Arbalète
Choisir de s'installer dans une ville comme Paris, normée et homogène d'un point de vue architectural, tout en proposant un objet qui soit unique de ce point de vue, soulève inévitablement des questions d'intégration et d'impact sur le paysage urbain. À Paris, notre rapport à l'espace urbain change et diffère des autres villes. La constance implacable dont font preuve les façades parisiennes nous pousse à l'inattention. En notre qualité de promeneur nous entrons dans un état d'inconscience architecturale, enveloppé dans un tissu uni et continu. Nous ne sortons de cet état végétatif que lorsque, par chance, notre regard se pose sur une aspérité, un objet exceptionnel ou un changement de rythme dans la partition des façades parisiennes.
# Arbalète
Choisir de s'installer dans une ville comme Paris, normée et homogène d'un point de vue architectural, tout en proposant un objet qui soit unique de ce point de vue, soulève inévitablement des questions d'intégration et d'impact sur le paysage urbain. À Paris, notre rapport à l'espace urbain change et diffère des autres villes. La constance implacable dont font preuve les façades parisiennes nous pousse à l'inattention. En notre qualité de promeneur, nous entrons dans un état d'inconscience architecturale, enveloppé dans un tissu uni et continu. Nous ne sortons de cet état végétatif que lorsque, par chance, notre regard se pose sur une aspérité, un objet exceptionnel ou un changement de rythme dans la partition des façades parisiennes.
L'inconscience laisse alors place à la surprise, à la contemplation. C'est précisément cet instant de basculement qui nous intéresse. Comment provoquer cette attention sans pour autant rompre brutalement avec le contexte ? Comment fabriquer du singulier dans l'ordinaire, du mémorable dans le quotidien ? La rue de l'Arbalète, avec sa dent creuse, nous offre cette opportunité rare de réinscrire un fragment d'urbanité dans un quartier dense et stratifié, où chaque geste architectural engage une responsabilité vis-à-vis de l'échelle humaine et de l'histoire du lieu.
Nous souhaitons avec ce projet proposer une expérience urbaine et habitée similaire, en adéquation avec cet environnement si particulier. Notre ambition est d'installer dans cette parcelle un projet singulier qui intrigue et émerveille tout en préservant l'intimité de ses logements. Il ne s'agit pas de signer un geste gratuit, mais de tisser un dialogue entre **la règle et l'exception**, entre la permanence du tissu haussmannien et la nécessité d'une architecture contemporaine qui assume sa présence. Le projet doit s'affirmer sans arrogance, se distinguer sans ostentation.
Il convient bien évidemment de ne pas s'éloigner de l'écriture traditionnelle des immeubles parisiens, mais plutôt de la réinterpréter afin d'en proposer une nouvelle perception. Nous ne cherchons pas à mimer le passé ni à produire un pastiche. Ce qui nous intéresse, c'est de comprendre les logiques profondes de la façade parisienne : sa verticalité, ses rapports de pleins et de vides, ses modénatures, ses rythmes horizontaux, la hiérarchie de ses étages. À partir de cette grammaire héritée, nous proposons une **réinterprétation contemporaine** qui conserve les proportions tout en explorant de nouvelles expressions matérielles et spatiales.
Un travail fin et cohérent en façade est alors nécessaire, que ce soit dans le choix des matériaux, son dessin ou ses rapports de proportions. Chaque élément compte. La dimension modeste de la parcelle accentue cette exigence : rien ne peut être laissé au hasard. La façade devient un système à plusieurs échelles, lisible de loin comme un volume sobre et unitaire, et révélant de près une complexité tactile et spatiale. Cette articulation entre échelle urbaine et échelle domestique structure toute notre démarche.
Dans une logique d'intégration à l'univers urbain de la capitale, nous avons fait le choix de matériaux de qualité, dans la lignée des immeubles haussmanniens. La pierre a été au centre de notre réflexion. Mais il ne s'agit pas d'une pierre ordinaire : nous avons travaillé l'idée d'un **monolithe sculpté**, un volume homogène dont la matière serait à la fois structure, enveloppe et ornement. Imaginer le projet comme un bloc de pierre travaillé avec intelligence et finesse est devenu une ligne directrice forte de notre proposition. La pierre n'est pas ici un revêtement appliqué, mais un matériau qui porte une épaisseur, une profondeur, une mémoire.
Cette matérialité appelle une mise en œuvre spécifique. Nous avons imaginé des **panneaux de pierre ajourés** qui génèrent une seconde peau, filtrant la lumière, assurant l'intimité des espaces intérieurs tout en offrant aux habitants des vues cadrées sur la rue. Ces panneaux, par leur épaisseur et leur dessin géométrique, créent des jeux d'ombres et de lumières qui évoluent au fil de la journée. Ils confèrent au bâtiment une vie propre, une présence sensible qui échappe à la fixité de l'image. Cette porosité contrôlée permet aussi de répondre à des enjeux thermiques, en régulant les apports solaires sans recourir à des dispositifs techniques surajoutés.
