Bâtiment d'Enseignements Mutualisés
On apprend plus et on évolue mieux quand les cultures et les connaissances de divers horizons se croisent. C'est le principe fondateur du Bâtiment d'Enseignements Mutualisés du plateau de Saclay, conçu pour regrouper sept grandes écoles : École Polytechnique AgroParisTech Institut Mines Télécom ENSTA ParisTech ENSAE ParisTech IOGS Sous un même toit, le BEM rassemble amphithéâtres, salles de cours, espaces informels et promenades végétalisées. On ne circule plus dans des couloirs mais dans des lieux de vie baignés de lumière douce, où étudiants de disciplines différentes se croisent et collaborent. Livré en 2013, cet équipement est devenu une référence dans la conception des campus universitaires en France. Site officiel du projet
Nous avons conçu le Bâtiment d'Enseignements Mutualisés de Saclay comme un manifeste spatial de la pluridisciplinarité. Lorsque l'École Polytechnique nous a confié ce projet en 2013, avec Sou Fujimoto Architects, Nicolas Laisné et DREAM, le défi était double : bâtir un équipement de 10 000 m² capable d'accueillir sept grandes écoles sous un même toit (Polytechnique, AgroParisTech, Institut Mines Télécom, ENSTA ParisTech, ENSAE ParisTech, IOGS), et surtout inventer une *architecture de la rencontre*, un lieu où les cloisonnements disciplinaires se dissolvent dans l'espace physique. Le campus de Saclay, desservi par la future ligne 18 du Grand Paris Express et totalisant 1,74 million de m², n'avait pas besoin d'un simple bâtiment fonctionnel. Il lui fallait un signal urbain et pédagogique fort, un édifice qui incarne la mutation en cours du modèle universitaire français.
Le site, au cœur de la zone d'aménagement concerté de l'École polytechnique, se caractérisait par son ouverture sur le "green", vaste espace public semi-boisé qui structure le nouveau quartier. Nous avons choisi de **lier le bâtiment à ce paysage par une large façade transparente orientée à l'est**, créant une perméabilité visuelle permanente entre intérieur et extérieur. Le BEM ne se referme pas sur ses usages, il les expose, il les rend lisibles depuis l'espace public. Cette transparence n'est pas gratuite : elle traduit une conviction architecturale profonde, celle que l'enseignement supérieur doit se montrer, se partager, se décloisonner. Le bâtiment devient ainsi une vitrine des activités académiques, un lieu où l'on perçoit le savoir en train de se fabriquer.
En plan, nous avons organisé le programme autour de **plateformes habitées**, véritables "amphithéâtres spontanés" qui débordent la simple fonction de circulation. Ces niveaux superposés abritent amphithéâtres, salles de cours, espaces de travail informels et zones de convivialité. L'idée centrale est de refuser le couloir, ce non-lieu neutre qui sépare les fonctions sans jamais les relier vraiment. Ici, on se croise dans des **lieux de vie intermédiaires**, baignés de lumière naturelle, où les étudiants de disciplines différentes (ingénieurs, agronomes, économistes, physiciens) partagent les mêmes espaces de pause, de lecture ou de discussion. Ces plateformes se déploient en gradins généreux, offrant des vues changeantes sur le paysage environnant et sur les autres niveaux du bâtiment. La spatialité intérieure favorise ainsi les **échanges informels**, ces moments de sérendipité académique où naissent les collaborations les plus fécondes.
La collaboration avec Sou Fujimoto, architecte dont l'œuvre explore les seuils et les entre-deux, a profondément nourri notre réflexion sur l'ambiguïté programmatique. Fujimoto parle souvent de *l'architecture des gradations*, de ces espaces qui ne sont ni totalement publics ni totalement privés. C'est exactement ce que nous avons cherché à produire ici : des lieux où **promiscuité et intimité cohabitent**, où l'on peut se retirer pour travailler seul tout en restant connecté à la dynamique collective du campus. Les salles de cours elles-mêmes ne sont plus des boîtes fermées mais des volumes vitrés partiellement, permettant une continuité visuelle sans compromettre l'acoustique nécessaire à l'enseignement.
Matériellement, le projet repose sur un **système structurel mixte béton et métal**, qui libère de grandes portées et permet la flexibilité des plateaux. Les façades combinent verre clair et sérigraphies fines pour moduler l'apport lumineux : nous voulions une lumière douce, diffuse, jamais violente, propice à la concentration. Les planchers en béton apparent à l'intérieur assument leur rôle structurel et thermique, participant à l'inertie du bâtiment. Les circulations verticales, traitées comme des volumes sculptés, deviennent des objets architecturaux à part entière, des ponctuations spatiales qui rythment la déambulation. À l'extérieur, les promenades végétalisées s'entremêlent aux volumes construits, créant une **porosité entre intérieur et extérieur**, entre construit et paysage.
Sur le plan environnemental, le BEM préfigure les standards BBC (Bâtiment Basse Consommation) qui deviendront la norme pour les équipements publics en France. Nous avons privilégié la ventilation naturelle traversante chaque fois que possible, complétée par une double-flux dans les zones les plus denses. L'inertie thermique des planchers béton lisse les pics de température. Les protections solaires, intégrées en façade, limitent les surchauffes estivales sans recourir à une climatisation intensive. La toiture, partiellement végétalisée, gère une partie des eaux pluviales et participe à la biodiversité du campus. Ce projet, conçu en 2013 et livré dix ans plus tard en 2023, a dû s'adapter aux évolutions réglementaires et techniques intervenues pendant cette décennie. Ce temps long, inhabituel, a permis des ajustements successifs, une maturation du projet au contact des usagers futurs.
