est une **promenade arborée continue**, accessible à tous, qui ondule, monte et descend, ménageant des belvédères, des zones ombragées, des espaces de jeu et de détente. Cette topographie devient le cinquième îlot du projet, le plus généreux, celui qui ne produit aucun mètre carré vendable mais offre un usage collectif rare en cœur de métropole.
La matérialité du projet reflète cette double ambition : densité et légèreté. Les socles accueillant commerces et services sont traités en transparence, vitrages larges et matériaux clairs, pour maintenir la relation avec le sol urbain. Les étages supérieurs, logements et bureaux, adoptent une écriture plus sobre, façades rythmées, balcons filants qui prolongent l'espace intérieur vers l'extérieur. Nous avons cherché une **neutralité élégante**, loin des gestes iconiques, une architecture qui sait s'effacer pour laisser exister le vide, la vue, la lumière. Le véritable matériau du projet, c'est l'horizon retrouvé.
Sur le plan environnemental, le parc suspendu n'est pas un artifice de communication. Il participe activement au **rafraîchissement urbain**, offre un réservoir de biodiversité en altitude, capte les eaux pluviales pour irriguer la végétation en circuit court. Nous avons conçu cette topographie comme un écosystème semi-autonome, où les espèces végétales sont choisies pour leur résilience et leur capacité à structurer un milieu vivant, pas seulement décoratif. Les larges passages au sol assurent une ventilation transversale naturelle, limitant les surchauffes estivales. La mixité programmatique réduit les déplacements pendulaires, mutualise les infrastructures. Le projet ne cherche pas la performance technique isolée, il vise une **cohérence globale** entre usage, climat et territoire.
Ce qui nous anime dans ce projet, c'est l'idée que l'architecture métropolitaine peut encore produire de la générosité. Le Metropolitan Square ne se replie pas sur ses futurs habitants ou usagers, il s'adresse à tous les Lillois. Ce parc suspendu n'exige aucun badge, aucune clé. Il prolonge la promenade urbaine, crée un nouveau lieu de rendez-vous, un point de vue inédit sur une ville qui mérite d'être regardée autrement. En collaborant avec Sou Fujimoto, nous avons partagé cette conviction que l'architecture doit savoir s'effacer devant l'essentiel : le ciel, le lointain, la possibilité d'une rencontre. Le concours n'a pas abouti, mais le geste demeure, celui d'un urbanisme qui ne densifie pas sans offrir en retour un horizon élargi.
Le projet s'inscrit dans un territoire complexe, à la lisière du quartier de la Madeleine et du vaste cimetière de l'Est, non loin du Jardin des Géants et du parc Matisse. Ces espaces verts existent, mais ils demeurent isolés, sans dialogue entre eux. La métropole lilloise souffre d'un ratio d'espaces verts par habitant parmi les plus faibles de France. Plutôt que d'ajouter un énième fragment au sol, nous avons imaginé un **parc suspendu**, un belvédère public qui donne à voir la ceinture verte dans sa globalité. Depuis cette altitude, les limites entre urbain et périurbain s'estompent, le cimetière redevient jardin, les percées historiques se révèlent. Le Metropolitan Square opère ainsi un **déplacement perceptif**, il offre une lecture nouvelle du territoire en permettant à chacun de prendre de la hauteur, littéralement et symboliquement.
Le programme est d'une densité rare : 87 000 m² mêlant logements, bureaux, hôtel, commerces et restaurants. Cette mixité pourrait produire un édifice opaque, fermé sur lui-même. Nous avons fait le choix inverse. Le projet s'organise en îlots distincts, articulés autour de **larges passages traversants** qui ne sont pas de simples circulations, mais de véritables fenêtres urbaines. Ces percées permettent au regard de circuler librement, d'un côté à l'autre du bâti, créant des perspectives surprenantes vers le Parvis des Nuages ou le parc Matisse. Elles instaurent une **porosité visuelle et physique**, refusant toute clôture, toute privatisation de l'espace. Le Metropolitan Square devient un lieu de passage autant qu'un lieu de séjour, un fragment d'urbanité généreuse où les habitants, les travailleurs et les visiteurs se croisent sans contrainte.
Ce qui singularise le projet, c'est la **topographie artificielle** qu'il déploie en toiture. Avec Sou Fujimoto, nous avons travaillé sur l'idée d'un paysage construit, un sol habité qui n'imite pas la nature mais invente une nouvelle géographie. Ce parc suspendu n'est pas un jardin d'agrément posé sur une dalle, c'est une **promenade arborée continue**, accessible à tous, qui ondule, monte et descend, ménageant des belvédères, des zones ombragées, des espaces de jeu et de détente. Cette topographie devient le cinquième îlot du projet, le plus généreux, celui qui ne produit aucun mètre carré vendable mais offre un usage collectif rare en cœur de métropole.
La matérialité du projet reflète cette double ambition : densité et légèreté. Les socles accueillant commerces et services sont traités en transparence, vitrages larges et matériaux clairs, pour maintenir la relation avec le sol urbain. Les étages supérieurs, logements et bureaux, adoptent une écriture plus sobre, façades rythmées, balcons filants qui prolongent l'espace intérieur vers l'extérieur. Nous avons cherché une **neutralité élégante**, loin des gestes iconiques, une architecture qui sait s'effacer pour laisser exister le vide, la vue, la lumière. Le véritable matériau du projet, c'est l'horizon retrouvé.
Sur le plan environnemental, le parc suspendu n'est pas un artifice de communication. Il participe activement au **rafraîchissement urbain**, offre un réservoir de biodiversité en altitude, capte les eaux pluviales pour irriguer la végétation en circuit court. Nous avons conçu cette topographie comme un écosystème semi-autonome, où les espèces végétales sont choisies pour leur résilience et leur capacité à structurer un milieu vivant, pas seulement décoratif. Les larges passages au sol assurent une ventilation transversale naturelle, limitant les surchauffes estivales. La mixité programmatique réduit les déplacements pendulaires, mutualise les infrastructures. Le projet ne cherche pas la performance technique isolée, il vise une **cohérence globale** entre usage, climat et territoire.
Ce qui nous anime dans ce projet, c'est l'idée que l'architecture métropolitaine peut encore produire de la générosité. Le Metropolitan Square ne se replie pas sur ses futurs habitants ou usagers, il s'adresse à tous les Lillois. Ce parc suspendu n'exige aucun badge, aucune clé. Il prolonge la promenade urbaine, crée un nouveau lieu de rendez-vous, un point de vue inédit sur une ville qui mérite d'être regardée autrement. En collaborant avec Sou Fujimoto, nous avons partagé cette conviction que l'architecture doit savoir s'effacer devant l'essentiel : le ciel, le lointain, la possibilité d'une rencontre. Le concours n'a pas abouti, mais le geste demeure, celui d'un urbanisme qui ne densifie pas sans offrir en retour un horizon élargi.
- Lieu
- Strasbourg, France
- Nature
- Bureaux
- Surface
- 6 853
- Concours
- 2018
- MOA
- SOPREMA