Nous souhaitons également apporter davantage de nature en ville. Il nous semble juste qu'aujourd'hui chacune et chacun puissent avoir un accès direct à la nature en milieu urbain, même dans un contexte aussi dense que le cinquième arrondissement. La question ne se limite pas à l'ornement végétal : elle engage une réflexion sur la qualité de vie, la relation au dehors, la respiration nécessaire de l'habitat. C'est pourquoi nous avons conçu les éléments extérieurs de la façade principale comme support de végétation. Les panneaux ajourés en pierre, par leur relief et leurs interstices, sont propices à l'accroche et au développement de certains végétaux grimpants. Les balcons des étages supérieurs accueilleront des jardinières plantées, créant des microclimats et des espaces de respiration pour les habitants.
La toiture, entièrement végétalisée et praticable, prolonge cette ambition. Elle ne se contente pas d'être un cinquième étage invisible : elle devient un **jardin partagé**, un espace commun qui enrichit l'usage du bâtiment et participe à la gestion des eaux pluviales, à la régulation thermique, à la biodiversité urbaine. Dans un arrondissement où l'espace libre se compte au mètre carré, cette toiture offre un luxe rare : celui d'un rapport direct au ciel, d'une respiration collective, d'une appropriation possible de l'espace commun.
L'organisation intérieure des logements répond à cette même exigence de qualité spatiale. Malgré la modestie de la parcelle, nous avons cherché à offrir des espaces généreux, baignés de lumière, traversants lorsque c'était possible, toujours en relation avec l'extérieur. Les prolongements extérieurs, balcons ou loggias protégées par les panneaux ajourés, deviennent des extensions naturelles du séjour, des espaces intermédiaires ni tout à fait dedans ni tout à fait dehors. Ces seuils épais enrichissent l'expérience de l'habitat, offrant des filtres, des refuges, des postes d'observation sur la ville.
Le projet Arbalète, bien qu'inséré dans un tissu urbain contraint, nous permet d'explorer des questions qui dépassent sa dimension modeste. Comment la matière sculpte-t-elle l'espace ? Comment l'ornement contemporain peut-il renouer avec une tradition sans la reproduire mécaniquement ? Comment le végétal peut-il s'inscrire structurellement dans la conception d'un immeuble parisien, et non comme un ajout cosmétique ? Ce sont ces interrogations, incarnées dans un objet architectural précis, qui font du projet un fragment de ville vivant, habitable et mémorable.
Choisir de s'installer dans une ville comme Paris, normée et homogène d'un point de vue architectural, tout en proposant un objet qui soit unique de ce point de vue, soulève inévitablement des questions d'intégration et d'impact sur le paysage urbain. À Paris, notre rapport à l'espace urbain change et diffère des autres villes. La constance implacable dont font preuve les façades parisiennes nous pousse à l'inattention. En notre qualité de promeneur, nous entrons dans un état d'inconscience architecturale, enveloppé dans un tissu uni et continu. Nous ne sortons de cet état végétatif que lorsque, par chance, notre regard se pose sur une aspérité, un objet exceptionnel ou un changement de rythme dans la partition des façades parisiennes.
L'inconscience laisse alors place à la surprise, à la contemplation. C'est précisément cet instant de basculement qui nous intéresse. Comment provoquer cette attention sans pour autant rompre brutalement avec le contexte ? Comment fabriquer du singulier dans l'ordinaire, du mémorable dans le quotidien ? La rue de l'Arbalète, avec sa dent creuse, nous offre cette opportunité rare de réinscrire un fragment d'urbanité dans un quartier dense et stratifié, où chaque geste architectural engage une responsabilité vis-à-vis de l'échelle humaine et de l'histoire du lieu.
Nous souhaitons avec ce projet proposer une expérience urbaine et habitée similaire, en adéquation avec cet environnement si particulier. Notre ambition est d'installer dans cette parcelle un projet singulier qui intrigue et émerveille tout en préservant l'intimité de ses logements. Il ne s'agit pas de signer un geste gratuit, mais de tisser un dialogue entre **la règle et l'exception**, entre la permanence du tissu haussmannien et la nécessité d'une architecture contemporaine qui assume sa présence. Le projet doit s'affirmer sans arrogance, se distinguer sans ostentation.