Aujourd'hui, le Bâtiment d'Enseignements Mutualisés fonctionne comme une **plateforme académique vivante**, un lieu où l'architecture soutient activement la mission pédagogique. Les étudiants ne se contentent plus de suivre des cours dans leur école d'origine : ils traversent le bâtiment, découvrent d'autres approches, d'autres cultures disciplinaires. Le BEM incarne cette conviction que nous défendons depuis toujours chez OXO : **l'architecture est un outil de transformation sociale**. En organisant l'espace d'une certaine manière, en créant des porosités, des seuils, des lieux intermédiaires, nous influençons les comportements, nous favorisons les rencontres, nous rendons possible ce qui ne l'était pas. Saclay n'est plus un campus cloisonné mais un écosystème interconnecté, et le BEM en est le cœur battant.
Le site, au cœur de la zone d'aménagement concerté de l'École polytechnique, se caractérisait par son ouverture sur le "green", vaste espace public semi-boisé qui structure le nouveau quartier. Nous avons choisi de **lier le bâtiment à ce paysage par une large façade transparente orientée à l'est**, créant une perméabilité visuelle permanente entre intérieur et extérieur. Le BEM ne se referme pas sur ses usages, il les expose, il les rend lisibles depuis l'espace public. Cette transparence n'est pas gratuite : elle traduit une conviction architecturale profonde, celle que l'enseignement supérieur doit se montrer, se partager, se décloisonner. Le bâtiment devient ainsi une vitrine des activités académiques, un lieu où l'on perçoit le savoir en train de se fabriquer.
En plan, nous avons organisé le programme autour de **plateformes habitées**, véritables "amphithéâtres spontanés" qui débordent la simple fonction de circulation. Ces niveaux superposés abritent amphithéâtres, salles de cours, espaces de travail informels et zones de convivialité. L'idée centrale est de refuser le couloir, ce non-lieu neutre qui sépare les fonctions sans jamais les relier vraiment. Ici, on se croise dans des **lieux de vie intermédiaires**, baignés de lumière naturelle, où les étudiants de disciplines différentes (ingénieurs, agronomes, économistes, physiciens) partagent les mêmes espaces de pause, de lecture ou de discussion. Ces plateformes se déploient en gradins généreux, offrant des vues changeantes sur le paysage environnant et sur les autres niveaux du bâtiment. La spatialité intérieure favorise ainsi les **échanges informels**, ces moments de sérendipité académique où naissent les collaborations les plus fécondes.
La collaboration avec Sou Fujimoto, architecte dont l'œuvre explore les seuils et les entre-deux, a profondément nourri notre réflexion sur l'ambiguïté programmatique. Fujimoto parle souvent de *l'architecture des gradations*, de ces espaces qui ne sont ni totalement publics ni totalement privés. C'est exactement ce que nous avons cherché à produire ici : des lieux où **promiscuité et intimité cohabitent**, où l'on peut se retirer pour travailler seul tout en restant connecté à la dynamique collective du campus. Les salles de cours elles-mêmes ne sont plus des boîtes fermées mais des volumes vitrés partiellement, permettant une continuité visuelle sans compromettre l'acoustique nécessaire à l'enseignement.
Matériellement, le projet repose sur un **système structurel mixte béton et métal**, qui libère de grandes portées et permet la flexibilité des plateaux. Les façades combinent verre clair et sérigraphies fines pour moduler l'apport lumineux : nous voulions une lumière douce, diffuse, jamais violente, propice à la concentration. Les planchers en béton apparent à l'intérieur assument leur rôle structurel et thermique, participant à l'inertie du bâtiment. Les circulations verticales, traitées comme des volumes sculptés, deviennent des objets architecturaux à part entière, des ponctuations spatiales qui rythment la déambulation. À l'extérieur, les promenades végétalisées s'entremêlent aux volumes construits, créant une **porosité entre intérieur et extérieur**, entre construit et paysage.
Sur le plan environnemental, le BEM préfigure les standards BBC (Bâtiment Basse Consommation) qui deviendront la norme pour les équipements publics en France. Nous avons privilégié la ventilation naturelle traversante chaque fois que possible, complétée par une double-flux dans les zones les plus denses. L'inertie thermique des planchers béton lisse les pics de température. Les protections solaires, intégrées en façade, limitent les surchauffes estivales sans recourir à une climatisation intensive. La toiture, partiellement végétalisée, gère une partie des eaux pluviales et participe à la biodiversité du campus. Ce projet, conçu en 2013 et livré dix ans plus tard en 2023, a dû s'adapter aux évolutions réglementaires et techniques intervenues pendant cette décennie. Ce temps long, inhabituel, a permis des ajustements successifs, une maturation du projet au contact des usagers futurs.
Aujourd'hui, le Bâtiment d'Enseignements Mutualisés fonctionne comme une **plateforme académique vivante**, un lieu où l'architecture soutient activement la mission pédagogique. Les étudiants ne se contentent plus de suivre des cours dans leur école d'origine : ils traversent le bâtiment, découvrent d'autres approches, d'autres cultures disciplinaires. Le BEM incarne cette conviction que nous défendons depuis toujours chez OXO : **l'architecture est un outil de transformation sociale**. En organisant l'espace d'une certaine manière, en créant des porosités, des seuils, des lieux intermédiaires, nous influençons les comportements, nous favorisons les rencontres, nous rendons possible ce qui ne l'était pas. Saclay n'est plus un campus cloisonné mais un écosystème interconnecté, et le BEM en est le cœur battant.
- Lieu
- Saclay, France
- Nature
- ERP / ENSEIGNEMENT
- Surface
- 10 000 m²
- Budget
- 23 M€
- Concours
- 2013
- Livraison
- 2023
- MOA
- École Polytechnique
- Co-architectes
- Sou Fujimoto Architects, Nicolas Laisné, DREAM