Il convient bien évidemment de ne pas s'éloigner de l'écriture traditionnelle des immeubles parisiens, mais plutôt de la réinterpréter afin d'en proposer une nouvelle perception. Nous ne cherchons pas à mimer le passé ni à produire un pastiche. Ce qui nous intéresse, c'est de comprendre les logiques profondes de la façade parisienne : sa verticalité, ses rapports de pleins et de vides, ses modénatures, ses rythmes horizontaux, la hiérarchie de ses étages. À partir de cette grammaire héritée, nous proposons une **réinterprétation contemporaine** qui conserve les proportions tout en explorant de nouvelles expressions matérielles et spatiales.
Un travail fin et cohérent en façade est alors nécessaire, que ce soit dans le choix des matériaux, son dessin ou ses rapports de proportions. Chaque élément compte. La dimension modeste de la parcelle accentue cette exigence : rien ne peut être laissé au hasard. La façade devient un système à plusieurs échelles, lisible de loin comme un volume sobre et unitaire, et révélant de près une complexité tactile et spatiale. Cette articulation entre échelle urbaine et échelle domestique structure toute notre démarche.
Dans une logique d'intégration à l'univers urbain de la capitale, nous avons fait le choix de matériaux de qualité, dans la lignée des immeubles haussmanniens. La pierre a été au centre de notre réflexion. Mais il ne s'agit pas d'une pierre ordinaire : nous avons travaillé l'idée d'un **monolithe sculpté**, un volume homogène dont la matière serait à la fois structure, enveloppe et ornement. Imaginer le projet comme un bloc de pierre travaillé avec intelligence et finesse est devenu une ligne directrice forte de notre proposition. La pierre n'est pas ici un revêtement appliqué, mais un matériau qui porte une épaisseur, une profondeur, une mémoire.
Cette matérialité appelle une mise en œuvre spécifique. Nous avons imaginé des **panneaux de pierre ajourés** qui génèrent une seconde peau, filtrant la lumière, assurant l'intimité des espaces intérieurs tout en offrant aux habitants des vues cadrées sur la rue. Ces panneaux, par leur épaisseur et leur dessin géométrique, créent des jeux d'ombres et de lumières qui évoluent au fil de la journée. Ils confèrent au bâtiment une vie propre, une présence sensible qui échappe à la fixité de l'image. Cette porosité contrôlée permet aussi de répondre à des enjeux thermiques, en régulant les apports solaires sans recourir à des dispositifs techniques surajoutés.
Nous souhaitons également apporter davantage de nature en ville. Il nous semble juste qu'aujourd'hui chacune et chacun puissent avoir un accès direct à la nature en milieu urbain, même dans un contexte aussi dense que le cinquième arrondissement. La question ne se limite pas à l'ornement végétal : elle engage une réflexion sur la qualité de vie, la relation au dehors, la respiration nécessaire de l'habitat. C'est pourquoi nous avons conçu les éléments extérieurs de la façade principale comme support de végétation. Les panneaux ajourés en pierre, par leur relief et leurs interstices, sont propices à l'accroche et au développement de certains végétaux grimpants. Les balcons des étages supérieurs accueilleront des jardinières plantées, créant des microclimats et des espaces de respiration pour les habitants.
La toiture, entièrement végétalisée et praticable, prolonge cette ambition. Elle ne se contente pas d'être un cinquième étage invisible : elle devient un **jardin partagé**, un espace commun qui enrichit l'usage du bâtiment et participe à la gestion des eaux pluviales, à la régulation thermique, à la biodiversité urbaine. Dans un arrondissement où l'espace libre se compte au mètre carré, cette toiture offre un luxe rare : celui d'un rapport direct au ciel, d'une respiration collective, d'une appropriation possible de l'espace commun.
L'organisation intérieure des logements répond à cette même exigence de qualité spatiale. Malgré la modestie de la parcelle, nous avons cherché à offrir des espaces généreux, baignés de lumière, traversants lorsque c'était possible, toujours en relation avec l'extérieur. Les prolongements extérieurs, balcons ou loggias protégées par les panneaux ajourés, deviennent des extensions naturelles du séjour, des espaces intermédiaires ni tout à fait dedans ni tout à fait dehors. Ces seuils épais enrichissent l'expérience de l'habitat, offrant des filtres, des refuges, des postes d'observation sur la ville.
Le projet Arbalète, bien qu'inséré dans un tissu urbain contraint, nous permet d'explorer des questions qui dépassent sa dimension modeste. Comment la matière sculpte-t-elle l'espace ? Comment l'ornement contemporain peut-il renouer avec une tradition sans la reproduire mécaniquement ? Comment le végétal peut-il s'inscrire structurellement dans la conception d'un immeuble parisien, et non comme un ajout cosmétique ? Ce sont ces interrogations, incarnées dans un objet architectural précis, qui font du projet un fragment de ville vivant, habitable et mémorable.
- Lieu
- Paris, France
- Nature
- Logements
- Surface
- 681 m²
- MOA
- Globalstone